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Sacred Reich › Independent

cd • 11 titres • 47:30 min

  • 1Independent3:37
  • 2Free4:33
  • 3Just Like That5:43
  • 4Supremacy2:38
  • 5If Only3:45
  • 6Crawling6:28
  • 7Pressure2:46
  • 8Product3:46
  • 9I Never Said Goodbye7:41
  • 10Open Book4:22
  • 11Do It2:26

enregistrement

Produit par Dave Jerden & Sacred Reich. Mixé par Dave Jerden. Enregistré et mixé au Eldorado Studio, North Hollywod, Californie.

line up

Dave Mcclain (batterie), Phil Rind (basse, chant), Wiley Arnett (guitare), Jason Rainey (guitare)

remarques

Versions LP, cassette, CD sortis par Hollywood / Intercord et Metal Mind. Réédition CD en 2010 par Displeased Records.

chronique

Styles
metal
Styles personnels
cœur of rocker

Vous avez lu les autres chroniques du groupe si vous lisez celle-là. Non ? Bon, OK, Sacred Reich, vous connaissez ? Bermudas, marcels Sick of It All, les Nike qui montent jusqu’au mollet, textes antisocial tu perds ton sang froid à la Bad Religion, le groupe de metal qui chante sur leur morceau 31 Flavors que Mr Bungle c’est cool... le Sacred Reich enfin ! Ce groupe thrash metal qui lorgnera très rapidement vers ce qu’on appelle le crossover, puis carrément vers un “groove metal”, ou "metal" tout court, propre à lui… jusqu’à cet album, l’avant dernier connu avant un Heal dont la pochette m’a toujours fasciné (oui oui, c’est de cette pochette là dont je parle, le cadeau de Noël idéal pour ceux qui se sont déchirés les ligaments du genoux). Ben, là, la pochette de cet “Independent” n’est pas très avenante non plus. Où est passé leur dude, oui, le mec avec son masque à gaz et son casque de troufion, le gars, celui qui surfe au Nicaragua, grenade à la main ? Ben, il est à l’intérieur du livret tout sombre, figuré à coups de bombes aérosol, au fond d’une crackhouse, ou d’un égout, tête entre les jambes, on dirait qu’il chiale ! Hé bé… Le livret dans son ensemble ressemble à un mur au bord d’une voie ferrée pas encore gentrifiée, bien urbaine mais de l’époque, vous savez, celle qui murmurait à longueur de journée “ok, j’arrête net, j’appuie sur la gâchette”, pleine de pluie, de suie, de crasse, d’anonymat, de besoins d’autodestruction. Non, pas 2014, 1993 enfin ! Je lis les paroles : on est englouti par l’ego trip du chanteur, histoires de communication breakdowns, de trucs enfouis au profond de dedans de notre soi à nous, en rupture avec le point de vue des autres, des proches on dirait bien, tout particulièrement, exorcismes impossibles, démons incorruptibles, malentendus, gâchis sur gâchis, la mouise quoi. On n’entend plus trop ici le discours bien radical qu’on avait sur Ignorance, on est plutôt dans un registre emo-trip qui commençait déjà à prendre ses aises sur The American Way. Quand je voix la date de sortie, 1993, et le son qui sort des enceintes de ma bagnole, les vitres baissées, le bonnet sur la tête, hochant et souriant comme un con au feu rouge de ce mois de décembre, je sens avec bonheur comme des relents de metal hardcore encore plus euh, allez, plus du domaine du gothique ou de l’emo quoi, plus triste, plus sombre, plus suicidaire, plus seul contre tous, un peu Life of Agony, mais avec un son plutôt Corrosion of Conformity, grâce à cette voix super chaude et bluesy, ces riffs qu’on croirait parfois sortis du premier Down (surtout Crawling, trop cool), une approche crowbarienne des ennuis dans cette exposition des galères émotionnelles ! Oui, oui, je cite même Crowbar, suivant l’adage : “les vrais mecs pleurent en écoutant Crowbar” ! Je dis ça parce que Phil Rind est vraiment pas jouasse sur ce disque et qu’il nous balance sa vérité d’une voix de crooner de la déchire : je sais pas ce qui lui est arrivé à ce moment là, mais en tout cas l’histoire dit que Sacred Reich allait enfin atterrir définitivement dans le panier des groupes de metal des eighties qui n’ont pas percé mais qui, eux, squattent la grande scène de Clisson dans les années 2010, parce que ces mecs là, ils sont bons et pi c’est tout ! Voici un album groovy mais pas gnangnan, chaud mais triste, mais attention, c’est pas un album de thrash, c’est même pas un truc foufou à la D.R.I., c’est pas un machin psychopathe à la Suicidal Tendencies, c’est pas une vulgarité de puissance à la Pantera ou Machine Head... c’est autre chose qui est proposé, une rumination plein de “wohoowohooho”, avec instant herta guitare sèche qui fait grimacer au milieu, solis un peu faciles mais chouettes, morceaux entrainants mais charriant son quota de fiel dans la bouche de Rind, mélancolie finalement tenace chez moi. Apparemment, peu de gens les ont suivi dans leur ballade triste, le groupe splittant peu d’années après, ne se reformant que pour faire des concerts, et baste. De couleur gris délavé, habité par la perte et la frustration, la lassitude et le manque d’envie, mais pas non plus poète comme Nick Cave (c’est de Sacred Reich dont on parle là, oh !), plutôt héraut des mecs cafardeux comme Kirk Windstein en fait, cet album conviendra aux mectons en manque de tendresse et de douce tristesse metal. Je ne le conseille pas aux furieux qui vomissent de la colère contre Dieu, de la haine contre la Société, de la révolution contre le Capital, et surtout pas aux adorateurs d’un thrash de l’arche perdue. Ce disque m’est quand même, somme toute, très agréable à l’écoute, et me donne envie de dépoussiérer tous ces disques datés début des nineties qui se sont toujours tenus entre deux chaises, entre virilité ultra perfecto bermuda et la tendresse, bordel ! Cela sera donc 4 boules et demi de blues pour mon Empire Sacré, qui m’a rarement déçu, au final, le long de leur discographie.

note       Publiée le mercredi 3 décembre 2014

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notes

Note moyenne        3 votes

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taliesin › dimanche 7 décembre 2014 - 10:10  message privé !

Autant j'avais fortement apprécié 'Ignorance' ainsi que leur ep's, autant 'The American Way' et celui-ci ne m'ont laissé aucun souvenir impérissable... Dommage car leurs débuts étaient prometteurs. Maintenant chacun ses goûts bien entendu ;-)

Note donnée au disque :       
Potters field › mercredi 3 décembre 2014 - 11:02  message privé !

largement moins jouissif que american way, leur meilleur dsque à mon sens. mais l'enchainement des deux premiers titres est assez enorme, et le son très crossover reste une madeleine bien beurrée.