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Radikal Satan/Anarcharsis Cloots › Radikal Satan/Anarcharsis Cloots

cd • 10 titres • 43:38 min

  • Face A : Radikal Satan
  • 1La Vibora5:17
  • 2Olvidate de Mi5:52
  • 3Divorcio6:24
  • 4Artox7:45
  • Face B : Anarcharsis Cloots
  • 5Tricatel2:37
  • 6Label heavy3:23
  • 7Eslav2:29
  • 8Yu Kun Kun2:31
  • 9May 11:39
  • 10Chianti4:01

extraits audio

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enregistrement

Non renseigné.

line up

César Amarante (sur 1-4), Mauricio Amarante (sur 1-4), Johnny Bourguine (?) (batterie sur 1-4), Chichi Vlatko (violoncelle et voix sur 1-4), Florian Cloots (?) (sur 5-10)

Musiciens additionnels : Thomas Bonvalet (guitare sur 1-4)

remarques

La face A du disque est disponible – comme toute la discographie de Radikal Satan – en téléchargement légal et gratuit – en mp3 320kpbs – sur le site officiel du groupe (voir lien sur la fiche de ce groupe).
L'intégralité de cet album est en écoute en streaming sur le site du label Les Potagers Natures. (http://www.lespotagersnatures.org/spip.php?article27)

chronique

FACE A : RADIKAL SATAN. Drôle d’envers pour une rencontre. Vous voudrez bien me passer l’espèce de calembour : pour ce disque-ci, il peut faire définition, tentative en tout cas d’en effleurer la substance. Ce sont – métaphoriquement – comme deux faces B. Au sens où tout est dans la marge, employé comme ça n’est pas prévu, comme le déconseillent plans de carrières, bienséances, méthodes vendues par les professionnels. Deux impulsions de contre-courant gravées sur un objet qu’on retourne pour le, pour en jouer… Radikal Satan, sur la face A. Ici complètement excités, encore constamment plus que deux – une violoncelliste et un batteur suivant sur toutes les scènes les frères Amarante. Encore portés sur la vitesse – et sur le rythme clairement marqué, donc, quitte à le faire mieux trébucher. Ils aiment bien chanter en chœur : "On est les petits enfants pédés, on est les petits enfants". Dès le premier morceau : La Vibora. La Vipère. Ils n’omettent pas les incarnations, les avatars de ce principe inverse qu’ils on pris comme nom : Satan file ici ses anneaux, en pleine nature, en pleine chair, en plein bide, qui s’enracine et fouit par le bas. Pas d’enfer hors la vie. Et réciproquement. Alors en avant, avalons – et par tout – les venins qui dérèglent, qui libèrent, qui achèvent l’illusion commune et tranquille. Ladite violoncelliste confirme d’ailleurs à quoi on pense ici, ce qu’on vient chercher : "Puisque tu sais que j’aime tant ta bite… Pourquoi me quittes-tu ? Que vais-je faire maintenant ?". Elle poursuit par une fuite au pays. Elle nous a prévenu, avant, que c’était une chanson d’amour. C’est vrai. Elle ramènera du maté. Nostalgie, bougeotte, appétit inextinguible. Elle chantonne oublie moi. Elle crie, elle braille, elle gueule. Sa voix se réverbère et sature, l’orgue fait des coulures et des jets. C’est trop pour tout, on titube, quelque chose déconne. Sûrement l’existence, c’est bien sa blague. D’un point de vue technique quelque chose se passe de réellement inhabituel, d’ailleurs, plus simplement. "On ne fait pas des disques comme ça". Apparemment ils peuvent. "Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait" ? Quelque chose comme ça. Ces quatre plages sont au départ des enregistrements de concerts. Les reprenant en studio, les réécoutant, les musiciens on tout rejoué par dessus. Pour garder en tête et dans les muscles et les os, les tendons, l’excitation, la presse, l’intuition du moment. "On ne mélange pas les sources, ça ne sonne pas bien". Oh que si, ici-même. Il suffit d’une même constante ou renouvelée ivresse. Foutue prenante ambiance. Atmosphère frénétique. Valse dézinguée, espagnol estropié par le parler local importé, défiguré par le trop plein de fréquences – ce sont les dictionnaires qui se trompent, et les vumètres. L’argot dit juste et le bruit est une giclée d’hormone qui se libère et embrase l’organisme. Ils reprennent sur Divorce. Chose qui arrive, cassure. Ils cavalcadent. Ça souffre et ça caresse, ça s’énerve, ça pousse, ça touche. Il y a encore beaucoup de jazz dans ce qu’ils déglinguent, de cabaret à la Weill/Brecht. Le tempo, disais-je, est le plus souvent rapide, emporté, affolé. Avec des chutes frôlées, mais sans jamais vraiment s’alanguir. Le cogneur partirait bientôt, repasserait en ami visiteur. Foutre, que cette guitare injecte de substance instable dans Artox. Et merde alors… Que cette face A est courte.

note       Publiée le mercredi 3 décembre 2014

chronique

FACE B : ANARCHARSIS CLOOTS. Drôle d’encontre pour un envers… Pardonnez, je m’emballe, je tire un peu fort sur le sens et le son. C’est ainsi qu’ils se remettent à bouger. Et puis eux, sur cette face B, ne s’en privent pas plus. Aiment faire bref et cabossé. Et jouer sur les lettres en trop, les rythmes qui ne devraient pas être si serrés dans la mesure, l’emplir comme ça. Autant être honnête : je ne sais presque rien de ce groupe ; je n’en soupçonnais même pas l’existence avant de découvrir ce disque partagé avec les Argentins de Bordeaux. Tous juste, en fouillant un peu, ai-je découvert l’origine possible de leur nom, jeu de mot probable sur celui d’un Prussien – Anacharsis Cloots, nom d’ailleurs que celui-là s’était lui-même arrogé – qui en son temps s’était joint du dehors à une révolution d’ici ("la grande", la nationale… On notera d’ailleurs que l’homme finira guillotiné, ses professions et propagandes athéistes ayant eu l’heur semble-t-il de contrarier Robespierre… Nous en resterons là quant aux notices historiques). Je lis, aussi, que l’un des membres – nommé justement Cloots – fait désormais parti de Recusant. Autre groupe dont je n’ai rien entendu, aucune idée de ce qu’il peut être. Nous voilà bien avancés. Ce qui me saute aux oreilles s’appellerait anarcho-punk. Crass certes – pas seulement pour le chant féminin scandé parfois en pointillés – mais surtout ceux qui de là avaient repris des bouts d’idées, et l’entière indépendance. Ateliers autonomes. Du groove nerveux, qui alterne lignes souples et roulements tendus. La batterie qui s’amuse à sauter du binaire à la valse – encore elle, tiens, comme les potes sur l’autre face. Ce penchant des mélodies pour un certain orient, centre de l’Europe ou confins de l’Asie ; on n’est vraiment pas loin parfois des Tchèques d’Uz Jsme Doma, en son – ces guitares qui chantent en saturation sommaire, brute, plus granuleuse que sifflante – comme dans cette malice à basculer au détour d’une phrase, d’un appel, le compte des temps en trucs impaires. Et puis d’ailleurs, en quoi chante-t-elle quand ce n'est pas cet anglais avec accent ? Une langue slave ? Une romane orientale ? Un dialecte inventé ? Ça emporte bien, en tout cas, ça contusionne, ce chant, en passant ; on n’y entend – en tout cas moi – que pouic mais ça semble raconter du poignant, de l’opposé aux fatalités, du remuant, de la résistance active. Je projette… Ils envoient sec mais plein. On ne saura pas le nom de la localité. Si ça sonne presque balkanique, c’est que tout ce qui vit est enclavé – et pour se mouvoir doit faire sécession. Chaque village est lieu de naissances et point de départ ; ou de fixation ; ou simplement familier, où l’on revient ; il faut connaître le terrain ; tous les chemins relient – il faut les apprendre mieux que ne les savent les armées ; il faut cacher des choses dans les frondaisons, les greniers… Je m’égare encore. Tout ça pourrait résonner depuis l’Écosse – il est vrai qu’on pense volontiers, là, aux premières faces de Dog Faced Hermans, il y a comme un cousinage dans la manière de cisailler, de percuter et répercuter le rythme ; et ce timbre aigu mais plein, vibrant, qui peut rappeler Marion Coutts en ces mêmes jours, sur ces mêmes plages. On peut songer aussi aux Suisses de Jmenfous – les Cantons aussi, ça peut se vouloir autonome. Ne cherchons pas à les rattacher… C’est international, allez, et fortement marqué pourtant, de traits indigènes qui ne vous disent décidément, obstinément pas d’où. La lutte n’est jamais finale – alors autant jouer lucide. Je suis bien content, ceux-là, de les avoir trouvé au revers, qu’ils viennent vibrer dans mon espace cette autre espèce de joie qui ne se prend pas pour un confort. Il est vrai qu’avec eux aussi, j'aurais passé volontiers le temps d’un disque entier.

note       Publiée le mercredi 3 décembre 2014

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Dioneo › lundi 5 octobre 2015 - 18:00  message privé !  Dioneo est en ligne !
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"Lalilalilalila... Olvidate... De mi...".

(Nan, on oublie pas). (C'est d't'à l'heure, chez nous z'à Lyon).

J'avais presque oublié comme il est frénétique, celui-là !