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Spectral Lore › III

cd | 7 titres | 87:30 min

  • 1 Omphalos [07:28]
  • 2 The Veiled Garden [16:32]
  • 3 The Cold March Towards Eternal Brightness [14:42]
  • 4 Drifting Through Moss and Ancient Stone [11:26]
  • 5 The Spiral Fountain [10:46]
  • 6 A Rider Through the Lands of an Infinite Dreamscape [12:45]
  • 7 Cosmic Significance [13:51]

extraits vidéo

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enregistrement

Produit et mixé au Stellar Auditorium entre 2008 et 2013. Masterisé au Sweetspot Studios.

line up

Ayloss (tout).

remarques

Cet objet a une visée plutôt positive, malgré la réception dualiste (et grincheuse) écrite ici. Dixit l'auteur du disque, à propos de cet album, à lire sur le site de son label : "It aspires for humans to discover the importance of their own existence and the potential of their effect, negating the pessimism and existential nihilism that are ever-present in black metal. It aspires for Man to ask the greatest questions and to come up with answers, even as naive or limited as they might seem at the moment. The deepest, most beautiful dream is that which is in tune with the Universe."
Double CD digipack, avec livret de 20 pages, pressage limité à 500 exemplaires. Une version numérique peut être achetée sur le bandcamp de Spectral Lore.

chronique

Je suis allé au bord de la mer cette nuit : c'est fou ce qu'un rivage sans lune ni lumières humaines semble vide... elle ne dit plus rien la mer, muette comme une carpe. Moi qui voulais prendre un bol d'air, me changer les idées, ben voilà, j'ai l'impression que la nature est aussi vide que ma caboche. Je tourne en rond, je me dis, "qu'est-ce que je vais chroniquer maintenant ? Ce troisième disque bleu que j'ai en tête là, avec le cygne (ah non, c'est un héron, j'suis con !) ? Allez, pourquoi pas... Je vais essayer de comprendre l'empathie pour la nature de ce "combo" grec de black (metal) plein d'embruns venus de l'espace, empathie que j'imagine juste en regardant la pochette de l'objet en question. Aïe. Après écoute, je me suis trompé. Là, le gars (oui, il est seul), il s'est pas pris une vaguelette toute banale sur la joue, il embrasse pas la nature non, il s'est plutôt mangé une collision entre sa psyché pleine de peur et de rage et une comète méchante, pleine de surréalisme (regardez encore cette pochette : c'est pas beau ce bleu ? Ces trucs antiques déglingués dans la flotte ? Cette tour de Babel, hein ?). C'est bleu, bleu ! Comme le fond d'un puits, c'est sombre comme le fond de l'œil de Neptune ! C'est plein de blasts et de guitares, plein de furie, d'épique et de tristesse, de mélodies mais d'un poignant, sa mère ! Et ces grillons, et ce vent, et cette guitare (quoi, j'me répète?)... c'est un grand album. Pourquoi plus qu'un autre album bleu avec des trucs surréalisto-symbolistes peints dessus ? Ben parce que là, je flippe, parce que je souffle là, pfff... L'utilisation super (oui, super, mega, ultra) fine des claviers pour nous balancer des couches à la Vangelis période Blade Runner, cette belle manie de nous instruire avec une dark folk inspirante, après plusieurs minutes de metal les yeux révulsés et la gorge profonde nous fait croire, le héron et moi, que ce monogroupe est un expert en transitions et en progressions vers le sanglot final, à nous poser des ambiances qui vont me confiner dans une déprime mamy blue, une mélancolie papy flu propre à cet hiver qui m'est doux par chez moi, il fait si doux, la mer est si... plate, ce vent est si mou, (tous les gens que je connais sont morts), et ce disque ne va finalement pas me donner la volonté propre à pouvoir me dire : tiens, euh, ce mec là Ayloss a réussi à faire "résilience" face à ce mutisme de la nature (ou de Dieu, ou des démons, ou de quoi que ce soit dont on aurait besoin en cas de problèmes). Et si c'était pas l'escroquerie du siècle ce concept foireux de résilience ? Quoi, il faudrait toujours se dire "ouais, c'est bon, ça va passer, inspire expire, pardonne, c'est bon ?" Ben non ! Non, c'est la faute des autres, c'est la faute de la vie, je vais vomir ce soir, je serai saoul dans une heure, et je le regretterai, et je vais conchier Dieu, veaux, vaches, cochons et vous serez pas là, et je vomirai. Le black metal (bien fait), entre autres genres musicaux intelligents ne va pas lésiner sur les moyens pour hurler cette vérité au monde : on est plein d'auto-suffisance, de rage, on a envie de tuer la moitié de la planète parce que ça tourne trop à l'intérieur, la faute à la nature ! A ce qu'on s'imagine être la nature, l'univers, le bout du nez, ce ciel vide, ces cons de martiens qui n'arrivent pas. Vengeance! Envie de tout faire fondre l'univers dans un creuset ? D'en faire un balle pour se la tirer dans la tête, après avoir exécuté tous les chérubins du 6e ciel ? Black Metal. Envie de s'enlever la peau comme un manteau, de la poser sur la chaise et de fondre comme un tas fumant de tripes sur le carrelage ? Black Metal ! Bon, voilà, "je vais pas tout déballer comme ça aussi sec", je vous laisse écouter ça afin que vous aussi, en cet hiver naissant vous vous fassiez empoisonner par ce superbe album plein de mélancolie et de beauté, fabriqué par un Musicien pendant plus d'1h30, qui sait goûter le sel de la mer, ce poison acre qui recouvre la majorité de cette planète (il parait), pour nous l'infuser ici, via ces plaintes growlées (ah, que c'est bon), ces riffs dérivés de tout ce qui a de plus cafardeux dans les canons du rock, de la folk, du metal, de ces mélodies toutes simples qu'on dirait qu'elles sortent d'un groupe de pop triste qui n'aurait jamais existé, et ces chansons voilà, qui savent se doomifier, s'ambientiser, se folkiser, se proguiser, se ...pff, euh, juste qui savent pourrir la tête. Allez, dernier coup de cafard avant d'aller se coucher ! Il fait noir, n'est-ce pas ? ".

note       Publiée le vendredi 21 novembre 2014

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dariev stands › samedi 6 mai 2017 - 21:55  message privé !
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Ouais, la pochette un peu Angel Dust. Franchement, je serai pas étonné que Sheer-Khan connaisse et apprécie ce genre de groupe...

Wotzenknecht › samedi 6 mai 2017 - 19:40  message privé !

Ah ben ca m'intéresse bien aussi ca. Et puis Ommadawn en reco, comment ne pas se laisser prendre.

yog sothoth › samedi 6 mai 2017 - 10:45  message privé !
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ah non, j'en ai choppé la plupart suite aux chros... et c'est très cool en effet ! Y'a un autre groupe dans la même mouvance qui passe bien aussi, Mare Cognitum !

Rastignac › samedi 6 mai 2017 - 08:27  message privé !
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Ah merci ! je commençais à me sentir seul avec mes albums de spectral lore. à réécouter bientôt, mais même sans, j'ai encore aujourd'hui la trace de ce spleen, et de ces constructions bizarres, et en même temps de ce discours très panthéiste ou moniste, pas du tout divisationniste (?) ou dualiste bêta comme on le trouve dans les lucifériens habituels du black metal qui fait la tronche. Et y a un joli héron.

Note donnée au disque :       
dariev stands › samedi 6 mai 2017 - 00:49  message privé !
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eh mais ça a l'air assez cool ça !