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Paradise Lost › Host

cd | 13 titres | 53:16 min

  • 1 So Much Is Lost
  • 2 Nothing Sacred
  • 3 In All Honesty
  • 4 Harbour
  • 5 Ordinary Day
  • 6 It's Too Late
  • 7 Permanent Solution
  • 8 Behind The Grey
  • 9 Wreck
  • 10 Made The Same
  • 11 Deep
  • 12 Year Of Summer
  • 13 Host

enregistrement

262 Studios, Haremere hall, Great Linford Manor

line up

Nick Holmes (chant), Greg Mackintosh (guitare, claviers), Aaron Aedy (guitare), Stephen Edmonson (basse), Lee Morris (batterie)

chronique

Il existe des groupes qui ne se mentent pas à eux-mêmes, bien qu’on ait l’impression du contraire, et qui (lancez les violons) écoutent les désirs qui sourdissent au plus profond de leur cœur. Choisir la pop. Choisir de livrer une émotion aussi forte que la mélancolie sur un plateau d’argent, d’une autre façon qu’avant… plus éthérée, plus soft, mais toujours pure… Risquer de perdre… quoi ? Une bande de chevelus à oeillères ? One Second en valait la peine, et Host poursuit dans la même veine, mais délesté de l’attirail métal, et "enrichi" en sonorités electro. Bien sûr on ne peut pas ne pas penser au groupe qui a enfanté Violator ou Songs Of Faith Of Devotion quand on écoute cet album, mais PL est bien plus qu’un simple clone de DM : il y’a un charisme, une classe, une émotion réelle et personnelles qui se dégagent de cette musique, une âme tout simplement, que des formations comme Mesh, simple calques, ne seront jamais capables de reproduire. L’émotion, ça n’est pas une question de production ou d’habillage, et c’est ce que nous apprend Paradise Lost si besoin était de l’apprendre, les choses ne se font pas à l’envers et c’est en ayant à la base des compos fouillées et un chanteur qui y croit vraiment qu’on peut alors se broder un costar. Dans Host tout est fait en orfèvre, travaillé avec précision, et si chaque morceau pourrait être un single potentiel, voire un tube en puissance ("Nothing Sacred", "Permanent Solution" et "Made The Same" se défendent bien dans le genre), aucun ne laisse la moindre impression de fadeur, de superficiel, on frôle souvent la mièvrerie de justesse, mais tout est d’une telle élégance qu’on se garderait bien de trouver ça trop… quoi ? Trop gay ? Pour moi ce disque est aussi sombre qu’un Icon, il l’est juste d’une autre manière (de toute façon si vous êtes de ceux qui trouvent que Depeche Mode est un groupe mignon, inutile d’essayer vous convaincre de quoi que ce soit). Les refrains sont touchants, les mélodies exquises, la sensation de légèreté qui s’en dégage n’enlève rien de cette ferveur, de cette foi, qui habitent Paradise Lost depuis le début. Les choses sont justes vues sous un autre angle, et si on est plus dans la cathédrale ou sous un ciel orageux mais dans une plaine enneigée ou un parc tapissé de feuilles mortes (mmmh, métaphore très juste), la saison est la même (l’automne, ou peut être l’hiver tout bien réfléchi), le pays le même, et l’âme, la même, toujours les mêmes tourments et le même leader. Nick Holmes en choisissant le chant clair nous fait son Dave Gahan, sans copier bêtement, en gardant beaucoup de personnalité. Puisqu’il faut un peu parler de la prod, je dirais juste qu’elle est parfaite, limpide, très calibrée radio et sophistiquée sans perdre une once de grâce, ni sonner plastique, tout reste organique, pleine de finesse, de subtilité, des arrangements multiples, de piano, de violons (qui font parfois un peu trop clichesques mais la B.O. de Requiem For A Dream n’était pas encore sortie je crois) à toutes ces petites subtilités sonores, échos technoïdes, voire quelques sonorités lorgnant vers l’indus ou le trip hop, du beau travail, toujours au service de l’émotion. Une sensation de mélancolie et de fraîcheur, de mélancolie airwaves pour être plus clair (airwaves fraîcheur intense) me prend quand j’écoute ce disque, rien qui ne soit forcé, tout coule naturellement, et je suis dans l’hiver doux de Paradise Lost (Fisherman’s Friends), je me laisse bercer, même si parfois c’est peut être un peu trop maniéré, rien qui ne sonne superflu ou fade ("hollywood fraîcheur chlorophyle", l’arnaque du siècle) : les émotions sont sincères, viennent naturellement à moi. Le groupe n’a pas fait les choses à moitié et s’est lancé tête baissée dans ses envies d’ailleurs, sans renier son feeling bien singulier, ce que peu d’anciens groupes de métal ont osé faire, et encore moins réussi quand ils s’y sont tentés. Respect. Host est peut être un de leurs plus beaux disques tout bien réfléchi, un album qui a réussi a l'impossible pour tellement d'autres : capter au moins pour partie la mystique de Depeche Mode, tout en gardant le charme unique de Paradise Lost. Un bel album d’electro pop hivernale et raffinée, d’une grâce qui affleure jusqu'aux extrêmités de ses petits doigts engourdis par le froid des berges anglaises.

note       Publiée le lundi 9 février 2009

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Note moyenne :        33 votes

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Raven › jeudi 20 février 2014 - 20:43  message privé !
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Il est meilleur, un cran au-dessus, c'est pour ça.... d'ailleurs je le passe à 4 ce Host, finalement, juste pour marquer la nuance. Believe In Nothing a plus d'épaisseur.

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Dane › jeudi 20 février 2014 - 19:00  message privé !

Me suis mis à Believe In Nothing, je le trouve peut-être plus pop, vais continuer à l'écouter.

Note donnée au disque :       
Raven › jeudi 13 février 2014 - 15:10  message privé !
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Believe In Nothing est encore un cran au-dessus.

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Dane › jeudi 13 février 2014 - 07:50  message privé !

J'adore "One Second" et j'ai mis longtemps à écouter le suivant. Dommage car je suis passé à côté de sacrés bons morceaux, finalement je trouve que cet album fait parti des meilleurs sortis par le groupe. On peut ne pas adhérer à leur évolution mais pour moi chaque disque jusque celui là est bon. Un grand groupe qui n'a pas tourné en rond.

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yog sothoth › mercredi 28 août 2013 - 00:17  message privé !
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