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Ocrilim › ANNWN

cd • 7 titres • 79:00 min

  • 1Part I
  • 2Part II
  • 3Part III
  • 4Part IV
  • 5Part V
  • 6Part VI
  • 7Part VII

enregistrement

Ecrit entre 2005-2007. Enregistrement : Order of the Eagle Lodge, en Avril 2007. Mixé et masterisé au "Menegroth, the 1000 caves" en Septembre 2007.

line up

Mick Barr (guitare)

remarques

chronique

Guitare, et seulement guitare ! Pourtant, il ne viendrait pas même à l’idée de dire que les autres instruments manquent. C’est qu’il sait y faire, Mick Barr, ce Toby Driver boulu du black-metal, expérimentateur foutraque et guitariste génial aux mille-et-un projets. D’alpha en omega, sa musique est une série perpétuelle de notes, un flot impétueux de tremolos, un glacier d’acier et de nickel, un gratouillis inextinguible, une cascade d’accords et d'acrobaties et de branlettes de manche. Ocrilim, c’est un de ces projets solo, et, loin de vouloir concurrencer sur leurs terrains respectifs les groupes dont il est partie (Orthrelm, Krallice), son option musicale se situe ici à des lieues de l’arrogance du one-man-band qui voudrait se donner la dimension d’un collectif. Mick Barr se focalise sur son instrument : la guitare, dont il joue à merveille ; et "ANNWN" est un champ d’expression libre ouvert à sa virtuosité. Si celle-ci se fait sentir parfois sous une forme moins ordonnée, chaotique chez Octis ("Mick Barr underthinking"), Ocrilim est son pendant savamment orchestré, son jumeau soucieux, perfectionniste, maniaque ("Mick Barr overthinking"). "ANNWN" est une infinité de riffs, de plans de guitare, de variations sur le même thème : et si certaines oeuvres à instrumentation unique manquent salement de densité sonore, ici, bien fou qui oserait prétendre que ce fût le cas ! Mick Barr réinvestit le concept de "mur de guitare", par une multiplication savante et presque imperceptible de layers et d’effets, sur ce fond riche et puissant, ce soubassement indispensable, qui donne à la fois profondeur et densité au son : le vrombissement ininterrompu, flottant comme un gras volatile, de la distorsion. Un long saucisson de 79 minutes vient servir cet effet, découpé soigneusement en 7 tranches d'intensité similaire, où se déroule à nos oreilles béates ce torrent bleu et éblouissant de cordes martelées. Foin des catégories stylistiques ! mais il serait bien malhonnête de ne pas reconnaître que ce "ANNWN" prend souche dans le black-metal, identifiable jusque de son plus simple appareil et malgré son corpse-paint avant-gardiste ; seulement, il faudra reconnaître aussi qu’il est là tout abâtardi de shoegaze et de post-rock, dans leurs formes les plus virulentes. Surtout, que ces étiquettes n’agissent pas sur vous comme des repoussoirs, car la représentation musicale qui a lieu ici tient bien plus, en termes sonores, des chutes du Niagara que du vol de papillon. "ANNWN" vaut certainement le détour, et même, l’immersion : autant pour les amateurs de black, que pour ceux de musique contemporaine, car, en poussant un peu, on est pas si éloigné de ce qui serait une symphonie - minimaliste - pour guitare.

note       Publiée le mardi 28 octobre 2014

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Nerval › vendredi 31 octobre 2014 - 09:36  message privé !

J'ai bien aimé ma seule écoute, même si sur la longueur ça fait mal à la tête