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Zanov › Virtual Future

cd | 7 titres | 43:27 min

  • 1 Very Far [ 9:41]
  • 2 Neuronal Storm [ 7:31]
  • 3 World Adrift [ 5:44]
  • 4 Brain Activity [ 5:37]
  • 5 Conscience in Danger [ 4:18]
  • 6 Alone Again [ 6:14]
  • 7 The Final Cut [ 4:11]

line up

Pierre Salkazanov (VCS-3, ARP 2600, RMI Harmonic Synthesizer, Korg PS-3300, Arturia Origin)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: http://www.radioequinoxe.com/zanov-virtual-future-story/

chronique

Étonnement, malgré toute la panoplie d'instruments électroniques et de leurs infinies possibilités, peu d'artistes ont effectué un virage sonique purement futuriste. Le genre musical s'est plutôt réfugié dans une approche expérimentale, privilégiant les sessions d'improvisations ou les structures minimalistes versus une démarche artistique plus structurée. Alors que la musique cosmique de Jean Michel Jarre nous faisait voyager dans les étoiles et que le rock cosmique de Tangerine Dream nous enfonçait dans les rêveries hallucinogènes, Zanov bouleversait l'échiquier avec une musique nettement plus planifiée qui déjà, en 1976, respirait de cet étrange parfum de science-fiction. Et après une absence de plus de 30 ans, le synthésiste Français revient en force avec un album, mais surtout un style, qui reprend là où In Course of Time s'était arrêté. Dans une pochette qui dépeint assez bien l'approche musicale de Pierre Salkazanov, "Very Far" se détache de ses filaments soniques ambiants pour cracher un rythme oscillatoire qui fait rouler ses amples boucles rythmiques sous les chants spectraux d'un synthé aux harmonies aussi mélancoliques qu'un condamné à mort. Zanov suit sa courbe du temps en arrosant sa musique d'effets soniques digne d'un film futuriste alors que les harmonies dédoublent leurs spectres chantants sur une structure de rythme qui raisonne sa course folle pour un beau passage ambiocosmique où s'élèvent des bruits organiques ambiants. Ces attirants bruits blancs se retirent pour laisser place à une splendide mélodie lunaire dont les arômes de films français des années 60 sont encerclés par un mélange des murmure autant sci-fi que fantomatiques. Le rythme reprend ses droits. Plus lent, il agonise dans des nuages soniques aux prismes teintés de solitude. C'est aussi beau que saisissant. Plus noir et vampirique, "Neuronal Storm" a tout de même volé la base rythmique de "Very Far". Les percussions claquent, les effets cosmiques abondent et le rythme reste fier de ses pulsations saccadées et des ses percussions robotiques qui s'accouplent à un beat de rock futuriste où les synthés subdivisent les approches avec des lignes nourries de bruits blancs et de solos roucoulants. Du Kraftwerk, pour le rythme, sur du Jarre, pour les ambiances cosmiques. Des ambiances qui enveloppent le très ambiant "World Adrift" et son dialecte moulé dans une mixture de grésillements, fritures et d'harmonies broyées. Du psy-fi à son meilleur? Pas autant que la délicieuse marche noire de "Alone Again" où on dirait un robot déréglé qui erre sans sa carte-maitresse. Après une intro nourrie d'incertitude et de ses bruits aussi bigarrés que ses harmonies disparates, "Brain Activity" offre une structure de rythme aussi rampante que "Alone Again". Sauf que la marche est plus noire, plus près des ambiances cabalistiques du Fantôme de l'Opéra, mais dans une version de l'an 2222. "Conscience in Danger" est moins biscornue, quoique les savoureuses ambiances d'un univers en dissolution foisonnent toujours, et offre une structure de rythme plus tonifiée, disons entre "Very Far" et "Neuronal Storm", avec des arpèges et des séquences dont les mouvements parallèles ondulent ou papillonnent dans un riche pattern ambiosonique déchiré entre le passé et le futur. Après le très funèbre "Alone Again", qui va littéralement vous clouer sur votre fauteuil, "The Final Cut" réveille nos sens avec un rythme vif qui tapote du pied avec impatience dans une enveloppe sonique où les mots mâchent nos oreilles et les gargouillis les virent à l'envers. Du solide rock de science-fiction (on se rappelle ces scènes de dance-music dans Star Wars) emmitouflé dans des ambiances et membranes soniques qui sortent du futur; Zanov construit, beat par beat et ambiances futuristes entre soudées, un univers sonique qui dépasse les frontières usuelles de la MÉ telle que nous la connaissons. Et je dois admettre que j'ai été pris de court par toute cette luxuriante faune sonore de l'univers Zanov. Mes lointains souvenirs me rappellent un album (In Course of Time) que mes amis vantaient comme génial alors que mes sens étaient encore engourdis par Oxygene de Jean Michel Jarre et par Stratosfear de Tangerine Dream. Ce n'est que des années plus tard, Internet et Napster aidant, que j'ai eu la chance de réentendre In Course of Time et j'avais été frappé par l'approche très avant-gardiste de Zanov. Malgré les 30 ans qui séparent “Virtual Future” de son embryon (Nous Reprenons Notre Avenir), ce dernier album de Zanov respire de toute cette fraicheur sonore que le synthésiste Français avait soufflé sur la MÉ des années 70. Comme quoi qu'il était vraiment une étape plus loin que bien des artisans du milieu. Une sensation qui est toujours aussi présente avec ce très bon “Virtual Future”. Il ne reste plus qu'à souhaiter que Pierre Salkazanov réédite son catalogue pour le plus grand bien d'une MÉ qui aurait tout intérêt à visiter les espaces intersidéraux habilement sondés par Zanov, tant les possibilités me semblent tellement infinies.

note       Publiée le lundi 20 octobre 2014

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synluk › jeudi 21 avril 2016 - 15:33  message privé !

Hélas comme le dit etiennefroes je préfère de loin les trois premiers albums. J'accroche beaucoup moins a cet album, mais c'est tout de même un immense plaisir de retrouver Zanov en 2014. Une réédition CD de " In Course Of Time " est disponible et là c'est un grand bonheur, mais j'attends avec une folle impatience celle les deux premiers LP "Green-ray" et "Moebius 256/301".(mon préféré, la nostalgie sans doute. ) Alors c'est peut être pour bientôt, allez savoir ...

Note donnée au disque :       
etiennefroes › vendredi 16 janvier 2015 - 14:44  message privé !

J'ai réécouté ces 3 premiers disques et je trouve que celui-ci est un ton en dessous peut être parce que les morceaux sont plus courts