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TM Solver › Auscultare

  • 2013 • SynGate CD-r TM06 • 1 CD

cd • 6 titres • 77:31 min

  • 1Funky Planet 15:08
  • 22012 DA 14 5:59
  • 3Sine Tempore 7:23
  • 4Cum Tempore 12:47
  • 5Magno Cum Tempore 17:08
  • 6Maximo Cum Tempore 19:06

line up

Thomas Meier (Synthé, claviers, séquenceurs et FX)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: http://syngate.bandcamp.com/album/auscultare

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
new berlin school

Sorti à la fin de 2013, “Auscultare” est un album qui a totalement passé inaperçu dans cette folle période de l'année où les nouveautés musicales (soniques?) inondent un marché qui n'a pas assez d'oreilles, ni d'oseilles, pour tous ces petits joyaux qui sortent en même temps. Et c'est dommage parce que ce dernier album de Thomas Meier est tout un bijou de MÉ de style New Berlin School. Sans réinventer la roue, même si l'auteur signale à juste titre la toute première utilisation du synthétiseur analogue GRP A4 sur "Magno Cum Tempore", TM Solver redore tout de même les armoiries d'un style qui semble revivre constamment de ses charmes hypnotiques avec des rythmes doux qui tournoient et tournoient dans notre tête, comme des souvenirs d'une autre époque pourtant toujours bien présente. J'ai aimé, j'ai adoré et c'est possiblement l’un de mon top 10 en 2013!
Et ça débute avec "Funky Planet" et son délicat rythme morphique érigé sur un pattern de séquences dont les mouvements dépareillés bondissent comme des billes emmitouflées de feutre dans une chorégraphie rythmique qui tournoie comme un Chacha lunaire. Les lignes de synthé sont mielleusement vaporeuses. Elles insufflent un onirique parfum d'éther et de mysticisme avec ces voix séraphiques tout en vaporisant des délicates brises de solos qui larmoient langoureusement sur cette délicate structure de rythme aux entrelacements pluridimensionnels aussi fragiles que ces arpèges sautillant dans de denses brumes engorgées de bruines irisées. Nous sommes dans les rythmes cosmiques, minimalistes certes, mais savoureusement hypnotiques. J'aime et ça part bien! Plus ambiant et nettement plus mélancolique, "2012 DA 14" offre une belle ascension cosmique sans fin avec de fines séquences qui grimpent des escaliers intemporels en portant sur leurs fragiles pas cadencés le poids de tout un arsenal de brumes et de voix astrales. "Sine Tempore" offre aussi un délicat rythme assez morphique qui pétille et tinte comme un concert de carillons sous les brises d'un synthé nasillard. Ce synthé, très mélancolique, étend sa peine avec une belle approche lyrique où les solos chantent et les violons pleurent avec des voix séraphiques sur un tempo qui s'anime et s'éteint avec cet enchanteur mouvement binaire de séquences, l'un carillonné et l'autre tambouriné, qui tintinnabule un peu partout dans les corridors adjacents de “Auscultare”. De quoi envoûter et interpeller la plus capricieuse des écoutes. "Cum Tempore" propose une enveloppe électronique plus syncrétique où vents caverneux et souffles lumineux se perdent dans de rêveuses orchestrations. Un lent mouvement de séquences basses tresse un rythme furtif qui ascensionne une pente abstraite où ululent et chignent quantité de lignes de synthé aux parfums et tonalités délicieusement hybrides. Des effets soniques éclatent ici et là, ponctuant le titre d'une approche psychotronique qui calme sa raison dans d'autres lignes plus musicales.
Avec la quadrilogie du temps, nous sommes dans le meilleur segment de “Auscultare”. Superbe avec son long mouvement de séquences dont le squelette se décarcasse les articulations, "Magno Cum Tempore" semble être l'équivalent d'une cellule souche sortie des ambiances et rythmes lunaires de Software, dans le superbe Add Space to Time d'Electronic Universe Part I, avec une ritournelle rythmique tellement près que l'on croirait effectivement entendre un remix agrémenté d'une faune sonique plus luxuriante. Le rythme et les séquences bondissent toujours comme des billes de soie dans un long couloir sonique sphéroïdal, toujours très harmonique, alors que les bruits hétéroclites et organiques de même que les chuchotements fragmentés amènent "Magno Cum Tempore" vers un autre niveau de contemplativité. C'est très bon. C'est le genre de titre que l'on peut entendre à longueur de journée et en être toujours aussi séduit à cause d'une particule d'éléments (notes cassées, voix séraphiques, bruits insolites, etc.) qui s'y greffent constamment. "Maximo Cum Tempore" épouse un peu le même pattern minimaliste et hypnotique, mais avec plus de vélocité dans le mouvement. Dansant sur des parfums de légèreté, les séquences coulent aussi vite que des couleuvres qui descendent une muraille verticale, alors que les percussions électroniques et leurs parfums de vieux Jarre ajoutent un cachet rustique à un Berlin School restauré par la modernité des nouveaux équipements. D'autres lignes de séquences, plus harmonieuses, se détachent de ces coronelles allégoriques, plombant cet autre long morceau de belles mélodies évasives qui roucoulent dans des brumes astrales et de fluides solos aux arômes de passivité. Du beau New Berlin School tranquille, hypnotique, très cosmique et savoureusement mélodique, voilà de quoi est fait cet autre très bel album de TM Solver.

note       Publiée le lundi 20 octobre 2014

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