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Sargeist › Let the Devil In

cd • 10 titres • 46:45 min

  • 1Empire of Suffering4:40
  • 2A Spell to Awaken the Temple4:59
  • 3From the Black Coffin Lair4:40
  • 4Burning Voice of Adoration4:14
  • 5Nocturnal Revelation5:52
  • 6Discovering the Enshrouded Eye5:36
  • 7Let the Devil In4:08
  • 8Sanguine Rituals3:42
  • 9Twilight Breath of Satan4:59
  • 10As Darkness Tears the World Apart3:55

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré dans la chambre froide du studio Fantom, durant les derniers jours de février 2010. Enregistré et mixé par Sami Uittinen.

line up

Hoath Torog (voix), Horns (batterie), Shatraug (guitare), Vainaja (basse)

remarques

chronique

Je furetais dans les productions récentes de metal extrême pour raccrocher les wagons : et oui, j’ai un côté vieux snob coincé dans un mirage fait de dénominations décennales, obnubilé que je suis par tout ce qui est daté - Born Too Late, ruminations sur Lee Dorian, intérêt pour les magic carpets. Mais pas que. Le noir, c’est bien, et particulièrement le noir métal, car, d’une manière difficilement descriptible cette musique, quand elle me touche et bien euh… me berce. Je me souviens d’un mec qui ne pouvait s’endormir qu’en écoutant du Immortal, donc je ne suis pas seul ! Une musique qui arrive à me mener jusqu’aux bords de l’Erèbe ET dans mon lit est pour moi digne de respect car si elle peut mettre au poil des ondes veille/sommeil avec les propres vibrations sortant des enceintes, je suis alors sûr de choper la clef d’un monde chatoyant et grotesque comme un tableau de Max Ernst - et d’une angoisse totale pour qui n’a pas reçu les instructions nécessaires. Si ça vous intéresse, testez quelques disques de Coil traitant de cette thématique, vous m’en direz des nouvelles. Là, je me laisse pénétrer par les ondes de ce Sargeist. Alors, Sargeist, groupe finlandais fondé à la fin des années 90 nous sort ici, en 2010, un bel album à mes yeux, c’est à dire 1) un disque qui enveloppe la conscience et les oreilles d’une chaleur propre à la décomposition d’une vieille souche au fond d’un jardin de séminaristes coprophages et coquins comme dans une nouvelle de Sade, 2) qui me berce (vous m’suivez) d’un souffle fétide et plein comme un œuf de choses quotidiennement inavouables, 3) qui respire le romantisme orienté mélancolie/torpeur/yeux vides sur le néant de la mort. Les guitares accompagnées d’une basse mixée à l’unisson tissent de très belles et tristes harmonies, la batterie est une vague vrombissante qui ne s’arrête qu’entre les morceaux, quels que soient les bpm mesurés. Je signale en passant un art du break particulièrement aiguisé chez ce groupe, cf. notamment le morceau Nocturnal Revelation, et le suivant Discovering the Enshrouded Eye, d’une mélancolie et d’une noirceur à se bouffer les doigts. La voix, a priori attendue comme monotone ce qui sied par ailleurs au style amène le petit chouia de variations et de crachats pour me donner l’impression de me faire molester par un incube susceptible. Le son est assez rond pour un genre qui aime cultiver le côté soufflerie des bandes magnétiques fatiguées, et l’objet étudié, très bien illustré, nous porte dans l’opposition, celle à Mr. Croix, avec de belles photographies sanglantes et blasphématoires à base de réutilisation du matériel de messe et de moqueries des soumissions à Papa Dieu. Vous êtes bien en black metallie, il n’y aura donc pas de pause dans la position antichrétienne, et ce doux bercement qui me prend lors de l’écoute de ce “Let the Devil In” veiné de haine et de fascination pour l’autre côté se veut aussi amorce de révolte pour qui n’a pas encore questionné la pertinence du concept de Dieu trinitaire, ou ne s'est jamais demandé si cette vie qui nous échappe n'était pas, finalement, vide de sens. Ce disque réunit donc tous les arômes qui vont hypnotiser vos graines : prestation super propre, cohérence du discours, puissance de la volonté, hypnose de l’auditeur afin de l’emmener en guerre avec Satan juste avant qu’il ne s’assoupisse avec deux trois sueurs froides immobilisées juste là où nous poussait une queue il y a quelques milliers d’années. Pour résumer, allez donc acheter ce disque, faites de beaux rêves, et laissez le Malin vous chatouiller de l’intérieur !

note       Publiée le lundi 13 octobre 2014

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dimegoat › lundi 13 octobre 2014 - 16:25  message privé !

ça fait des semaines que je m'endors avec Darkthrone. Je saisis plutôt bien le parallèle