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Charlene Darling › Mourning Tooth

k7/cdr/téléchargement • 10 titres • 26:48 min

  • 1He paid for two1:52
  • 2Small-tall towers2:24
  • 3My home (feat. Efaï Héfaille)2:32
  • 4Deniz est partie (feat. Toma Burvenich)4:55
  • 5Mourning Tooth(feat. Efaï Héfaille)2:29
  • 6Dye2:03
  • 7And (feat. Alexandredavidgabriel & Toma Burvenich)2:48
  • 8K (feat. Alexandravidgrabriel & Toma Burvenich)3:45
  • 9Mourning ; Mourning Tooth (feat. Alexandredavidgabriel & Inéès)1:55
  • 104AM Blues (feat. Inéès)2:05 [Allen Ginsberg cover]

extraits vidéo

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line up

Charlene Darling

Musiciens additionnels : Alexandredavidgabriel (sur 7, 8 et 9), Inès Difolco (Inéès) (sur 9 et 10), Éfaï Héfaille (sur 3 et 5), Toma Burvenich (sur 4 et 8)

remarques

L'intégralité de cet album est en écoute sur les page bandcamp de l'artiste (voir lien ci-contre). On peut également le télécharger gratuitement via le site du label Los Emes Del Oso (voir lien à la rubrique des éditions).
L’édition cassette sortie par Les Disques de l’Oubli à cinquante exemplaires en 2010 est désormais épuisée.
Pour l’édition CDr, la page bandcamp du disque indique simultanément « exemplaires fabriqués sur demande (toile cirée) » et « tirage de 25 exemplaires ».

chronique

"Édité à vingt-cinq exemplaires". "CDr fabriqués sur demande". Et pochette en toile cirée, nous dit-on aussi… Oui : c’est artisanal. Tant mieux. Et notre époque a ça de formidable – je dis ça sans ironie aucune ni quelconque fi-donc, vraiment – qu’on peut écouter facilement, parfois en les découvrant par hasard ou pas loin, des ouvrages enregistrés sans conditions techniques réputées acceptables, sans concept peut-être, en toute liberté ; pas vendables et pas faits pour, dépris de ces notions là : de bien marchand, de travail cherchant cette récompense, de routine professionnelle. Paradoxalement ou non, ça nous permet d’entendre le véritable ordinaire – leur idée peut-être du sans forcer, du à prendre tel quel – de ceux qui commettent ces objets hors catégorie, ces sons hors-statut-de-chose. On mesure aussi parfois, par là – et c’est libérateur – à quel point sont souvent illusoires les question de production – à tous les sens du terme –, pourquoi sont dérisoires les mises aux normes. Que l’intérêt, l’excitant, le curieux, vient souvent d’ailleurs, d’autre chose. Mine de rien ce n’est pas rien. La musique de Charlene Darling – comme ses textes, d’ailleurs – est toujours, sur ce Mourning Tooth, aussi étrange, simple en façade, piégeuse dans ses détails. Déconcertante, désarmante. Sans doute, celui-là est un peu plus "arrangé". Les timbres plus nets, mieux mêlés sur certaines plages, de la guitare, des claviers à deux ronds. Sa voix est toujours si peu exploit athlétique, si personnelle ; elle ne cesse pas d’en faire des boucles et des couches, de la mixer comme personne ne lui aurait sans doute conseillé : parfois brute dans la masse, ailleurs presque enfouie dans ses propres strates ou dans la distance. Même écoutée en format tout numérique, streaming, cette musique est toujours pleine de souffles et de grain, et les bruits de chocs quand quelqu’un ou autre chose cogne l’enregistreur, ne sont encore jamais gommés. Ça va très bien à ces chansons. Comme ces fins abruptes et ces notes mal effacées entre les pistes, qui font tellement "enregistrement de terrain". Le terrain c’est la maison, le quartier, les coins écumés, les voies de circulation. On y passe, on écoute. J’aime bien le motif du papier peint, cette fois, du machin qui couvre la table ; trêve de métaphore : de la pochette. Par pics – sur K par exemple – le bruit surgit encore plus volontiers. Je finis par croire de plus en plus qu’elle fait bien de "ne pas savoir chanter". Je ne pense pas que ce soit faute d’oreille – franchement pas, même – si elle fait sonner désaccordés ses arpèges. J’y resterais bien encore un peu plus. C'est sûr, elle a des lettres – et ce n’est pas une surprise, il en faut pour reprendre comme elle faisait plus tôt, sur N.I.C.O.L.A.S F.R.U.T.O.S (dont en revanche – d’accord – je vais encore éviter de me rappeler la pochette) la mère Dalton (Karen, évidemment, pas la Ma’ des quatre abrutis bagnards) ou Childish (Billy, donc, qui s’était choisi, lui, ce nom de Puéril ou d’Enfantin). Preuve de plus s’il en fallait une, comme si c’était la question : la voilà qui entonne avec une certaine Inéès (qui s’appelle simplement Inès quand elles jouent toutes deux dans La Ligne Claire ou Rose Mercie) le 4AM Blues d’Allen Ginsberg. Belle conclusion – sans blague et sans réserve. "When the Spirit hits you, please, look me in the eyes…". Et puis aussi : "take me by surprise". J’ai beau commencer à connaître la couleur des murs : chaque fois, c’est bien l’effet que ça me fait. Avec aussi le plaisir de sentir que sûrement elle n’essaye rien de me refourguer. Et que pour autant, ce qu’elle combine ne me fout pas dehors. Est-ce qu’on saisit mieux où elle veut en venir ? Moi non, à vrai dire. Mais je m’en tamponne un peu – tant que je l’entends faire son truc depuis là où elle en est.

note       Publiée le samedi 4 octobre 2014

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Wotzenknecht Envoyez un message privé àWotzenknecht
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Voilà, ca a toujours été, sauf que c'est maintenant beaucoup plus visible et que donc, inévitablement, cela devient une manière de faire qui a finalement le droit de cité dans des domaines qui dépendait essentiellement de l'industrie concernée. Je pensais à la peinture à cause d'une lecture intéressante ( http://vimeo.com/31955412 ) qui montrait que pendant que l'art contemporain s'évertuait à dire que la peinture était morte, toute une frange de peintres continuait tranquillement l'histoire du modernisme, moins conceptuellement, mais beaucoup plus sensiblement (ce que tu sembles aussi souligner dans le cas de ces sorties).

Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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Ben - en tout cas en musique, pour la-peinture-par-exemple je suis assez ignare - je ne sais pas si "ça" s'est vraiment arrêté un jour ! Je veux dire : j'ai l'impression que de tous temps au moins - en gros - depuis l'explosion du punk, des groupes, des gens ont toujours enregistré/sorti ce genre d'objets qui s'en foutaient de "s'inscrire" dans une quelconque courant ou discours (j'entends : en dehors - mais et-ce toujours différent d'ailleurs, sur le fond - des phénomènes de ce qu'on a appelé "art brut" etc.). Après oui, la différence c'est que maintenant tout ça est en effet bien plus "à portée de main" (ou d'oreille), avec le net, principalement. Facile de découvrir Charlène ou la "rapeuse" chilienne dont je vous causais sur un topic ces temps - Dadalú - sans même tomber dessus au hasard d'un concert, première partie etc. (et pour la deuxième citée, sans avoir à traverser un océan - là-dessus c'est vraiment une "facilité" qui n'existait pas il y a vingt voire quinze ans). Et certes c'est sans doute encore plus vrai à mesure que "l'industrie du disque" se casse de plus en plus la gueule, nous dit on.

Wotzenknecht Envoyez un message privé àWotzenknecht
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J'aime beaucoup ton premier "paragraphe". J'observe le phénomène dans d'autres domaines (la peinture notamment), en gros un retour à une simplicité, un plaisir de faire, qui n'a cure des infinies ramifications de sous-genres post-post sachant une fois face à l'infinité de possibilités, la grille de synthèse finit par se fondre avec ce qu'elle prétend clarifier.