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Atman's Unreal › Psalm of Solitude

cd • 8 titres • 33:15 min

  • 1Book of Divination 4:32
  • 2Tool of Ritual 2:57
  • 3Relic of Occultation 3:45
  • 4Temple of Chaos 4:01
  • 5Crown of Horn 4:46
  • 6Reaper of Toll 4:05
  • 7Cloak of Truth 3:57
  • 8Altar of Reason 5:12

enregistrement

Composé, joué et mixé sur un iPad entre 2012 et 2013

line up

Atman's Unreal (iPad et logiciels)

remarques

Pour avoir plus d'informations, et entendre des extraits MP3, on visite la page Bandcamp de Atman's Unreal: http://atmansunreal.bandcamp.com/releases

chronique

La musique d'ambiances sombres, voire noires, et méditatives connaît un fort regain de popularité depuis une couple d'années. On a qu'à penser à des groupes ou artistes tels que Sam Rosenthal, Bakis Sirros, The Glimmer Room, Memory Geist, Perceptual Defence, Phobos ou encore le très obscur Inverno de Gustavo Jobim pour comprendre que le genre ressuscite constamment d'entre ses cendres qui bourdonne continuellement de ses tisons. Et la liste peu s'étirer encore plus lorsque l'on songe aux dernières œuvres de Ron Boots et Gert Emmens. Au-delà de cela s'élève un nouveau mouvement; le tribal rituel. Je pense notamment à Halo Manash, Sky Burial et aux étonnantes œuvres de Mystified. Atman's Unreal est la nouvelle figure montante d'un style qui éveille l'imagination et donne des frissons dans le dos par une nuit où l'on admire les reflets difformes de la pleine lune sur un lac saoul de mystères. L'aspect original de “Psalm of Solitude” est qu'il a été conçu à partir des logiciels de synthé que l'on retrouve sur un Ipad. Le résultat, qui est le fruit de sessions improvisées, fut annexé à des structures de fond que le concepteur avait vaguement composé et qui ont été inspirées par les périodes de tourments qui ont suivies les suicides de son père et de son oncle.
Et c'est avec des bruits d'une colonie d'insectes nocturnes triturant des billes shamaniques que "Book of Divination" envahit nos sens. Au loin, on peut entendre de sinueuses lignes sonores qui flottent comme de menaçants nuages mystiques. Des réverbérations grondent et finissent par étendent une impressionnante nappe synthétisée dont les larmoiements rappellent les univers très mélancoliques et contemplatifs de The Glimmer Room. Des bruits de chaine ouvrent les ambiances très glauques de "Tool Ritual". Le port d'un casque d’écoute est nécessaire, ici comme partout, si l'on veut bien entendre ces lentes impulsions soniques qui déplacent de lentes lignes ectoplasmiques et font chanter leurs hôtes. C'est très noir et sans doute le morceau le plus froid de “Psalm of Solitude”. Chaque titre débute avec des bruits insolites qui étendent des auras de mystère et qui précèdent une très grande tranquillité spirituelle. Ces bruits iconoclastes ajoutent une envoûtante profondeur d'inconfort où des images d'une âme errante dans un chalet abandonnée guettant ses prochaines proies nourrissent les trop étranges et sinistres "Relic of Occultation" et "Crown of Horn". On croirait errer entre deux mondes. Les cliquetis de "Temple of Chaos" nous entraînent sous une tempête de lignes réverbérantes dont les affreux ronronnements nourrissent une diabolique machine à frissons. On n'est pas loin des affres soniques de Stephen Parsick! Monté de la façon dont Atman's Unreal dénudait ses sentiments, “Psalm of Solitude” suit une fascinante croissance où l'auteur semble établir ses lignes de paix intérieur. Vrai que "Reaper of Toll" semble angoissant avec ces crissements de métal hurlant qui transpire de larmes, mais on y sent une sensibilité plus nette qui tranche des mugissements des âmes torturées qui meublent les 25 premières minutes de cette œuvre nourrie d'amertume. À ce niveau, on ne peut avoir plus méditative que ces douces lignes de tourments qui flottent dans les souffles du synthé très attristé de "Cloak of Truth"."Altar of Reason" nous ramène par contre à la case départ avec une avalanche de souffles et d'halètements chevrotants et dont la symbiose dépasse tout de sombre, d'obscur et de noir que mes oreilles ont entendues. Du Stephen Parsick à la puissance 10!
Pour un peu qu'on aime le noir et ses ambiances chtoniennes qui sont en perpétuel appétit pour les oreilles un peu virginales, “Psalm of Solitude” est un solide album de musique ambiante aussi noir que des cendres de charbon. Mais peu importe les qualificatifs ou les diatribes sur le genre, ce qui frappe le plus à travers les 33 courtes minutes de “Psalm of Solitude” est cette intense émotivité, ces souffles de douleur qui tenaille son auteur. Nous les entendons, nous les sentons et nous les vivons; c'est la plus grande réussite de cet impressionnant album forgé dans la douleur du noir.

note       Publiée le lundi 8 septembre 2014

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