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Bob Ostertag (b. 1957) › Verbatim, Flesh And Blood (Say No More Project, 4/4)

  • 2000 • Seeland SeeLand512 • 1 CD
  • 2002 • Seeland SeeLand522 • 2 CD

cd • 9 titres • 43:01 min

  • 1Periwinkle10:20
  • 2Oxblood2:18
  • 3Smoke7:34
  • 4Ink9:06
  • 5Cornflower3:32
  • 6Paris Green2:29
  • 7Middle Stone3:50
  • 8Lavender2:30
  • 9Ash3:22

extraits audio

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enregistrement

Enregistré en concert au Kunstecentrum Vooruit, Gent, Belgique, en janvier 1998.

line up

Mark Dresser (basse), Gerry Hemingway (percussion), Phil Minton (voix), Bob Ostertag (b. 1957) (sampling)

remarques

Ce disque est dernier d’une série de quatre – le projet Say No More – basée sur un concept particulier - détaillé dans les chroniques - de transformations et d'interprétations, réinterprétations successives de la musique, ainsi jamais fixée, jamais destinée à devenir "version définitive". Il est suivi, dans ce cycle, des albums Say No More In Person (live), Verbatim (studio) et Verbatim Flesh And Blood (live). L'ensemble des quatre volets du projet est téléchargeable (piste par piste) sur le site de l'artiste (se reporter au lien ci-contre).
L'édition double-CD Seeland de 2002 regroupe les deux derniers volets du projet : l'album "studio" Verbatim (1999) et son interprétation en concert – Verbatim, Flesh and Blood (2000).

chronique

Le volet précédent poussait plus loin la complexité du projet. Celui-ci explore sa finesse… Suite – et fin, mais seulement dans le cadre du cycle, du projet – du mouvement de balancement, Verbatim, Flesh And Blood est, de nouveau, un passage sur scène ; remise au vif d’une œuvre impossible à reproduire telle quelle, recherche des moyens pour que de ce vide théorique vienne encore la substance. Remontons le fil : Verbatim, Flesh And Blood est l’enregistrement – fidèle, non retouché – d’un concert donné par quatre hommes dont l’un, dans ses machine, amènait des bribes déjà jouées par les trois autres ; performance en direct d’une œuvre précédente – Verbatim (tout court) – elle même… Assemblée par découpage, montage, stratification, mises en boucles (…) de compositions autres jouées – lors d’un concert, déjà, enregistré et sorti sous le titre Say No More In Person – par les même musiciens ; à qui Ostertag – s’incluant aussi dans la performance – avait remis auparavant d’étranges partitions, dans une forme inventée pour l’occasion unique ; transcription des deux pièces premières de cette histoire, de ces transformations continuelles – les deux plages du disque Say No More, construites, elles, sur la base d’improvisations individuelles, complètement indépendantes, jouées sans connaissance mutuelle par chacun d’entre eux (à qui s’ajoutait alors Jim Black, absent de toutes les étapes suivantes), et jamais rendues publiques sous cette forme brute… Qu’en est-il à ce moment de l’histoire, de ces échanges et renversements, retours et basculements, réinjections et jeux de mémoire, avec elle, contre elle, dans ses nœuds, confusions, arrangements et intuitions ? Les trajectoires tournent elles au procédé ? La spontanéité s’épuise-t-elle, à mesure qu’ils saisissent ce qui change et ce qui soude, au fil d’une manière qu’ils apprennent ? Eh bien non. C’est une justesse, au contraire, qu’ils trouvent là, sans la figer. Une exactitude de mouvement qui n’est pas celle de l’exécution pure, de la seule lecture ; qui est celle plutôt d’une fluidité neuve, articulation comprise – de chacun et du groupe – de ce drôle de parler collectif forgé par Ostertag, et que chacun des autres, en quelque sorte, lui avait soufflé, suggéré, leurs traits singuliers en recelant la matière. Assemblage imaginé, bien sûr ; mais organique parce que les voix – instrumentales, même pour celle, émise directement de la gorge, des cordes vocales, des poumons, des sinus… de Phil Minton – ne peuvent pas s’épouser ni même se contrarier, s’étirer, prendre harmonies ou bien tension complètement au hasard. Logiques, analogiques, liens, écarts, contrastes et convolutions. Ici donc – au moment où les parts de ce qui a été joué, déjà, à l’identique des lignes et masses poursuivies et celle de ce qu’Ostertag a différemment combiné, étiré, rétracté, amalgamé – ne sont sans doute plus complètement discernables non seulement pour nous mais pour ceux qui les jouent, le groupe touche un point de haute expressivité. Non pas de narration mais d’équilibres et de dynamiques qui – vraiment – ne ressemblent à rien d’autre. L’écoute au casque, seulement, par moments – par vertu d’un mixage souvent tranché, qui renvoie les parties émanées des machines dans l’un des canaux de la stéréo et celles passés par les micros sur l’autre – permet de distinguer clairement ce qui appartient en propre à l’instant de la performance et ce qui remonte, affleure, se répercute depuis les phases d’avant, le cour déjà passé. On a l’impression, parfois, que ce sont les hommes de chair qui sur leurs cordes, leurs peaux, depuis la colonne d’air, construisent et roulent, rebondissent dans l’instant des motifs normalement réputés injouables, techniquement, matériellement infaisables ; et que l’électronique simplifie la battue, le rythme, pose un guide plus clair un instant fugitif, qui empêche l’abstrait et le complexe de glisser dans l’abscons. Subtilement, Verbatim, Flesh And Blood est l’accomplissement. Ce qui le rend unique dans le cycle, aussi, c'est qu’il y aurait pu avoir suite ; mais que le compositeur, les improvisateurs, n'en feront pas un style, n’arrêterons pas un genre avec ce qu’ils venaient d’amener à sa plénitude. Chacun, peut-être, en garderait l’empreinte malléable, non-finie, une part à modeler, à faire passer ailleurs, dans d’autres ensembles, de différents espaces. Ostertag, lui, continuerait de prélever, de souder, de rendre méconnaissable ce que lui et d’autres auraient posé sur bandes, sur supports mis en circulation ou non – de nier que bande ou banques de données puissent fixer quoi que ce soit en forme terminée, sacrée, intouchable. Jamais exactement avec les mêmes ; toujours en se rappelant qu’ils n'étaient pas d’impersonnelles mécaniques. Flesh And Blood, donc, n’est pas un point final, une version définitive. C’est une proposition à quoi ils nous convient, qu’ils nous donnent au point où ils ont voulu la laisser – en partage, toujours mobile en ceci justement qu’on aurait pu dire plus mais que les suites innombrables, les échos et réponses se trouveraient en d’autres lieux, en temps appropriés, en d’autres compagnies. Sans doute, aux écoutes réitérées, la surprise jamais tarie, le plaisir renouvelé naît-il en grande partie de ce pari risqué : qu’en ne voulant rien clore, ce disque ne déçoit aucune attente de conclusion, aucun désir d’une perfection après quoi tout serait redite – mais que pour autant rien n'y sonne comme esquisse insatisfaite.

note       Publiée le dimanche 7 septembre 2014

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Dioneo › lundi 8 septembre 2014 - 03:35 Envoyez un message privé àDioneo
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Assez d'accord, sur ce coup... Tout ce que j'ai pu écouter/entendre de lui était souvent très étrange - vraiment, même en contexte free/imporv/avant-garde/sur-la-commode-etc. - mais comment dire... Jamais "gratuit", jamais dans la pure application stérile de concept, le bizarre pour le bizarre. Toujours l'impression d'une forme de vie particulière mais cohérente (mais foutrement inhabituelle, hein, encore, inédite).

(Et donc merci Epsilonia - sur Libertaire, le jeudi soir de 22h à minuit, à l'époque si je me rappelle bien (+ bandes "sans fin" après... et peu probable qu'ils aient changé d'horaires en fait : je les toujours écouté dans cette "tranche" là, des années durant) - pour le coup (et pour pas mal d'autres découvertes, en fait)... Pas sûr que je me serais intéressé à lui et sa musique si j'avais pas entendu cette émission avec de longs bouts d'interviews du gars - sur le parcours "musique/politique/re-musique" évoqué dans mon post précédent, notamment).

Kronh › lundi 8 septembre 2014 - 03:08 Envoyez un message privé àKronh

Intéressant ce que tu dis là, merci pour l'info! Son premier (Getting a Head, 1980) et son dernier (A Book of Hours, 2013) font partie des trucs expés les plus ovniesques que j'ai jamais entendu, des disques assez monstrueux. A côté "Like A Melody, No Bitterness" me semble être une bien meilleure porte d'entrée, c'est pour dire.. "Sooner or Later" est impressionnant aussi dans le même style "collage". Je connais pas encore ceux chroniqués ici mais tout ce que j'ai de lui est au minimum recommandable.

Dioneo › lundi 8 septembre 2014 - 02:08 Envoyez un message privé àDioneo
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Par ailleurs je ne connais pas du tout ses tous premiers trucs... Le mec a aussi une histoire particulière : après avoir joué quelques années dans les débuts 80 avec des gens comme Zorn et ceux qui deviendront ses habitués, à l'alto couineur, il a complètement arrêté la musique, pendant quelque chose comme sept ou huit ans, pour s'occuper d'activisme politique et social, notamment en participant à des actions et des mouvements en Amérique latine... Et puis est revenu à la composition et à l'impro musicale - et aux États Unis, retrouvant ses anciens potes d'estrade devenus des espèces de "stars" de l'underground/avant-garde. Et du coup - ses expériences sociales ayant apparemment pas mal changé aussi sa conception de la création et de son partage - s'est finalement trouvé pas trop d'accord globalement sur lesdites notions, semble-t-il (d'underground - c'est vrai que dans les années 90 le terme a pu devenir dans un sens de plus en plus discutable pour les zorneries par exemple, Tzadik et le reste - et d'avant-garde aussi, je crois bien).

Le mec est vraiment intéressant à lire/écouter en dehors de sa musique aussi, pour le coup. Et donc au passage il met une grande partie de sa musique gratuitement à dispo au moins en écoute sur son site, si tu veux tâter ça et là de ses aventures.

Dioneo › lundi 8 septembre 2014 - 01:58 Envoyez un message privé àDioneo
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Je suis loin de connaître tout ce qu'il a fait - le mec est ou a été très productif - mais perso j'aime bien aussi Like A Melody, No Bitterness... Un autre disque travaillé depuis des enregistrements d'autres musiciens avec lui ou sous sa direction/en réponse à une demande de sa part mais le matériau bien plus disparate, pris sur une plus longue période et expressément pas détaillé quant à qui fait quoi, dans les crédits. Un album découvert un jour de gueule de bois, et lendemain de soirée à la conclusion pas spécialement heureuse... Eh ben je m'étais dit avec un certain étonnement que le titre finalement ne mentait pas, malgré la forme assez étrange du truc. (Il était étonnamment bien passé alors que j'étais pas du tout dans mes meilleurs dispos, quoi).

Klarinetthor › lundi 8 septembre 2014 - 01:51 Envoyez un message privé àKlarinetthor

je vais essayer par le premier du coup; je me demandais, si parmi les autres œuvres du sieur, il y avait porte d'entrée, aussi.