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Gouffre d'un Pôle à l'Autre › Relax

21:24 • 5 titres

  • 1Salut3:07
  • 2Gros4:23
  • 3Relax5:07
  • 4Gamin4:33
  • 5Rue de la Bite4:14

extraits vidéo

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enregistrement

Non renseigné.

line up

Poporc (voix), Unas (machines, voix)

remarques

L'intégralité de la démo est écoutable et téléchargeable (gratuitement et en mp3 320kpbs) sur la page freemusicarchive.org du groupe (voir lien ci-contre). On peut également la télécharger sur le site du label Los Emes del Oso.

chronique

"Salut… Tu me reconnais ? …". Exactement comme au début du concert. Le mec n’a pas l’air d’un tox en bout de manque ou d’un cadre-équarisseur, même ; le cheveu grisé, la mine tranquille un peu blasée, un poil ironique, au pire ; la coupe bien propre et les baskets casuelles. Mais la voix qui lâche ce bout de phrase tout de suite insidieux, qui prend de court par la banalité de la question et puis son air de "mais qu’est-ce qu’il fout sur scène lui, il nous prépare quelque…". Le crissement qui monte des machines du rondouillard, derrière, ne nous laisse pas finir ni à personne de répondre. Le bruit, ça ne répond pas : ça attaque ! Celui-là est parti pour vous dissoudre. Et le mec braille. "J’pense pas que tu m’aies oubliééééééé !!". Pour sûr, si à l’époque tu lui causais comme ça… Soyons clair : Gouffre d’un Pôle à l’Autre – génial nom, en passant, comme le 1400 Points de Suture où sévissent aussi les mêmes Poporc et Unas – c’est malsain, crade, délibérément vautré dans la connerie ordinaire poussée au point terminal, ses clichés balancés le plus crument et grossièrement possible. Bonne grosse bouillabaisse de frustration journalière, beaufitude contrariée qui déborde bien faisandée, bien dégueulis d’égouts dans le lavabo du VRP. Ratatouille de merde et de sang et de rire dérisoire. Le soulagement du pu qui gicle, en gros. Et crac, la croûte. Power Electronics, ouais : à l’arrache, en grumeaux, analogique avec tout ce que ça comporte de mauvais jeux de mots potentiels – ceux qu’on fait la seconde d’avant de se rétamer, glissant dans la bière, au mieux dans la bière. Boucan de larsens et hurlements obsédés par le viol en effectifs variés et sur victime femelle ou mâle, infantile : maigreur de famine ou d'anorexie ou corps grassouillet dans l'isolement de son domicile ; c'est la revanche minable et sanglante, l'intrusion, l'invasion domestique, intime, la profanation. Poporc à l’avant délire ses tombereaux de menaces, pétages de câbles absurdement agressifs, démesurément degrés zéro du chantage ou de la petite rancœur infectée depuis des semaines, des mois, des piges. Unas derrière ses machines – larsens donc, nappes craspecs, réverbérations salopées – en rajoute une couche vocalement, aussi, dans le débile et le sordide : cris stridents qui font, hum, chœurs aux propos du premier, ricanements dégénérés. Bien sûr qu’on se dit qu’il y a de la blague tellement ça pousse dans les gros traits de ce genre pas fait pour qu’on trouve ça beau, pour qu’on l’accepte. Évidemment que ça peut faire flipper tellement on est chopé direct, tellement ça nous libère en même temps qu’eux, ce torrent d’insanité si familière, si près de chez vous. En fait, disons encore plus simple : Gouffre d’un Pôle à l’Autre c’est du Whitehouse de proximité – voire, comme disait un gars d’ici qui se reconnaîtra ; le même qui avait souligné la ressemblance physique, même, entre le type au micro et l’autre cinglé de Britannique… Je reporte donc ici telle quelle la parfaite justesse de son expression : "du Whitehouse du Terroir". La bonne idée qu’ils ont eu, c’est de prendre la chose au point où Bennett – cessant d’être assez con pour que ça reste bon – n’avait pas encore compris ce qu’il pourrait en tirer, question légende voire intégration aux sûrs circuits de l’Art. Avant qu’il fasse mine d’acquiescer sans rien dire, l’air mystérieusement pénétré, seulement, quand on lui cause de concept chiadés et autres arguties "sociétales". Pas de ça ici. Eux font de l’indus à l’envers – du genre précisément qui faisait dire à Genesis P. Orridge que Bennett n’avait rien compris à Throbbing Gristle, le faisait nier la filiation, les courses à l’innommable de cette génération de groupes apparus au moment où se dissolvait le sien. Difficile de prendre un titre nommé Rue de la Bite comme sujet de thèse ou même comme anti-art – ou complètement au sérieux, certes… Pas une raison pour qu'il ne nous foute pas mal à l'aise. Tout ça est plein, opaque, grotesque comme un cauchemar, aussi banal et tout aussi tenace que certains de ceux-là – les récurrents, les bien collants qui vous flinguent une journée tout les x jours d’une existence. Marrons nous, oui, mais ne les quittons pas trop des yeux. C’est ça, en fait, le mode de fonctionnement du truc : ça revient cogner à la porte du Novotel, en pleine Z.I., en rase campagne industrialisée, le périph qui couvre la protestation ; ou bien après le foot, l’entraînement de l’équipe poussin ayant laissé le petit gros un peu trop longtemps après le départ des autres, les adultes qui l’ont oublié… Sauf un, qui ramène les Gaillards. Ça va être sa fête. Oui : c’est bas, stupide, régressif, tout ce qu’on voudra. Au moins c’est direct. La seule distance, là, le seul recul, c’est que "c’est tellement trop, tout ça". Comme à l’époque ou l’idée brute de ces machins n’avait pas tourné escroquerie. "Comme avant"… Les derniers mots résonnent dans un espace poisseux et froid cerné de faïence souillée.

note       Publiée le lundi 1 septembre 2014

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Note moyenne        3 votes

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Dioneo › mardi 9 septembre 2014 - 05:05  message privé !
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Tous les gaillards sont là, Gamin !

(Tu veux lui rendre un PUTAIN d'hommage ?)

A.Z.O.T › mardi 9 septembre 2014 - 01:22  message privé !

Alors Gamin ?

Note donnée au disque :       
Dioneo › mardi 2 septembre 2014 - 00:29  message privé !
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C'était pas prévenant, oui, ce concert...

Bon, je trouve que sur "disque" le côté "drôle" ressort plus (enfin, l'Inénarrable Grotesque de l'Horreur, quoi, encore une fois...).

Klarinetthor › mardi 2 septembre 2014 - 00:24  message privé !

à rapprocher aussi de Costes, qui meme sur un délire souvent différent, est probabement un des premiers dans l'hexagone a pousser le bouchon tellement loin que le malaise persiste meme en sachant que c'est du second degré.

Note donnée au disque :       
Klarinetthor › mardi 2 septembre 2014 - 00:21  message privé !

ouaip§ la chance de se les être pris dans la tronche sans savoir à quoi s'attendre, juste sur conseil d'ami et dans un des sous-sol les moins accueillant de la capitale; c'était assez terrifiant soniquement

Note donnée au disque :