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Ebia › Herrscher im Orbit

cd | 10 titres | 69:24 min

  • 1 Herrscher im Orbit Part I [ 7:44]
  • 2 Herrscher im Orbit Part II [ 2:48]
  • 3 Herrscher im Orbit Part III [ 7:22]
  • 4 Herrscher im Orbit Part VI [ 3:14]
  • 5 Herrscher im Orbit Part V [ 7:11]
  • 6 Herrscher im Orbit Part VI [ 4:01]
  • 7 Herrscher im Orbit Part VII [ 8:48]
  • 8 Herrscher im Orbit Part VIII [ 9:50]
  • 9 Herrscher im Orbit Part IX [ 9:52]
  • 10 Herrscher im Orbit Part X [ 8:34]

line up

Jörg Bialinska (Synthétiseur, percussions électroniques et effets)

remarques

On peut avoir plus d'informations et entendre des extraits sonores de cet album sur la page Bandcamp de SynGate: http://syngate.bandcamp.com/album/herrscher-im-orbit

chronique

Styles
musique électronique
musique électronique berlin school
Styles personnels
cosmique et new berlin school

Y a des trucs que l'on ne peut expliquer. Des trucs à prime abord qui semblent dénués de sens et qui tout doucement en obsèdent. La dernière fois que j'ai entendu la musique d'Ebia remonte à Hunter of Worlds. J'avais trouvé la musique bonne. Un bon mélange de tout sans que jamais Jörg Bialinska s'accroche à un genre en particulier. C'est un peu différent cette fois-ci avec “Herrscher im Orbit”.Cette fois-ci le genre embrasse carrément le New Berlin School des belles années Software. Sauf que la musique a des allures un peu brouillonnes. Tout l'ensemble de ce dernier album d'Ebia repose sur des structures hésitantes où le rythme ambiant fait du stop'n'go, secouant des serpentins de mélodies finement disloquées dans des structures de rythmes qui semblent toujours incomplètes et qui tout doucement se lovent entre les oreilles en prenant le soin de bien former quelques soyeux vers-d'oreilles. Tout ce qui a de plus entichant. Tout ce qui a de plus dévorant! Moi si j'avais un lien à faire, ça serait avec le tout délicieux et tendrement poétique Sebastian im Traum de Frank Specht. Des voix de la NASA font un décompte afin de propulser les premières mesures de “Herrscher im Orbit” dans les coquilles de nos écouteurs. L'ossature des rythmes ambiants étale ses charmes avec de volatiles séquences tourbillonnantes dont les pépiements résonnant cohabitent avec les pulsations d'une ligne de basse hésitante. Bien que menaçante, cette structure de rythme instable papillonne sous les cliquetis des élytres de cristal et les pulsations plus soutenues d'une batterie basse et de ses boum-boum qui effleurent les doux martèlements d'un techno cosmique. Un techno tranquille, quasiment soporifique, qui bat sous de denses nappes de synthé morphiques. La sensation de flotter entre deux mondes assaille nos sens alors que tout doucement le rythme lunaire de "Herrscher im Orbit Part I" traverse des corridors d'ambiances parfumées de stries synthétisées dont les couleurs criardes et les reposants chants stridents flottent comme les tendres caresses de Morphée. On sent bien une rage rythmique poindre à tous les horizons. Et si ce rythme perce un peu ce brouillard interstellaire, c'est pour laisser échapper une structure bien plus harmonique que tueuse qui se nappe toujours de ces doux arômes tant cosmiques que paradisiaques. Ambiant et très cosmique, avec ses chœurs lunaires qui déposent un linceul de sérénité, "Herrscher im Orbit Part II" dérive tout doucement vers le premier bijou, le premier titre à vraiment enclenché cette étonnante passion pour cette œuvre absolument abstraite; "Herrscher im Orbit Part III". Je vous parlais de rythme ambigu? De rythme ambiant qui refuse de défoncer la baraque? C'est tout le charme de "Herrscher im Orbit Part III" qui secouera ses obsédants vers-d'oreilles jusqu'à la dernière seconde de “Herrscher im Orbit”. Les délicats coups d'enclumes aux tonalités astrales de Part II tintent jusqu'à son intro qui dévoile une superbe ligne de séquences aux ions sauteurs sur place. Des percussions martèlent un rythme aussi doux que lent alors qu'une autre ligne de séquences déploie des ions qui hoquètent en un aguichant filet stroboscopique. Et là, il y a les larmes de synthé. Des larmes qui chantent des couplets sinistres imbibés de mélancolie et qui, sans aucun avertissement, se logent dans l'oreille pour bien des heures plus tard. Alors que nos émotions sont à fleur de peau, un inattendu piano rêveur lance des notes morphiques qui cabriolent sur une hymne électronique déjà fort saisissant. Et ainsi vont les prochaines minutes de “Herrscher im Orbit”. Utilisant à satiété, et avec raison, la trame bouleversante de "Herrscher im Orbit Part III", Ebia trafique les parties suivantes en y apportant juste ce qu'il faut de modifications pour éviter toute redondance. Délicats et énigmatiques, "Herrscher im Orbit Part IV" et "Herrscher im Orbit Part V" rappellent autant les comptines machiavéliques de Mark Shreeve que les ambiances futuristes de Software. Et lorsque les percussions tombent, on suit la courbe de leurs émotions. Des moments très forts! "Herrscher im Orbit Part VI" nous rapproche un peu plus des élans cosmiques pleins de retenues de Jean Michel Jarre avec une structure liquéfiante où miroitent des étoiles liquides. Ce mouvement plus ambiant sert de rempart à "Herrscher im Orbit Part VII" et à sa structure de rythme calquée sur le squelette de Part I. Les solos changent la donne avec de superbes torsades qui roucoulent dans un intense environnement spatial. Ici comme ailleurs, un piano rêveur étend des bribes mélodiques avec des harmonies évanescentes qui se fondent aisément dans tout le décor harmonique de “Herrscher im Orbit”. On n'en finit plus d'être séduit. Plus ambiant, quoique très secoué par des frappes de percussions et les palpitations très synchronisées d'une ligne de basse assez sombre, "Herrscher im Orbit Part VIII" offre une approche nettement plus sinistre avec des hurlements de synthé qui ragent contre la lune. Un peu long mais on pardonne cet écart lorsque "Herrscher im Orbit Part IX" nous tombe dans les oreilles avec son furieux rock électronique très cosmique. On plonge littéralement dans les années de la synth-pop un peu plus progressive. "Herrscher im Orbit Part X" clôture “Herrscher im Orbit” en douceur. Le rythme reste ambiant et tournoie au gré des séquences qui déroulent une délicate mélodie lunaire dont la ribambelle charme autant nos oreilles que les doux solos de synthé très rêveurs. Ma blonde dit des préliminaires qu'il n'y a rien de plus beau! Je suis entièrement d'accord. Et ce dernier album d'Ebia est un long processus de préliminaires qui explosent une fois de temps en temps avant d'atteindre son nirvana avec "Herrscher im Orbit Part IX".“Herrscher im Orbit” est tout simplement enchanteur. Jörg Bialinska y dépeint une histoire cosmique où chaque pouce sonique est garni d'un bouquet électronique aussi rêveur que mélancolique. La très grande force de son dernier album est cette sensation d'entendre toujours les mêmes éléments, toujours la même rengaine quoi, sans en être totalement certain tout au long de ses 70 minutes. Et c'est là que la séduction, que la dépendance si j'oserais dire, devient un insidieux objet de culte et de fascination. On réécoute un titre, comme un autre, et on y entend toutes ces nuances qui caressent notre insouciance à se laisser dominer par une beauté onirique qui respire d'une éclatante approche lunaire aussi électronique que poétique. J'ai été totalement séduit (je vous le dit; ça demande 3 à 4 écoutes) et le suis encore. Une très belle œuvre d'Ebia!

note       Publiée le lundi 25 août 2014

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