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Bob Ostertag (b. 1957) › Say No More In Person (Say No More Project, 2/4)

cd | 2 titres | 42:35 min

  • 1 Say No More [26:35]
  • 2 Tongue-Tied [16:00]

extraits audio

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enregistrement

Enregistré en concert par Gerhard Wieser.

line up

Mark Dresser (basse), Gerry Hemingway (percussion), Phil Minton (voix), Bob Ostertag (b. 1957) (sampling)

remarques

Ce disque est le deuxième d’une série de quatre – le projet Say No More – basée sur un concept particulier - détaillé dans les chroniques - de transformations et d'interprétations, réinterprétations successives de la musique, ainsi jamais fixée, jamais destinée à devenir "version définitive". Il est suivi, dans ce cycle, des albums Say No More In Person (live), Verbatim (studio) et Verbatim Flesh And Blood (live). L'ensemble des quatre volets du projet est téléchargeable (piste par piste) sur le site de l'artiste (se reporter au lien ci-contre).
L'édition double-CD Seeland de 2002 regroupe les deux premiers volets du projet : l'album "studio" Say No More et son interprétation en concert, tous deux sortis à l'origine en 1993.

chronique

Le titre dit bien l’idée : "In person". En personne et en direct. Idée simple mais riche – risquée, latitude laissée aux surprises de l'intuition au moment de prendre corps. Ce disque – et l’enregistrement, là, est bien plus qu’une simple trace, qui fixerait l’étape pour la laisser ensuite intouchée – est le second d’un projet dont l’essence même est de ne pas se figer, de déjouer les rôles – compositeurs, lecteurs ou improvisateurs… – de jouer avec, comme aussi avec la mémoire, le "sens" – "direction" autant que "signification" – des restitutions, appropriations, interprétations ; de poser comme marge ce qui autrement pris pourrait s’appeler erreur, d'y appeler ; de tourner les cadres en espaces à parcourir, à dépasser… Say No More (tout court) – disque sorti plus tôt cette même année 1993 – était, déjà, une curieuse création. Bob Ostertag, après avoir sollicité auprès de quatre musiciens des improvisations en solo, absolument libres, données sans rien entendre de ce que joueraient, jouaient, avaient joué les trois autres, avait "écrit" – monté de toute pièce, assemblé, articulé, à partir de ces matières à priori disparates – deux compositions, deux plages nouvelles, cohérentes et autonomes. Avec en tête, avait-il précisé, le souci de préserver les singularité de chacun, les traits reconnaissables des musiciens, leurs caractères ; et celui, aussi, de ne pas réduire ce qu’il en résulterait à une simple somme de tics, de balises, de marquages, de signes artificiellement emboîtés, animés comme des mobiles. Ceci fait – et In Person nous donne à entendre ce passage, cet autre pas – Ostertag a confié à chacun des musiciens – à l’exception de Joey Baron, dont la partie est donc ici confiée de bout en bout à Gerry Hemingway – un enregistrement des deux plages ainsi "inventées", ainsi qu’une partition dont rien ne nous est dit sinon la forme "hautement inorthodoxe" (et on veut bien le croire tant de toute évidence la musique alors entendue n’est pas notable selon les moyens d’un quelconque connu solfège). À chacun revenait d’apprendre ces lignes, modules, masses, vitesses… issus de sa contribution première mais transformés, affiliés maintenant aux autres. Un concert serait ensuite donné – après une brève, unique répétition – où seraient jouées ces pièces, cette fois en commun pour de bon, sans assemblage ultérieur, tous immergés, engagés dans l’écoute. Un élément aussi, fait marge, fait espace à l’accident – et c’est sans doute ce qui rend ce passage en scène si vivant, l’exempte d’un rendu "symétrique", du simple exercice d’inversion, d’exécution. C’est que certains passages des versions "studio" – qui superposaient des fragments, des boucles, les rendaient simultanés – sont par nature impossible à rejouer tels quels sans le soutien des machines, sans multiplications informatiques, duplications de signal. De là vient l’attention nécessaire, la place ouverte à l’imagination – en parcourant cette topographie, son plan mémorisé – afin de passer cet obstacle, cet "infaisable" ; plutôt : de s’en emparer comme d’un appel à tisser, à en nouer et relâcher autrement les fils, à infléchir les angles pour se rapprocher de ce qu’ils savent et se souviennent des trajectoires suivantes, des points de convergence et des lancées d’après. Pas pour leur obéir mais pour les accomplir. Ostertag, d’ailleurs, n’intervient pas – avec son sampler chargé des bribes de la première "phase" – sur Say No More, le premier des deux morceaux (celui où, par ailleurs, Gerry Hemingway, donc, "reprend" les parties initialement jouées par Joey Baron). Sans doute – d’autant que c’est sur ce titre que la batterie, en particulier, est au départ la plus "inhumaine", le plus évidemment remodelée, fragmentée et ressoudée par l’électronique – cela rend-il la performance plus… Tendue, concentrée, "dangereuse". Moins propre à ressasser, certes, une partition qui ne serait que texte à réciter ; plus exposée, aussi, à devenir une simple course, une surenchère, une tentative absurde d’égaler ces mécaniques absentes. C’est autre chose qui survient – là comme sur Tongue-Tied, la deuxième plage, où cette fois-ci, Ostertag réintroduit des bribes des improvisations initiales ou des compositions qu'il en avait tiré (il ne nous est pas dit si ce sont les unes ou les autres). Une autre fluidité. Une chaleur qui gagne – attentive, disions-nous, substance investie de l’écoute, par l’écoute. Le passage – parce qu’encore, oui, il est plus qu’un passage, mieux qu’une rigide translation – réussit, le changement de dimension. Nul doute, à les entendre, que ces quatre-là y ait trouvé le lieu d’une autre excitation, un terrain inédit ; pas étonnant, non-plus, qu’à écouter ce disque après son précédent une impression nous trouble : celle d’un familier qui résonnerait ailleurs, nous déplacerait avec lui autours et hors de ses repères.

note       Publiée le dimanche 24 août 2014

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