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Peter Gabriel › Ovo

  • 2000 • Real world PGCD9 7243 8 49540 00 • 1 CD

12 titres - 62:00 min

  • 1/ The story of ovo 5.21
  • 2/ Low light 6.37
  • 3/ The time of the turning 5.06
  • 4/ The man who loved the earth/the hand that sold shadows 4.15
  • 5/ The time of the turning (reprise)/the weavers reel 5.37
  • 6/ Father, sdon 4.55
  • 7/ The tower that ate people 4.49
  • 8/ Revenge 1.31
  • 9/ Whites ashes 2.34
  • 10/ Downside-up 6.04
  • 11/ The nest that sailed the sky 5.05
  • 12/ Make tomorrow 10.01

remarques

chronique

Pour apprécier cet album à sa juste valeur, il faut le prendre d’abord pour ce qu’il est : une œuvre de commande. «At the end of 1997 I was invited by Mark Fisher to join him creating a visual and musical experience for London’s Millenium Dome».. «Ovo» est donc une musique qui se veut centrale, mais aussi en support d’un spectacle visuel. Certaines longueurs, facilités efficaces ou redites, ici, relèvent ainsi plus des particularités de la musique de film que du laisser-aller. Soucieux de coller à son sujet, mais décidé à faire du Peter Gabriel (car c’est aussi ce qu’on lui demande), le musicien expose son savoir-faire éprouvé, mais arrive à surprendre à l’occasion dans une recherche, très respectable, de modernité . Modernité de style avec le trip-hop acoustique d’ouverture, rappé par Rasco et Neneh Cherry, ou un didgeridoo virtuose tient lieu de scratch et où le balancement de sorcier africain du mot titre me fait immanquablement remuer la tête comme un zébu… modernité électronique avec «The tower…», à la guitare hautement sonore et aux textures nombreuses, voix trafiquée, qui se déforme dans une deuxième partie sous l’arrivée d’un thème harmonique élévateur typiquement Gabrielien. La vieille voix du maître d’œuvre achève le morceau, cernée par les électroniques et juste soutenue d’une space guitar. L’étouffée bruitiste et tribale «White ashes» fait partie des autres curiosités du recueil. Le reste est naturellement doux et atmosphérique, en écho à son statut de support sonore : «Low light», à l’intro minimaliste un peu interminable mais à l’entrée de voix légère et émouvante, à l’outro de basse obscure inquiétante, «The time of the turning» où la voix chargée d’années de Richie Havens raconte un couplet triste, à la boîte à musique et traits fantomatiques, avant qu’une ligne féminine lumineuse ne lui succède sur fond d’archets et de pizzicati… la ballade pianistique «Father son», «The nail that sailed the sky», instrumentale minimale et aérienne, et enfin le très bon «Make tomorrow», longue pièce simple et touchante, entièrement basée sur l’augmentation progressive d’arrangements sur la base d’une mélodie mélancolique et porteuse. Les voix se succèdent, les passages intrumentaux ne cherchent que l’élégance mais la trouvent… et la prévisible ampleur finale est à mon goût très réussie car finalement contenue, et assez osée du point de vue sonore. Si l’on excepte le dispensable, «Downside-up» qui part pourtant très bien, la reprise inutile de la première piste pour «The man…», qui ne diffère de l’originale que par la présence d’un solo de Didgeridoo en lieu et place du rap, et que l’on accepte avec plaisir la facilité réjouissante de l’écossais et cornemusé «The weavers reel» qui finit en déchaînements de percussions et cuivres synthétiques… on tient là un album qui réussit là où Us avait échoué. Un patchwork, l’exposition variée des divers talents et systèmes d’un bonhomme qui n’est peut-être plus un tortueux visionnaire, mais toujours un bidouilleur cultivé, délicat et perfectionniste. Un disque coloré qui renferme beaucoup de moments simples, beaux et limpides.

note       Publiée le dimanche 16 juin 2002

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Ramon › dimanche 7 juillet 2013 - 15:45  message privé !

Un disque relativement lumineux pour une oeuvre du Gab et au bout du compte très agréable.

Note donnée au disque :       
Eskhaton › mercredi 14 juillet 2004 - 23:16  message privé !
Au contraire, je trouve que "Downside-Up" est un très bon morceau... Pour ceux qui, comme moi, attrapent des boutons en écoutant du rap, ne vous basez pas sur le premier titre (qui n'est vraiment pas si terrible et même assez sympathique) pour vous faire une idée, ce serait une bien belle erreur ... C'est sûr, Peter Gabriel sait faire de la musique et on reconnaitra, facilement et avec bonheur, son empreinte. Ce disque tape dans plusieurs domaines, musique d'ambiance, pop, rap, world music, ... et est très agréable. A écouter au moins pour ne pas mourrir trop idiot.
Note donnée au disque :