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Craig Armstrong › As If to Nothing

cd • 15 titres • 69:01 min

  • 1Ruthless Gravity05:53
  • 2Wake Up in New York03:30
  • 3Miracle03:21
  • 4Amber05:10
  • 5Finding Beauty03:40
  • 6Waltz05:17
  • 7Inhaler04:59
  • 8Hymn 204:49
  • 9Snow03:54
  • 10Starless II04:37
  • 11Stay (Faraway, So Close)06:02 [reprise de U2]
  • 12Niente04:49
  • 13Sea Song06:14
  • 14Let It Be Love03:49
  • 15Choral Ending02:49

extraits vidéo

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enregistrement

Produit, composé et arrangé par Craig Armstrong

line up

Craig Armstrong (programmation, claviers, piano, guitare), Mike Brittain (contrebasse), Jake Davies (programmation), Paul Kegg (violoncelle), Peter Lale (alto), Martin Loveday (violoncelle), Stephen Hilton (programmation), Ali Mc Leod (guitare), John Paricelli (guitare), Richard Norris (programmation, claviers), Jan "Stan" Kybert (prootools), David Donaldson (programmation), Cecilia Weston (chef d'orchestre), Anthony Pleeth, Ben Chappell, Dave Daniels, Frank Schaefer, Naomi Wright, Sophie Harris, Tony Lewis (violoncelles), Chris Laurence, Leon Bosch, Mary Scully, Paddy Lannigan, Paul Morgan, Simon Benson (contrebasses), Bill Benham, Bob Smissen, Bruce White, Don McVay, Gustav Clarkson, Ivo Van Der Werff, Kate Musker, Katie Wilkinson, Laurence Power, Tim Grant (altos), Bill Benham, Bob Smissen, Bruce White, Don McVay, Gustav Clarkson, Ivo Van Der Werff, Kate Musker, Katie Wilkinson, Laurence Power, Peter Lale, Tim Grant (violons), Lindsay Shilling (trombone), Andy Crowley, Paul Archibald (trompette), Andy Findon, Nina Robertson (flutes), Fiona Hibbert (harpe), Stephen Henderson (percussions), John Anderson (hautbois), Simon Chamberlain (piano)

Musiciens additionnels : Mogwai (3), Photek (programmation, claviers 8), Evan Dando (chant 2), Steven Lindsay (chant 14, choeurs 2), Hanif Khan (tabla 2), Swati Natekar (chant 3), Antye Greie-Fuchs (voix 6), Catherine Bott (soprano 8), David McAlmont (chant 9), Bono (chant 11), Wendy Stubbs (chant 13)

remarques

chronique

Craig Armstrong a un faux air de Jacques Toubon. Et en plus il est Ecossais. Avouez que ça fait beaucoup pour un seul homme. Heureusement, Craig Armstrong a bon goût. Enfin pas seulement. Si il affectionne les atmosphères grise, plombées et dramatiques, il n rechigne pas non plus devant des mélodies au piano simplettes dignes de figurer dans une vieille compile de Clayderman. Ok, je suis non seulement un peu dur mais aussi désespérément incapable de faire référence à des ringards contemporains, datant du même coup les années de mon enfance et ainsi dévoilant un âge qui s'approche dangereusement de celui où on regarde les filles de quinze ans de moins que soit dans les rues. En plus c'est l'été. Du coup, histoire de plomber ma libido, rien de mieux que la grisaille de Glasgow, et ce deuxième album orienté "pop", pour dire vite, du compositeur révélé au grand public par la BO du très clinquant Moulin Rouge rempli parfaitement cet office. Et ce dès la première piste, peut-être la meilleure, déroulée au son d'un bleep indifférent, les arrangements de cordes emphatiques et sombres d'Armstrong heurtés par des beats industriels, grosse ambiance menaçante et paranoïaque. L'album oscille entre ce genre de pistes strictement instrumentales, comme l'impressionnante "Inhaler" qui attaque son sujet de front, et un "Niente" tout en tension retenue prête à se libérer à tout moment, un belle démonstration de trip-hop orchestral, cinématique (on ne peut pas éviter les truismes très longtemps avec ce genre de musique) mais suffisant à lui-même dans sa production d'une atmosphère forte, poisseuse, électrique et grandiose sans être pompeuse. Bon, bien sûr, il sort aussi une ou deux mélodie pianistique foireuse. Il ne peut pas s'en empêcher, et c'est dommage car les arrangements de "Amber" sont par ailleurs assez intenses. Sans parler de la bonne sousoupe servie par David McAlmond ou Steven Lindsay, invités parmi la cohorte appelée en renfort par Armstrong, déjà couru du côté d'Hollywood. Qui c'est qui peut se payer Bono , hein ? People-cred le featuring. Ceci dit, cette version de "Stay (Faraway, So Close)" sonne finalement beaucoup plus sobre et habitée qu'on aurait pu le redouter, sans accéder cependant à la sublime mélancolie de "Wake Up in New York" interprétée par Evan Dando, le beau blond des Lemonheads, digne de figurer dans une anthologie des grandes mélopée urbaines déprimée, quatre ou cinq lexo par couplet et c'est marre. Autre moment de grâce trip-hopesque et aquatique, une magnifique "Sea Song" portée par la voix délicate de Wendy Stubbs, une des deux sirènes d'Alpha, formation bristolienne à l'élégance jamais démentie. Comme quoi, le bonhomme a quand même du goût, malgré sa propension à en foutre un peu partout à l'occasion. Entre la tension et le neuneu. Un peu comme ses collègues de Glasgow, les post-rockeurs de Mogwai qu'en bon régionaux de l'étape, il invite sur un titre sans que leur contribution soit particulièrement notable, éclipsée par le chant halluciné (et indien) de Swati Natekar. Autre mélange à moitié convaincant seulement, le glacial Photek dont les ambiances spatiales désolées suffiraient largement à elles-mêmes sans un chant de soprano qui se pose là comme un cheveu sur la soupe du coup limite new-age, sombrex certe, mais quand même. Au moins le père Armstrong tente des trucs, comme superposer ses arrangements de cordes reconnaissables avec une lecture informatisée de la mystérieuse poétesse cybernétique Antye Greie-Fuchs. Et fallait oser s'attaquer à un sample aussi magique que celui du tout premier riff de Starless du King Crimson, qu'il utilise de fort belle manière en gardant intacte tout sa tension et en se concentrant avant tout sur sa puissance mélodique, décalquée par l'orchestre sur ces quelques notes immortelles. Culotté l'écossais, un foirage aurait constitué un outrage suffisant pour condamner l'ensemble déjà par moment bien surchargé en saccharose. Mais non, ça tient debout. Après cet album, trop long, foutrement inégal, le gars se concentrera presque uniquement sur les bandes-originales de film, laissant derrière lui cette période où il était encore rattaché à une scène trip-hop moribonde, où il était "le gars qui avait bossé avec Massive Attack". Un souvenir d'une époque bien révolue en somme.

note       Publiée le samedi 2 août 2014

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Note moyenne        5 votes

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SEN › jeudi 7 août 2014 - 19:30  message privé !

ça fait quand même beaucoup de chiant pour 2/3 morceaux qui sortent du lot ! Même 3 boules je trouve ça généreux, son premier album était quand même plus sympa !

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(N°6) › dimanche 3 août 2014 - 14:25  message privé !
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C'est un peu ça. Les notes sont d'autant plus absurdes quand elles consistent à faire des moyennes. Les deux premiers titres, "Starless II" et "Sea Song" sont des petites merveilles. Mais ça flotte à la surface d'un drôle de minestrone pas toujours ragoutant.

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zugal21 › dimanche 3 août 2014 - 14:15  message privé !

Contient des pépites à cinq-six boules parmi le continuum parfois un peu chiant ; par contre, au taf, ou je n'arrête pas de calculer des trucs, il fait vraiment merveille en fond sonore, sans ironie le dis-je

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