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Faith No More › We care a lot

lp • 10 titres

  • 1We Care A Lot
  • 2The Jungle
  • 3Mark Bowen
  • 4Jim
  • 5Why Do You Bother
  • 6Greed
  • 7Pills For Breakfast
  • 8As the Worm Turns
  • 9Arabian Disco
  • 10New Beginnings

line up

Mike Bordin (batterie), Roddy Bottum (claviers), Billy Gould (basse), Jim Martin (guitare), Chuck Mosley (chant)

remarques

chronique

Incroyable qu'il manque ce disque sur Guts ! Le meilleur Faith No More ! Quand le groupe faisait du post-punk de skaters funky et dépressifs ridant sur les tombes de leurs grands parents. Rétrospectivement c'est assez impressionnant de voir à quel point le groupe est devenu « fun » avec l'arrivée de Michael Patton. Parce qu'ici, certes ça sautille, mais avec tristesse. Impossible de s'y méprendre, avec ce synthé véritablement lugubre. Essayez, pour voir, de retirer les riffs de basses hyper dansants, et la batterie itou, et de garder juste cette petite mélodie de fond. Ambiance funérailles, vous trouvez pas ? Funérailles du désespoir, où l'on arrive bourré comme un coing pour se donner de la force pour supporter les gueules de famille, sur lesquelles on n'hésite même plus à frapper du poing pendant l'éloge du rabbin. Pour un premier album, ça sent sévèrement le roussi, l’énergie du désespoir, l'alcool mauvais des habitués, l'haleine chargée et les chicots défoncés par les médicaments. Notre génération ne doit pas se laisser blouser ; voir ce qui est dissimulé derrière les futurs apparats de musique sympa – celle qu'on connaîtra des années plus tard, des tubes en pagaille – parce qu'il est question ici de cette chose gutsienne qui s'appelle la déambulation. Godard disait, à propos de la tristesse infinie du réel, qu'il n'y avait pas de musique pour vous accompagner quand vous marchiez dans la rue. Le bougre n'avait pas prévu les baladeurs cassette. Ce premier album de Faith No More, c'est votre compagnon ultime quand vous rentrez tard le soir, seul, parce que vous avez raté le dernier métro, parce que le bus de nuit passe dans deux heures, parce que vous avez du mal à marcher droit, que la route se fait sinueuse, au gré de vos ruminations sur cette femme que vous auriez aimé ramener chez vous, de cet échec que vous ne comprenez pas tellement vous les accumulez. Il faut dire que Chuck Mosley, dans le genre copain pas très rassurant, il se pose là. Le genre copain imprévisible qui vous paye une bière après un coup de boule. Chuck Mosley vous ne l'avez jamais vu avec une gonzesse, contrairement à ce bassiste, là, ce batteur, avec leurs petites gueules à soulever de la facile de concert. Chuck est trop bousillé pour tenir une conversation, après un concert. Tellement qu'il se fera virer du groupe, trois ans plus tard, au profit d'un beau gosse juif-italien qui va bien (qu'on m'explique cette pochette, au passage). Chucky grogne, vocifère, raconte n'importe quoi de thématiques souterraines, à la David Yow. Sur le final de Why do you bother (le titre, déjà !), annonciateur de la déliquescence, les bandes de la musique qui se déroulent et s'enroulent, avant la marche funèbre. The Jungle, new wave qui évoque Killing Joke. Marc Bowen, qui débute comme du Joy Division et se finit comme du Bad Brains suicidaire (Chuck a d'ailleurs chanté chez les Bad quelques temps). As the worm turns, qui ressemble à un tube new wave, la mort en plus (ce titre, encore !). Le groupe le réenregistrera avec Patton, pour un résultat rigolo et sympa. C'est problématique. Ça l'est tellement, pour le groupe ! Qui se refuse la plupart du temps à jouer un quelconque morceau de cet album, hormis l'imparable We care a lot (qui reste le titre le plus rigolo et sympa, donc). Parce qu'ici tout est pourri, tout est sale, ça ne colle pas avec l'ambition. C'est pour ça que je vous disais qu'il s'agit du meilleur Faith No More. Le plus authentique, le plus viscéral, le plus gutsien assurément, sans fard à paupières. Sur le suivant, déjà, balisant les routes d'une fusion, d'un funk brutal, où l'on perçoit les envies d'avenir des autres membres du groupe, laissant Chuck à ses mornes préoccupations. Chuck, resté en 1985 pour toujours, son ombre délimitée par du mauvais alcool, quand il avait encore des copains. Eux sont partis sous un soleil de plomb, toi tu as fusionné avec le goudron.

note       Publiée le lundi 21 juillet 2014

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notes

Note moyenne        19 votes

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GrahamBondSwing › mardi 26 mai 2020 - 21:25  message privé !

Une des mes motivations à toujours écouter de nouvelles choses (même si ce n'est pas des nouveautés, vous me suivez ?), c'est de trouver des tubes, C'est-à-dire un morceau qui s'impose de lui-même, qui te rentre dans la tête à la première écoute, pour ne plus en sortir... Toutefois, en matière de tube, il faut séparer le bon grain de l'ivraie, "la Macarena" de "California Dreamin'", "A la queue leu leu" de "Born to be wild", bref le bon du mauvais chasseur. Ensuite, dans cette quête sans fin, il y a les fois où on en trouve un genre "Mais voui, ça me dit bien qqchose ce truc, c'était eux en faîte, putain c'est ouf, trop fort" et puis les fois où c'est la découverte totale, et ça... c'est beau ! (comme dirait JCVD). Conclusion : "As the worm turns" est un tube énorme, indiscutable, à te faire mettre la sono à donf, à te donner la chair de poule, à te donner envie de demander à la lune si elle veut encore de toi...

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Raven › vendredi 1 mai 2020 - 03:10  message privé !
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Au panthéon des Eighties.

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Twilight › dimanche 16 février 2020 - 22:27  message privé !
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Cette chronique me rappelle que même si j'aimais Faith No More dans les 90's, je ne retiendrai au final que celui-ci que je redécouvre en plein ces temps-ci. Le plus post punk du lot assurément.

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taliesin › mardi 9 juillet 2019 - 08:35  message privé !

4,5 boules pour moi, car je le trouve un poil au-dessus du suivant !

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boumbastik › lundi 3 octobre 2016 - 12:15  message privé !

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