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Einojuhani Rautavaara (b.1928) › Concerto pour violon et orchestre

  • 2009 • Ondine ODE 1156-2Q • 4 CD

cd • 2 titres • 68:21 min

  • Concerto pour violon et orchestre (1977) | 24:11
  • 1I. tranquillo12:53
  • 2II. energico11:18
  • Concerto pour violoncelle et orchestre (1968) | 17:33
  • Concerto pour contrebasse et orchestre "angel of dusk" (1980) | 26:19

enregistrement

Enregistré en mars 1996 au Finlandia Hall, Helsinki; Reijo Kiilunen (producteur executif); Seppo Siirala (producteur); Enno Mäemets (ingénieur)

line up

Elmar Oliveira (violon); Helsinki Philharmonic Orchestra; Leif Segerstam (direction)

remarques

La tracklist fait référence au premier CD du coffret "rautavaara concertos" chez Ondine. Même si je recommande l'acquisition du coffret, je ne peux que reconnaître que le concerto pour violoncelle, mais pire encore "Angel of dusk", concerto pour contrebasse, ne font pas partie des plus grandes réussites de Rautavaara. Cette version de Segerstam est également disponible en CD simple, couplée avec "Lintukoto" et "Angels and visitations" chez Ondine, ODE881-2.

chronique

Styles
musique classique
moderne
romantique
Styles personnels
néo romantisme nordique de haute volée

Oeuvre inquiète, chant de solitude et de tristesse d'un instrument qui erre sur le silence, le concerto pour violon de Rautavaara est à compter parmi les plus belles réussites de son auteur. Musique hivernale, située tout au nord du monde, là où le ciel et la terre se confondent dans des nuances de blancs en de vastes étendues désertes et froides, la partition se présente comme le long monologue d'une voix perdue à la recherche d'un compagnon, d'une écoute à ses plaintes, depuis les larmes les plus lentement exprimées qui étirent leur expressivité douloureuse dans le néant sonore, jusqu'à ses poussées de virtuosité, qui sonnent comme une révolte désespérée contre l'intense solitude environnante. De fait, malgré ses accès de célérité frénétique, l'"energico" ne viendra pas rompre le sentiment d'affliction qui domine la pièce. L'agitation qui ouvre ce deuxième mouvement est d'ailleurs illusoire, brève, et pour ainsi dire sans séquelle; un combat entre le violon et quelques groupes d'instruments qui à peine entamé s'éteint brusquement, comme sous l'effet de chloroforme. A la tête d'une partition soliste d'une extrême finesse, étrange et délicate, Rautavaara distille ses effets symphoniques avec une pondération absolument remarquable. L'orchestre est ici particulièrement retenu, absent en apparence, n'offrant à l'occasion qu'un ou deux instruments en miroir au violon égaré : une flûte volatile et insaisissable qui passe comme un oiseau, une harpe aux éclosions harmoniques irréelles et mystérieuses, plongeant le malheureux soliste dans une atmosphère chaque fois plus fantasmatique. Tout au long de son vol solitaire, le violon va croiser les ombres austères des cordes basses, la procession solennel des trombones, se heurter à de rares événements de percussions éparses venues gêner ses diatribes; par petites touches, par scintillements, le vibraphone, la harpe ou la cloche finissent d'émerveiller l'acoustique soyeuse et diaphane de cette musique hyperboréale. Silhouettes, rumeurs, en arrière plan le fantôme de l'orchestre n'apparaît que pour approfondir la tristesse du soliste, noircir sa peine ou inquiéter d'une vibration harmonique nocive cette atmosphère à l'air raréfié, dans laquelle le violon déroule sa pulsion de vie et d'existence... au milieu de cette partition résolument déserte, les quelques climax orchestraux, si brefs soient-ils, prennent une ampleur dramatique et visuelle saisissante. Durant près de 25 minutes, l'oreille est comme happée par la voix peinée du violon, seule présence, seule histoire dans ce décor de givre; on la suit, on l'accompagne, on entend sa douleur, on récolte ses larmes et perçoit sa fatigue; on sent la déraison qui finit peu à peu par s'insinuer au travers des virtuosités reliquats, par lesquelles l'instrument s'évertue à survivre... l'ultime réveil de tension rythmique qui clôt finalement la pièce n'apparaît plus que comme une tentative désespérée, un dernier combat contre le sommeil, le silence et l'oubli. En équilibre parfait entre l'émotion et le pictural, entre la tristesse et l'austérité, le mélodisme et l'abstraction, le finlandais signe une oeuvre hypnotisante, aérienne et glacée. Musique limpide, triste et onirique, pas si loin de l'inaccessible Sibélius, ce concerto pour violon est un incontournable dans l'oeuvre de Rautavaara.

note       Publiée le samedi 19 juillet 2014

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