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Mayhem › Esoteric Warfare

cd | 10 titres | 52:00 min

  • 1 Watchers
  • 2 Psywar
  • 3 Trinity
  • 4 Pandaemon
  • 5 MILAB
  • 6 VI.Sec.
  • 7 Throne Of Time
  • 8 Corpse Of Care
  • 9 Posthuman
  • 10 Aion Suntelia

line up

Attila Csihar (chant), Hellhammer (batterie), Teloch (guitare), Necrobutcher (basse)

chronique

Styles
metal extrême
black metal
Styles personnels
bm moderne micro-ondé

Pas facile de survivre à son propre succès. Combien de pauvres groupes délaissés par leurs amateurs à la suite d’un excellent disque, dont il ne sauront ensuite reproduire l’équivalent ? Mayhem a sorti un "classique" : "De mysteriis dom sathanas", posant un des piliers architecturaux du monument black-metal. Puis, avec plus ou moins d’irrégularité, il a enchaîné des sorties plus ou moins convaincantes, les ponctuant souvent d’un ou deux fait divers à scandale pour déchaîner la presse. En réalité, au cours de son existence tri-décennale, le groupe n’a toujours joué qu’une et une seule carte : celle de l’insolence. Jamais à court de surprises, de pied-de-nez et coups de théâtre, le renouvellement a sans cesse été à l’ordre du jour, n’en déplaise aux fans des premières heures. Fort de cette attitude non-orthodoxe et fuyant les voies faciles, Mayhem était passé de co-fondateur du genre à la tête du peloton d’innovateurs d'un black dernier cri, se faisant le chantre de la difficulté d’accès et de l’obscurité conceptuelle, avec "Ordo ad chao". Mais l’alchimiste créateur, celui qui autrefois trouvait une des plus fructifiantes formules du black dans son laboratoire norvégien, qui eût cru qu’il se mette lui-même à imiter ses plus jeunes disciples ? D’abord certes proche (toute proportion gardée) d’un Blut Aus Nord sur "Ordo ad Chao", ce dernier effort, "Esoteric Warfare", emprunte autant à Portal qu'à Deathspell Omega. Quand on se pose la question de l’origine de telles influences, toutes les têtes se tournent vers le nouveau venu à la six-cordes : Teloch, un fanatique exaucé, par ailleurs impliqué dans des projets moins captivants. Et c’est effectivement là que le bât blesse : si la musique dans son ensemble propose son lot de riffs efficaces, d’arpèges glauques et de religieuses ambiances, rien de tout cela ne fait preuve d’une personnalité affirmée. Tout d’abord, à l’intérieur même de Mayhem, car le jeu de Teloch ne se démarque pas de façon révolutionnaire par rapport à celui de Blasphemer ; et d’autre part, car les influences extérieures se font lourdement sentir. Sous son apparat cradingue et abscons, derrière ses guitares acérées ou virevoltantes et ses palm-mutes incessants, au-delà même de ses breaks improbables et excursions aux frontières des genres (brutal death, doom, accalmies à la Deathspell (sur "Posthuman", au hasard)), cet "Esoteric Warfare" hume fortement le pot-pourri. Pas grand chose qui n’ait été entendu auparavant, chez eux-mêmes compris. Attila est toujours aussi changeant que talentueux, mais beaucoup moins givré. Hellhammer fait la même sinécure que d’habitude, avec un son plus organique, en plagiant au passage quelques plans récents de chez Abigor. Necrobutcher, fondu sous les masses guitaristiques, est discret comme une carpe. Et pourtant, Mayhem reste efficace, intéressant, sobre. Il a ses moments de bravoure sur "Watcher", "Psywar", ses moments de folie kénôsienne sur "Aion Suntelia", ses sirènes d’alertes aux populations sur "Trinity", son missile skud sur "Throne of time"… Rien cependant qui ne soit en demi-teinte, mais toujours avec ces titres accrocheurs, ces vocaux écharpés ou grand-guignol, cette batterie survoltée. Un bon disque d’un grand groupe qui a perdu son identité, et qui se jette à corps perdu sur les terrains tout juste défrichés par des disciples plus ingénieux.

note       Publiée le mercredi 9 juillet 2014

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chronique

Styles
metal extrême
black metal
Styles personnels
moderne et opaque

Mayhem de retour en 2014, 7 années après leur énigmatique mais super intéressant "Ordo ad chao". 7 années pour lui pondre un successeur mais surtout 7 années durant lesquelles le principal compositeur, Blasphemer, a quitté le navire. Et cela n'est pas sans conséquences. De nombreux guitaristes se sont d'ailleurs succédés et le groupe est finalement passé de quartette à quintette. Après plusieurs années sans grande activité, le groupe est sorti de son silence en 2014 avec cet "Esoteric warfare". Quand on connait l'histoire du groupe, on sait que les norvégiens ont toujours voulu innover et créer de nouvelles atmosphères. Avec tous ces changements de guitaristes ainsi que le départ de Blasphemer, on pouvait légitimement penser que cela allait encore accoucher d'un disque particulier. Le trio Hellhammer/Necrobutcher/Attila est toujours aux commandes et n'a toujours pas changé de philosophie en ne s'occupant pas de la composition. C'est donc Teloch, l'un des nouveaux venus, qui s'est chargé de l'écriture complète de ce nouvel album, Attila s'étant chargé des paroles. Et au final, on a quoi ? Un disque finalement très proche d'"Ordo ad chao". Pour faire simple, on va dire que c'est grandement inspiré de cet album, sans le génie ni le talent. Teloch essaye au maximum de rester fidèle aux compositions de Blasphemer. Mais franchement, ce disque est totalement raté. On nage dans la même ambiance, on retrouve les mêmes types de riffs, cette atmosphère claustrophobique, toujours avec ce chant si particulier d'Attila (qui, soit dit en passant, ne s'est vraiment pas foulé niveau paroles). C'est opaque, noir avec un son gras, mais que le disque est linéaire ! J'aurais préféré que le groupe soit plus inventif et utilise un peu mieux le fait d'avoir un nouveau compositeur pour proposer quelque chose de plus aventureux ou plutôt, de plus diversifié vis-à-vis de leurs précédents albums. On sent vraiment que le groupe n'a pas travaillé outre mesure ce disque. On retrouve ces titres ultra-bourrins et magmatiques avec d'autres plus mystiques, lents, dans la droite lignée de l'énorme "Illuminate eliminate" du précédent album. Là, il n'y a aucune inspiration, rien ne ressort de l'écoute de cet "Esoteric warfare". L'atmosphère globale est bonne, Hellhammer est admirable une fois de plus derrière les fûts, le rendu est vraiment agressif mais est indigne de la légende de ce groupe. Attila est pourtant un chanteur extraordinaire, il le prouve encore sur scène avec des performances ahurissantes, mais là, son talent, ainsi que celui d'Hellhammer, est gâché. On a vraiment l'impression que le groupe s'est senti obligé de sortir un disque parce que, "quand même, 7 ans depuis 'Ordo ad chao', c'est long..." Mais en fait, on préfère que le groupe se contente de faire des concerts plutôt que de se forcer à sortir un disque sans saveur. Non, vraiment, ici, Mayhem s'est complètement loupé.

note       Publiée le mercredi 16 septembre 2015

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p2h › mercredi 15 avril 2015 - 22:50  message privé !

je m'attendais à tellement pire que j'ai été agréablement surpris.

Note donnée au disque :       
enslaver_666 › mardi 29 juillet 2014 - 21:23  message privé !

Mayhem sait se laisser désirer et à chaque fois, on sait que la pilule sera difficile à avaler. Cinquième album en 30 ans de carrière mais aussi, l'œuvre qui présente la 3e génération au poste de guitariste. Teloch a la lourde tâche de succéder à Euronymous et Blasphemer, comme musicien, mais aussi comme compositeur principal du groupe. Musicalement, "Esoteric Warfare" trouve sa couleur dans un mélange de ses deux prédécesseurs. On entend le côté crue, tranchant et précis de "Chimera" mais aussi, il y a le désordre de "Ordo Ad Chaos". Teloch est parvenu à rester fidèle aux dernière œuvres mais cela fait aussi partie du problème: il a trop voulu plagier Blasphemer, sans chercher à amener sa touche personnelle, comme l'ont fait ses prédécesseurs. Il a été avoué que Teloch a jeté l'équivalent d'un album entier avant d'écrire celui-ci, car il jugeait le matériel trop black old school donc, pas digne de succéder à "Ordo Ad Chaos". "Watcher" et "Psywar" sont des titres très intéressants mais rapidement, le groupe semble se perdre dans une suite de compos qui se ressemblent toutes, dont certaines sonnent comme de longues interludes sans saveur, avec Attila en délire. Teloch pond des riffs certes complexes mais toujours un peu semblables. "Esoteric Warfare" est pour moi un album qui sonne trop calculé, impersonnel, forcé et qui manque de moment marquant. Le temps me fera peut-être mentir...

Note donnée au disque :