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Mohammad Reza Lotfi › Ey Asheghan

numérique | 5 titres

  • 1 Pish Daramad Khorooshe Yar
  • 2 Saz O Avaz
  • 3 Goftam Ghame To Daram
  • 4 Saz O Avaz
  • 5 Ey Asheghan

line up

Mohammad Reza Lotfi (setar), Mohammad Motamedi (chant), et les autres ?

chronique

Styles
world music
Styles personnels
iran mystique

Internet est une révolution. Savez-vous seulement à quel point il est difficile de mettre la main sur cette musique d'Iran, cette musique traditionnelle, d'y mettre la main de manière physique ? C'est pratiquement impossible. Et c'est d'autant plus agaçant qu'il s'agit ici d'enregistrements récents ! A la limite c'est même plus facile de choper des vieux vinyles que des sorties récentes, malgré les efforts contradictoires du Mahoor Institute – qui dépend de l'Etat, ça se mord la queue. Et c'est bien dommage, car il y a tellement de pépites... Cet énième album de Lotfi, par exemple. Enregistré en 2007. Introuvable ! C'est pas faute d'y avoir un certains Motamedi dessus – Motamedi qui, peu de temps après, arpentera quelques villes de France pour le plus grand plaisir de votre serviteur. Lotfi et Motamedi, donc, à leurs débuts, peu avant l'association de malfaiteur du Sheyda Ensemble. « Ey Asheghan » est en tout point exemplaire, comme on s'en doute. Motamedi y est cérémonieux comme jamais, quasiment soufi – la reverb' aide beaucoup. Les musiciens (dont j'ignore toujours les noms, il faudra se mettre au farsi un de ces jours) sont carrés comme pas deux, épaulés par le maître Lotfi qui se lâche complètement niveau patterns rapide et répétitifs. Le pishdaramad est tellement rapide qu'on dirait un chaharmezrab (le daramad c'est habituellement une introduction lente et langoureuse, et le chaharmezrab une partie dansante et groovy). Le saz o avaz, le solo, l'impro, prends pas moins que la moitié du disque (dix huit minutes !). Et au sêtar, s'il vous plaît ! Peut être là où Lotfi excelle le plus – on pourrait l'écouter des heures jouer seul de cet instrument, tant son toucher délicat, ses phases variées, sa technique précise sans être démonstrative (coucou Alizadeh) et sa connaissance du répertoire font voyager même ceux dont les pieds sont trop ancrés dans le béton. Bien sûr, les oreilles expertes reconnaîtront des passages entendus sur d'autres disques, au niveau des transitions dans son impro surtout ; maître peut être, m'enfin c'est pas un surhomme non plus, contrairement à ce que voudrait nous faire croire la postérité – ah, l'Iran ! Qui refoule le vivant et canonise le cadavre. Quel foutu pays, génial, atroce, fascinant, repoussant. Où la musique en elle-même est un acte de subversion. Si c'est pas gutsien, ça.

note       Publiée le vendredi 27 juin 2014

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