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Smoke City › Flying Away

  • 1997 • Jive CHIP 194 • 1 CD

cd • 10 titres • 46:22 min

  • 1Underwater Love06:46
  • 2Devil Mood04:31
  • 3With You04:51
  • 4Numbers05:35
  • 5Mr. Gorgeous (And Miss Curvaceous)04:23
  • 6Aguas de Março (Joga Bossa)03:22 [reprise d Antônio Carlos Jobim]
  • 7Dark Walk05:05
  • 8Jamie Pan03:12
  • 9Giulietta04:53
  • 10Flying Away03:49

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Smoke City & Micheal Peden (& Mike Nielsen 5).

line up

Mark Brown (programmation, turntables, claviers, percussions, choeurs, effets sonores), Chris Franck (guitare, claviers, percussion, basse, choeurs), Nina Miranda (chant, effets sonores)

Musiciens additionnels : Xavier Fischer (Wurlitzer), Boo Scher (sitar), Tristan Banks (congas), Banda Juvenil Olodum (batteries, percussions), Andreia Reis (conduite, timbales), Lucas Fernando (repiques), Valtércio Agapito (repique), Saulo Klinger (repique), Edmundo Metal (marcação Fundo), Reinaldo Michael (marcação 2), Erisvaldo Poalo (marcação 1), Nadison Nei (marcação 2), La' Zaro Soares (marcação 1), Carlos Lisboa (marcação 1)? Lia Santos (caixa), Elaine Montalvão, Vãnia Moreiro, Edvaldos Lopes (coordinateur), Phil Hartley (basson), Mike Nielsen (choeurs), Mike Nielsen (choeurs), Paul Mouzouros (choeurs), Toni Economides (choeurs), Stephen Hussey (violon), Andy Miranda (voix), Aki (voix), London Session Orchestra conduit et arrangé par Nick Ingman.

remarques

chronique

Styles
trip hop
dub
musiques du monde
pop
Styles personnels
acid-jazz au parfum de brésil

Autant prévenir tout de suite, je ne connais rien à la musique brésilienne. Si c'est de ça dont vous voulez entendre parler, y a de très bons bouquins. Moi ce qui m'intéresse là maintenant, ce sont les second couteaux du trip-hop, ces one-shot wonders du downtempo, ces valeureux soldats de la cause perdu d'un genre qui ne pouvait émerger nul part ailleurs qu'en Angleterre. Et ça tombe bien, Smoke City vient de Londres. Alors oui, le Brésil y fait figure d'horizon, la faute à Nina Miranda, sublime chanteuse entre deux eaux, prises dans les courants atlantiques qui lui font dériver d'un côte à l'autre. Et c'est justement sous les eaux que le groupe va connaître son heure de gloire via une petite minute d'une pub pour une célèbre marque de jeans, où des sirènes s'enroulent autour d'un bienheureux au son d'"Underwater Love". Le morceau tout comme l'album valent bien mieux que ça mais Smoke City ne parviendra jamais à dépasser son statut de "musique de pub culte réalisée par Michel Gondry". Toute une époque cette seconde moitié des années 90, le trip-hop né malgré lui à Bristol voyant une foule de formations se jeter dans ces eaux là dans l'espoir de croquer un peu du gros gateau que les beats languides et les voix soulfull se disputent alors. Celle de Nina Miranda, à moitié anglaise à moitié brésilienne, n'était pas la moins originale. "Underwater Love", c'est d'une efficacité et d'une simplicité lumineuse, un simple beat entêtant répété ad libitum, un son de dub aquatique accompagné par une cuica insistante (comme toutes les cuicas, instrument intrinsèquement sexuel) et un feeling très acid jazz qui se propage au son d'un Wurlitzer sur une coda instrumentale aux allures de jam de fusion exotique. Tout ça emportée par cette voix, d'une sensualité à se cramer le cerveau. Ouais, je suis amoureux de Nina Miranda mais le contraire aurait été étonnant. Switchant de l'anglais au portugais (enfin au brésilien, et avouez que la différence, ténue mais bien là, est notable en terme d'évocation), Nina vous effleure la peau avec la sensualité gourmande d'une sirène (les pubards ne n'y étaient pas trompé pour une fois). Et encore elle n'est même pas à son top en terme d'allumage, le second single "Mr. Gorgeous (and Miss Curvaceous)" érotise encore plus une voix qui ne demandait que ça avant de foutre le feu au plumard. Fait chaud d'un coup non ? C'est même assez intenable, oh belle Nina. Mais Smoke City ce n'est pas que ça. Ce serait trop simple. Dès le deuxième morceau, les sonorités dub urbaines s'enlisent dans une noirceur inattendue, les beats résonnent d'échos plus sombres et Miranda s'encanaille dans un français approximatif et d'autant plus coquin. Ailleurs, un instrumental développe une atmosphère nocturne et inquiétante de course-poursuite dans une ville pleines de silhouettes aux fenêtres, de chausse-trappes dans les ruelles tortueuses, un "Dark Walk" qui porte bien son nom, version nettement plus ombrageuse de l'acid-jazz downtempo que pratique la formation en bon enfant de son époque. Le Brésil y est observé depuis les pluvieuses allées Londoniennes d'où à une autre époque une pop baroque envahissait le monde avec ses arrangements de cordes qui sied si bien à la mélancolie d'une chaleur de bossa-nova rêvée, sans oublier une légère touche psychédélique pris en charge par un sitar et d'un coup je me demande si on peut bouffer un bon tandoori à Rio. Flux de conscience imbécile. Le plus brésilien des morceaux fait retentir les rythmiques hypnotiques des surdos d'une formation de samba carioca, alors que Nina Miranda égrène les numéros des temps dans la langue délicieuse de Max Cavalera. Bon, il y a bien une reprise de Aguas de Março de Jobim, mais celle-ci tombe hélas dans les travers les plus faciles du trip-hop d'alors, une production inutilement surchargée d'effets vient troubler ce qui aurait du, avec la divine voix de Nina Miranda, être un instant de grâce en suspension. Il aurait fallu qu'ils s'y lancent comme sur ce fragile "Giulietta" inspiré par Fellini, où la guitare sèche et quelques percussions aussi légères qu'un chant d'oiseau suffisent à habiller ce chant de nacre. Mais au final, vraiment peu qui méritait les oubliettes du temps, le premier album de Smoke City est un petit bijou d'acid-jazz aux influences diverses (musique brésilienne, dub, pop orchestrale) magnifiquement mis en forme, parfois dans des formats qui auraient du leur assurer une autre postérité que "le groupe de la pub avec les sirènes". Alors que d'autres s'engouffraient dans la brèche du trip-hop en usant jusqu'à la corde des formules les plus éprouvées, Smoke City présentait une singularité qu'il est délicieux de redécouvrir aujourd'hui. Et si j'ai gaffé sur un quelconque aspect relatif à la musique brésilienne je vous le répète, pour ça il y a de très bons ouvrages. Demandez à votre libraire. Et laissez moi tranquille à imaginer encore une fois les déhanchements de Nina Miranda… aye aye aye aye…

note       Publiée le dimanche 15 juin 2014

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The Gloth Envoyez un message privé àThe Gloth

Magnifique album qui n'a pas eu le succès qu'il méritait.

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Klarinetthor Envoyez un message privé àKlarinetthor

La pochette est pour le coup très fidèle au contenu; quintessence 90s ouaip.

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Seijitsu Envoyez un message privé àSeijitsu

Très chouette skeud avec une chanteuse à la voix sexy en diable yep !

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