Vous êtes ici › Les groupes / artistesGJef Gilson › Archives

Jef Gilson › Archives

cd • 19 titres • 00:00 min

  • 1Bis Indicatif
  • 2Chant Inca (Alt. 1)
  • 3Equateur
  • 4Lamento
  • 5Choro In Blue
  • 6Three Four One (Piano Solo)
  • 7Ballet Lycra 1
  • 8Ablution
  • 9Anamorphose (Live)
  • 10Three Four One
  • 11Chant Inca (Alt. 2)
  • 12Java Pou Raspail (Live)
  • 13Agnus Dei (Instrumental)
  • 14Requiem Pour Django
  • 15Java
  • 16Remember
  • 17Le Grand Bidou
  • 18La Cigale Et La Fourmi (Instrumental)
  • 19Colchique Dans Les Prés

informations

chronique

Des grands leaders et compositeurs dans le jazz français, on en connaît pas des masses… Sans forcément prétendre à tout connaître (surtout dans un pays où tout reste à découvrir comme la France), il semble que les jazzmen français se soient plus souvent qu’à leur tour intéressés aux mélanges, aux hybrides du jazz avec des formes plus blanches ou plus expérimentales… Pas énormément de jazz "pur et dur" véritablement créatif, en dehors de quelques références surtout connus pour leur jeu. Jef Gilson, pianiste et compositeur, a pourtant écrit parmi les plus belles pages du jazz hexagonal, dans une indifférence, il faut le dire, assez criante au fil des décennies… La cause de cette incroyable absence de reconnaissance (d’autant plus étonnante vu la facilité d’accès de sa musique) ? Peut-être une propension à se mettre au service des projets des autres, à s’effacer derrière son véritable credo : la composition. On lui demande, par exemple, d’enregistrer la musique d’un ballet promotionnel d’une marque de collants ? Non seulement il s’exécute en revisitant un de ses thèmes orientalisants les plus classes ("Three Four One"), mais il pond même avec Claude Lenissois, son arrangeur attitré, un arrangement à tiroirs, comme si le celesta était la diaphane ouvreuse invitant à entrer dans un club de jazz dont on découvre progressivement les arrières-salles. Pour ceux qui veulent se convaincre, il y a au moins deux chefs d’œuvre ici : les bouleversants et coltraniens "Requiem pour Django" (pas du manouche mais du jazz qui prend aux tripes, proche de l’émotion d’un "Lonely Woman" pour moi) et "Anamorphose", dont l’improvisation centrale n’est pas le théâtre d’un jeu free jazz mais d’un curieux question-réponse entre un piano plein de saudade et des textures parfois surprenantes… (j’y reviendrai). Pas de free jazz, donc, pour cette compil rassemblant des perles d’origine diverse des années 60, mais Gilson y plongera bien dans la décennie suivante. Logique pour un musicien ayant joué avec Michel Portal et ayant sorti des disques de Jacques Thollot et David S. Ware (dont Proggy vous a parlé ici) sur son label Palm. Une compil très très loin de l’idée de "fond de tiroirs", d’où l’artwork calqué sur celui du best of paru en 2011, et dont on retrouve des thèmes ici. Il y a donc une belle unité, entre Ellington et Coltrane parfois, toujours en formation réduite, pour un jazz très aéré et superbement mélodieux, dont l’inventivité et la candeur rappelle plus d’une fois le maître brésilien Pixinguinha, y compris bien sûr avec ce "Choro in Blue" adorable thème aux timbres de flûte presque provençaux. Ce qui surprend, au final, c’est que les thèmes de Gilson – qui ne faisait quasiment pas de reprises ! – n’aient pas plus été utilisés au cinéma, tant un titre comme "Remember", atmosphérique et à la richesse harmonique incomparable, est de la trempe des thèmes de génériques les plus cultes du cinoche français classe des 60’s-70’s. Ne manque qu’une intrigue de polar et la tronche de six pieds de long de Lino Ventura pour un avoir un tableau d’une complétude esthétique assez troublante. Sans oublier le solo de violon de Jean-Luc Ponty (en… 1962), cerise sur le gâteau dont Gilson était coutumier, puisqu’il se plaisait à varier son jazz modal d’instruments inhabituels comme un balafon africain ou cet élégiaque passage de micro-organ sur "Le Grand Bidou". Parmi les très nombreuses futures pointures ayant fait leurs classes chez Gilson, c’est Christian Vander qu’on retrouve sur le titre final, une reprise, pour une fois… de "Colchique dans les Prés" ! Le truc qui vous faisait perdre des points de coolitude en masse en cours de chant en maternelle, ici en version spiritual jazz de 1969, posé et forcément coltranien, avant que Vander ne décide que le jazz était un chemin trop évident pour atteindre son maître disparu. C’est donc en somme un jazz qui s’écoute en mode "pop" sans encombre, et dont la richesse mélodique sans cesse renouvelée finit par imposer sa mélancolie placide et sa douce intériorité. Un compositeur que les amateurs de musiques de film se devraient, eux aussi, de creuser !

note       Publiée le mardi 10 juin 2014

dernières écoutes

    Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "Archives" en ce moment.

    tags

    Connectez-vous pour ajouter un tag sur "Archives".

    notes

    Note moyenne Aucune note pour ce disque pour le moment. N'hésitez pas à participer...

    Connectez-vous ajouter une note sur "Archives".

    commentaires

    Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "Archives".

    kalcha Envoyez un message privé àkalcha

    La salve de rééditions Futura, c'est déjà presque sûr puisque je connais quelqu'un qui a relu les futures notes de pochette. Mais je ne sais pas encore si "Le Massacre du Printemps" est concerné au non. Je crois que Le Souffle Continu est de la partie, si je ne m'abuse...

    Klarinetthor Envoyez un message privé àKlarinetthor

    N'hésite pas à poster dans les news, quand c'est confirmé, ou presque sûr.

    kalcha Envoyez un message privé àkalcha

    J'ai entendu parler d'une salve de rééditions du label Futura (mais pas par Jazzman Records) qui ne devrait pas tarder, donc j'espère également que "Le Massacre du Printemps" fera partie du lot...

    Klarinetthor Envoyez un message privé àKlarinetthor

    devait voulais-je dire, c'est corrigé; J'espère qu'il y aura encore d'autres documents, et rééditions (celui sur Futura?)

    kalcha Envoyez un message privé àkalcha

    Alors, si ton conditionnel était une coquille, je te dirais que d'après mes sources Jef était malade depuis longtemps, et qu'il allait avoir 86 ans, donc bien sûr que son avenir était derrière lui, mais cette première compilation était dans les tuyaux depuis un bail. Gerald Short, le boss de Jazzman, est fan de Gilson depuis très longtemps et possède quasiment tout ce qu'il a sorti (y compris des choses extrêmement rares).

    Si ton conditionnel était bien un conditionnel, il y aura peut-être encore d'autres choses à sortir dans les mois (années) qui viennent, toujours d'après mes sources en tout cas. ;-)