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E-Musikgruppe Lux Ohr › Spiralo

cd | 8 titres | 38:20 min

  • 1 Spiralo: Seite A (Teilen I - III) 19:10
  • 2 Teil I (4:16)
  • 3 Teil II (12:04)
  • 4 Teil III (2:50)
  • 5 Spiralo: Seite B (Teilen IV - VI) 19:10
  • 6 Teil IV (4:56)
  • 7 Teil V (8:49)
  • 8 Teil VI (5:25)

line up

Pertti Grönholm (Synthés, échantillonnages, séquenceur et boîte à rythmes) Kimi Kärki (Guitares et FX) Jaakko Penttinen (Synthés et séquenceur) Ismo Virta (Memotron, guitares et FX)

remarques

On peut entendre des extraits sonores de cet album et avoir plus d'informations en visitant le site BanbCamp de E-Musikgruppe Lux Ohr ici: http://e-musikgruppeluxohr.bandcamp.com/

chronique

Plus qu'un voyage dans le cosmos; l'image, l'étiquette artistique et la musique de E-Musikgruppe Lux Ohr est un véritable voyage dans le temps où le Krautrock fusionnait avec une MÉ encore trempée dans l'incertitude de ses mouvements. Dans le temps où le vinyle était roi. Dans le temps où nos oreilles avaient la même curiosité que nos yeux. Dans le temps où la musique transcendait sa vocation. Après le très percutant Kometenbahn, l'un sinon le meilleur album de 2013, le quatuor finlandais revient brouiller les sphères de la MÉ contemporaine avec un album qui nous replonge dans les douces euphories des années 70. L'illusion est parfaite. “Spiralo” est offert en édition limitée de 500 vinyles, donc 200 de couleur rouge. Et comme dans le temps, l'album est construit autour de deux longs titres de 20 minutes qui ornaient chaque face d'un envoûtant parfum de psychédélisme. Et comme dans le temps, nous sommes rivés à nos oreilles afin de bien cerner une merveilleuse flore sonique nourrie de bizarretés tant organiques que cosmiques. C'est donc avec un débordement de laves organicosmiques, qui envahit nos écouteurs dès les premières secondes, que "Spiralo: Seite A" se détache du silence. L'introduction est très ambiosonique, très ambiosphérique et plonge un auditeur affamé de symphonies soniques sans frontière dans les interstices des rythmes ambiants, tressés dans les des années analogues, caramélisés par des saveurs de métal des années vintages. De longilignes lignes de synthé bourrées de résonnances et dissonances corrosives, j'entends des phases de Schulze sur Picture Music, flottent comme des spectres sur une structure de rythme qui se développe par saccades avec des tambourinements aussi secrets que les accords de basse, des claquements métalliques hachurés et des riffs de guitare qui régurgitent ses wha-wha sous formes de boucles. L'univers devient un savoureux mélange de psychédélisme et de psychotronisme avec de belles envolées de Mellotron qui dégagent des parfums d'éther, de même que des filets de voix qui caressent de leurs chants ectoplasmiques un rythme nourri par des coups d'élytres cymbalés. De bruits parasitaires à bruits blancs, "Spiralo: Seite A" s'efface peu à peu dans les méandres des bruits organicosmiques de son ouverture. Construit sur les mêmes bases mais un peu plus vivant, "Spiralo: Seite B" donne le ton tout de go avec des boucles modulatoires qui épousent la structure des saccades bouclées de "Spiralo: Seite A". Le mouvement est d'ambiance et ambiant, avant de plonger progressivement dans les ondulations d'un rythme qui soulève sa pesanteur comme un serpent flottant dans de la rocaille. Les charmes soniques d'E-Musikgruppe Lux Ohr foisonnent avec des effets de boucles qui vont et viennent comme de longs lassos soniques sur un rythme qui peu à peu mord l'oreille avec une belle violence contenue dans ses fins mouvements spiralés. On y entend de beaux solos, de guitare et de synthé, chanter sur un rythme divisé entre ses saccades et ses fines oscillations tempérées qui sont copieusement arrosées d'effets soniques cosmiques. “Spiralo”, tout comme Kometenbahn (quoique plus électronique, plus cosmique) est un album qui vise un public friand des mouvements psychédéliques des années vintage. Si ça peut aider, c'est un genre de croisement entre les rythmes saccadés, même si moins violents, d'AshRa aux ambiances bourrées d'éther de Klaus Schulze. C'est audacieux, intelligent et bien fait. Et c'est surtout un vent de fraîcheur pour un style de musique qui quelquefois refuse de s'imbiber de nouveau des parfums de ses racines.

note       Publiée le mercredi 4 juin 2014

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