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Noir Désir › Où veux-tu qu'je r'garde

  • 1987 • Barclay 831 484-1 • 1 LP 33 tours
  • 1989 • Barclay 531 980-3 • 1 CD

cd • 6 titres • 25:57 min

  • 1Où veux-tu qu'je r'garde
  • 2Toujours être ailleurs
  • 3La Rage
  • 4Pyromane
  • 5Danse sur le feu Maria
  • 6Lola

line up

Bertrand Cantat (chant, guitare), Serge Teyssot-gay (guitare, voix), Frédéric Vidalenc (basse, voix), Denis Barthe (batterie)

remarques

chronique

Trilogie "Gun Désir", Volume I... Il est tout mignon, celui-ci. Bon, y a quand même "Pyromane" et "Danse sur le feu, Maria", là-dessus. C'est pas rien. Et "Lola" n'a pas à rougir devant le Nick Cave d'alors. C'est déjà une splendeur en 87, ce groupe. Et ce mini est ce qu'il est convenu d'être : une mise en bouche un peu rigide pour le premier ; c'est sa fonction, même si ce n'est guère poétique dit ainsi. "Veuillez Rendre L'Âme" ne sera guère différent : il est du même bois, sauf qu'il tape plus fort et vole plus haut. Mise en perspective ? Allez, perspectivons cette prospection : Noir Désir a débarqué dans les années 80 du rock français comme un jeune étudiant romantique dans un bistrot de gros loubards sans finesse pelotant des putes coiffées façon Jeanne Mas. Soyons corbeaux, n'ayons l'air de rien. Un étudiant raffiné, voire un peu efféminé, lisant Baudelaire pour draguer les filles, et en même temps porté sur la moto et soucieux de sa virilité. Le versant beau gosse sauvage du gothique voilà : Bertrand Cantat, plus encore que son idole Jeffrey Lee Pierce, c'était lui le papa de la discipline, le gars ténébreux-écorché-grandiloquent qui fait retourner les filles quand il passe et même les mecs hétéros... et puis qui avait déjà ce côté très "cercle des poètes disparus tendance blaireau" selon l'angle du regard (trait de caractère à double tranchant qui le quittera jamais jusqu'à son discours médiatique). Cantat à ses débuts, il te gothifie par hululement, pas aussi barré qu'un Compte d'Eldorado dans la petite scène goth française, mais tout de même bien désinhibé de l'androgynie, le Bébert. Il fend le son, par imprécations rituelles, par envies de suicide avec la rose fichée entre les dents. Il t'ensoleille de ses noirceurs d'âme, le fiston à Mr Mojo Risin'. Le groupe est déjà son cheval dévoué et un peu capricieux, comme son cavalier. Ils s'entendent à merveille, se parlent beaucoup, seuls dans la grand'plaine. Les riffs de Teyssot-Gay s'ouvriront avec le temps, comme un bon alcool, exploseront en copeaux plus tard sur un Tostaky, ils cavalent ici peinards et insouciants. Pour l'instant ce tout jeune et frais Noir Désir déroule du western urbain, presque country-alternatif dans l'esprit par moments (du reste la petite fille c'est pas celle qui était sur le premier Violent Femmes ? Allez savoir). Envoûtant, esthète : Noir Désir. Avec de l'harmonica, ouais, aussi. Fugueur et fougueux. Sublime quand les morceaux s'envolent dans leur ultimes minutes respectives. Mais encore un peu vert.

note       Publiée le vendredi 23 mai 2014

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TribalCrow › samedi 24 mai 2014 - 15:00  message privé !

Du bon Goth Western Gun Club/Field celle là, avec son clip New Wave :

http://www.dailymotion.com/video/x1g2ia_noir-desir-toujours-e-tre-ailleurs_music

Note donnée au disque :       
saïmone › samedi 24 mai 2014 - 14:47  message privé !
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J'veux toujours être ailllll-euuuuuuurs !

Note donnée au disque :       
novy_9 › samedi 24 mai 2014 - 10:24  message privé !

Le premier et le meilleur, une claque d'adolescence ... le seul que j'ai gardé avec "veuillez rendre l'âme", après ils me gavent ... vu en concert 2 fois au début des années 90, ils arrachaient la scène les mecs quand même, une putain d'énergie brute.

Klarinetthor › vendredi 23 mai 2014 - 21:42  message privé !

whah cette batterie, Noir dez n'a jamais été vraiment intéressant niveau percussif mais là c'est vraiment limite

Note donnée au disque :