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Mudhoney › Superfuzz Bigmuff + Early Singles

cd • 12 titres • 43:39 min

  • 1Touch Me I'm Sick
  • 2Sweet Young Thing Ain't Sweet No More
  • 3Hate The Policereprise de The Dicks
  • 4Burn It Clean
  • 5You Got It (Keep It Outta My Face)
  • 6Halloweenreprise de Sonic Youth
  • Superfuzz Bigmuff
  • 7No One Has
  • 8If I Think
  • 9In 'N' Out Of Grace
  • 10Need
  • 11Chain That Door
  • 12Mudride

line up

Mark Arm (chant, superfuzz), Matt Lukin (basse), Dan Peters (pièges), Steve Turner (bigmuff, chant)

remarques

L'ordre de la tracklist de Superfuzz Bigmuff est modifié sur la compilation. En 2008 est sortie une réédition agrémentée de démos et de lives (double-CD).

chronique

Styles
rock
garage
grunge
noise rock
Styles personnels
garage grunge

Fuzzons ça bien : ce qu'il y a de franchement appréciable avec le "grunge", étiquette mise à l'amende par à peu près tous les groupes concernés comme par leurs amateurs, c'est qu'elle a permis de lier entre eux pas mal de noms très différents, avec finalement une cohérence, pas seulement pour l'origine Seattle, mais surtout parce qu'au final ces groupes qui en avaient plein le cul du hard FM et de la new wave étaient tous liés par un même kiff' : ils retorchaient la musique des 70's qu'ils aimaient et bouffaient depuis leur tendre enfance. Il la rejouaient, en plus sale. Mudhoney, eux, c'était plutôt les 60's, genre garage. De toute façon on vous l'a déjà sûrement dit vingt-mille fois. Du coup ça fera vingt-mille et une. Par contre je vais pas vous les briser avec les scies du genre "pionniers du grunge", on se réservera ce genre d'analyses historico-barbantes pour Green River. On pourrait aussi bien chroniquer les Sonics à la place des ouah-ouah de Mark Arm et Steve Turner, dans le fond : on parlerait à peu près de la même chose... sauf qu'avec Mudhoney, Seattle oblige, y a quand même un sale zeste de grise-mine post-punk et junkie, qui fait la différence et l'épaisseur du machin, la subtilité des déchets aussi, si vous préférez. C'est pas juste du revival stoogien et psyché-garage, même si c'est balançé par-dessus la jambe et en crachants ses tripes, c't'album. Y a comme dirait l'critique à lunettes qui sommeille sous ma couille gauche la dimension sociale. Ah, et... quoi, ce n'est pas un album ? Certes, techniquement c'est une compile... mais bon, autant chroniquer la version "gonflée" sortie deux ans après (dans la foulée de l'épo) et parler des 7'' des débuts aimablement ajoutés : j'suis pas fétichiste du vinyle, et s'priver des singles serait très très con, car il y a le tube torve (dites-le vite c'est rigolo) "Touch Me I'm Sick", et surtout cette reprise de "Halloween" sale et éthylique comme du Scratch Acid (leur version est on ne peut plus à l'opposé de la touche Kim Gordon : on passe de la sensualité de la cyprine à la rugosité garagiste - lourd, avec gros riff façon "je veux être ton chien" à la clé !) deux faces d'une même pièce de flipper pleine de bactéries. Hormis le pénible "Burn It Clean", rien à jeter, c'est déjà dans la poubelle et c'est délicieux. La partie Superfuzz Bigmuff - E.P. qui est la base du machin, contient notamment la très bassueuse et scratchacide (décidément!) "No One Has", montrant ce Mudhoney plus rectiligne-pilon moins connu ; "If I Think", soit leur côté plus cul-terreux et country-rock ; "Mudride", ballade rituelle-hippie qui évoque déjà le Mudhoney traîne-savate des 90's avec ce chant reedien-nasillard complètement lessivé et blasé déjà typique de Mark Arm ; la très psyché-stoner "In 'n' Out of Grace" (le passage tribal est juste un des moments où Mudhoney montrait sa petite gueule d'ordure, genre Melvins maigre) et surtout "Need" qui reste une de mes préférées de ces baltringues : ça commence un peu comme une ballade très charismarguerite à la Donovan, et puis vlan que ça s'étire sur un tube garage simple et imparable digne de figurer en évidence sur une compilation Nuggets, rien de moins. Tout ça c'est du Mudhoney jeune et grésillant...mais y a déjà tout... ça n'est pas renversant, ni terrassant... mais... Mudhoney a rarement été quoi que ce soit de tout ça, de toute façon. C'pas l'sujet. Mudhoney était grunge par le versant le plus "décoiffé", le plus spontané, et à sa façon, le plus généreux. Vous connaissez un peu le groupe de Kurt Cobain ? Eh bien si vous êtes pas encore familiers avec Mieldeboue sachez juste qu'ils n'ont sorti à peu près que des Bleach dans leur carrière. Un groupe qui se prend comme blase un film de Russ Meyer et un album qui fusionne pour le sien ceux de deux bestioles en boîte que piétinent les gratteux (la pire race de l'univers après le surfer) peuvent-il être réellement mauvais ? Comment ça c'est pas un album ? Et comment ça vous me l'avez déjà fait remarquer ? Oh mais vous m'agaçez, à la fin ! Superfuckin'fuzz Bigfuckin'muff, bande de puceaux sauvages !

note       Publiée le mardi 13 mai 2014

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Note moyenne        7 votes

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nowyouknow › jeudi 12 mars 2020 - 22:31  message privé !

Rhaah ce son bien gras sur Twenty Four et In 'n' Out of Grace c'est bien bon. Le seul groupe grunge que j'aie écouté qui ressemble à Nirvana, même si c'est surement l'inverse. Malgré l’immédiateté de certains titres j'ai mis du temps à rentrer dedans. Et j'aime j'aime toujours qu'en pointillé je dois dire.

Dioneo › lundi 31 août 2015 - 23:55  message privé !
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Putain... Mais Halloween, quoi. Et après ça faudrait se pieuter ?!

(Et puis évidemment Touch Me I'm Sick - cet hymne des Crasseux Profonds - et puis Sweet Young Thing... Et la reprise à voix porcine des Dicks, et... Bon, et à peu près tout. Bref... Bien parti pour me l'envoyer encore en entier... Le fangement c'est maintenant).

Note donnée au disque :       
Raven › mercredi 14 mai 2014 - 13:03  message privé !
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"j'ai toujours été surpris de la non percé de mudhoney " Bah... Mark Arm, quoi. Le mec qu'a pas changé sa ligne d'un iota depuis trente ans, sauf erreur de ma part. Il a toujours fait le max pour que son groupe reste tue-l'amour et punk, même sur major. Mudhoney ça a jamais été sexy. Mudhoney ça a juste toujours été PAS DU TOUT vendeur, dès la pochette. C'était encore moins vendeur que Butthole Surfers. (je jacterai peut-être plus sur cet aspect-là dans les chros de la "trilogie des pochettes puériles".)

bubble › mercredi 14 mai 2014 - 10:52  message privé !

superfuzz bigmuff était l'ep grunge dans tout sa splendeur . bleach quelque mois après était assez fade d'ailleurs et faisait suiveur ( même label, même son ) . Impossible de miser sur nirvana à l’époque .. j'ai toujours été surpris de la non percé de mudhoney au moins au niveau d'un publique moins pointu . Pourtant mark Arm c'est LA voix du grunge ! Reste que le groupe n'a jamais fait de compromis en studio . pas de production ostentatoire . on reste dans le gras , l'huile de moteur.. ca fuzz ca buzz comme un bon moteur de massey ferguson.

Eliphas › mardi 13 mai 2014 - 23:49  message privé !

Jamais écouté ce foutu groupe et là, la chro et la kro me donne bien envie!