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Mark Lanegan › Field Songs

cd | 12 titres | 42:30 min

  • 1 One Way Street
  • 2 No Easy Action
  • 3 Miracle
  • 4 Pill Hill Serenade
  • 5 Don't Forget Me
  • 6 Kimiko's Dream House
  • 7 Resurrection Song
  • 8 Field Song
  • 9 Low
  • 10 Blues For D
  • 11 She Done Too Much
  • 12 Fix

line up

Mark Lanegan (chant, guitare)

Musiciens additionnels : Duff Mckagan (batterie, fender rhodes), John Agnello (voix), Mark Boquist (batterie), Allen Davis (guitare acoustique, basse), Martin Feveyear (orgue hammond, voix), Chris Goss (synthétiseur, voix) Mark Hoyt (voix), Mike Johnson (guitare acoustique, guitare électrique, orgue wurlitzer, piano, voix), Marek (piano), Wendy Rae Fowler (voix), Brett Netson (guitare acoustique), Keni Richards (piano, batterie, mellotron), Bill Rieflin (batterie), Ben Shepherd (guitare acoustique, guitare électrique, basse, voix, piano)

chronique

"The stars and the moon... aren't where they're supposed to be..." Les cigarettes ne servent pas qu'à tuer lentement, avec ce genre de disques. C'est toujours une souffrance pour votre serviteur, à l'écoute d'un bon album de Mark Lanegan, d'avoir arrêté. Vraiment. Par contre, je peux toujours m'en verser un à ras bord, m'en jeter jusqu'à ne presque plus rien voir. Lanegan lui n'attend pas pour s'en lever un ; son prénom n'est pas Tom. C'est plus un frangin à Grant Lee et David Eugene. Nous en revanche, il nous fallait peut-être attendre, pour saisir toute la beauté dans cet album de papa Lanegan. Laisser mûrir. Comme avec d'autres, mais peut-être plus ici... Il faut du temps... laisser vieillir, oublier dans l'ombre, comme un whisky éternellement à peine entamé qu'on se conserve dans l'armoire loin des rayons malfaisants du soleil. On ressort Field Songs comme cette boutanche, à l'abri des regards, seul avec sa bitte et son couteau. Le bon whisky dans le fond, ça ne se partage pas. Hommage à la boisson depuis son simple premier, Lanegan est tel qu'en lui-même sur Field Songs. Vague-à-l'âme old fashioned dry, ou on the rocks, 100s vissée au creux de l'index et du majeur, pose tranquille et spleen qui te coud des petits mouchoirs pour les automnes rudes. Papa a joué les bûcherons en goguette, avec ses saules hurleurs, et il est rentré depuis longtemps de la bataille à qui est le plus insouçiant ou qui est le plus hippie, il nous a promis qu'il prendrait soin de nous. Il en a gros sur la patate, l'pater. Asseyons-nous près du feu et écoutons un peu ce qu'il a à nous raconter pendant qu'il écluse la boutanche... l'est pas si vieux, pourtant, pour un paternel, mais il est déjà buriné par le temps. Ses cernes sont-elles des cicatrices, ses cicatrices sont-elles des cernes ? On ne sait pas. Vieillir comme ça, on m'dira c'qu'on voudra, mais putain, c'est digne. Oh merde, c'est qu'il chialerait presque, il va calancher avec ses conneries le vieux... Je lui cache sa bouteille ou je lui en ressers un comme il me demande ? Elle est bientôt finie et c'est toujours moi qui vais à l'épicerie quand papa est grognon... La voix qui tremblote comme ça, j'ai toujours peur pour lui, il me fait mal, j'ai parfois envie de détourner le regard. Il t'en déroule de ces chansons pour générique de fin l'enfoiré, on est tous des losers avec lui, mais quelque part on y est bien dans cette loose. Ah, il vous fait pitiés à vous, les frangins ? Moi, plus je le regarde, plus je le trouve fort. Plus je l'admire. Oui, il est fort, Papa, derrière ses airs de simple cow-boy du village... Il nous protège comme il peut, il prend soin de nous. "One Way Street", tu as mal ?... "Don't Forget Me", na... "Resurrection Song", là... après y a des enfoirés pour rester de marbre. Chiennes de commodes inamovibles ! Papa va vous fendre avec sa hache et vous jeter dans l'âtre ! Ou alors il se lèvera pas de sa chaise, et maudira nonchalamment le Seigneur... Ah oui, c'est tout lui ça, aussi : il se repose un peu sur son verre, s'avachit et marmonne tout seul, et on pique du nez aussi si on reste pas concentrés, et les filles regardent leurs ongles... alors que - mince ! - c'est dans ses moments-là qu'il faudrait p't'être l'écouter davantage, faire attention à lui, cerner cette lueur dans son oeil noir et mouillé qui scrute l'air par-dessus les bras en croix dans lesquels se blottit sa tête de vieux loup usé... tendre l'oreille et comprendre ce qu'il adviendra aussi de nous, dans pas longtemps... De toute façon si jamais on perd le fil de ses histoires, il fait en sorte de nous piquer avec sa fourchette pour nous réveiller, comme sur la chanson qui donne son titre là, quand cette guitare électrique surine les tympans sans prévenir... Parce que c'est aussi une canaille, le paternel. Un jour, on lui dira merci pour tout.

note       Publiée le dimanche 11 mai 2014

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Noohmsul › jeudi 15 mai 2014 - 20:48  message privé !

Je viens plus souvent sur Guts, mais à chaque fois c'est pour de bonnes découvertes ! Je connaissais pas ce gars; je suis en train d'écouter et j'adore ! Merci.

Horn Abboth › lundi 12 mai 2014 - 13:02  message privé !

Content de voir ce chef d'oeuvre enfin sur Guts. Rien à redire, l'émotion est palpable du début à la fin, la chro dit tout. Un des trucs que j'ai le plus écouté.

Note donnée au disque :       
Raven › dimanche 11 mai 2014 - 23:38  message privé !
avatar

C't'assez juste ! disons qu'on ne fonctionne plus tellement avec les groupes liés, on utilise les artistes solos pour les faire apparaître... mais je vais voir comment je peux bricoler ça. EDIT : hop, fusionné-lié! ;-)

Dun23 › dimanche 11 mai 2014 - 12:22  message privé !

C'est pas faux!

torquemada › dimanche 11 mai 2014 - 11:56  message privé !

On pourrait même fusionner Mark Lanegan et le Mark Lanegan Band : il n'y a pas vraiment de différence (mêmes collaborateurs). Proggy avait fait ça pour Zappa / Mother of Inventions, c'est plus facile à suivre, je trouve.

Note donnée au disque :