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Soulsavers › It's Not How Far You Fall, It's the Way You Land

  • 2007 • V2 VVR1045532 • 1 CD

cd • 11 titres • 46:32 min

  • 1Revival
  • 2Ghosts Of You & Me
  • 3Paper Money
  • 4Ask The Dust
  • 5Spiritual
  • 6Kingdoms Of Rain
  • 7Through My Sailsreprise de Neil Young
  • 8Arizona Bay
  • 9Jesus Of Nothing
  • 10No Expectationsreprise des Rolling Stones
  • 11End Title Theme

line up

Soulsavers

Musiciens additionnels : Bonnie "prince" Billy, Mark Lanegan, P.W. Long, Jimi Goodwin

remarques

chronique

Styles
blues
soul
trip hop
Styles personnels
gospel trip-hop

J'aurais pu ne pas y croire... mais il faut y croire. Tu dois y croire. On ne peut qu'y croire. Ce Soulsavers irradie de son gospel. On a bien, passé l'enchaînement magistral et aveuglant des trois premières chansons, quelques ramollissements, qui viennent tempérer une note maximale - le conclave païen s'est réuni et à tranché - comme ces instrumentales pur trip-hop-cliché qui viennent meubler un peu à leur façon innocente (même si la dernière, cachée, laisse un peu plus qu'un goût de trip-hop, l'envie d'un reviens-y). Mais les huit morceaux chantés sont investis par Mark Finlaggan - que nous appellerons tout aussi bien Holy Mark, mes bien chers frères mes bien chères soeurs. Et sur ceux-là, Lanegan te met la langue dans l'âme. Ce que Dave Gahan a caressé sur Songs Of Faith & Devotion, ce que le malheureux Chris Cornell s'est échiné à délivrer sur Temple Of The Dog en s'usant les cordes vocales, Mark Lanegan l'a accompli sur cet album, en restant tranquillement assis dans son fauteuil ; avec un verre de whisky à la main, évidemment. Cliché ? Complètement. Au-delà du cliché : Lanegan il ose, genre prêcheur agnostique, il te colle des génériques de fin pour des survival-stories de drogués qui restent encore à torcher. Je pourrais parler des trois diacres qui l'accompagnent vocalement, mais j'ai pas envie... m'souviens jamais d'eux. Lanegan is my daddy. Et après il y a encore des petits cons imberbes pour oser dire que la voix de Lanegan c'est du surrestimé, que c'est juste un ex-grunge de crooner qui fait mouiller les filles ! Eh, z'avez juste écouté "Paper Money" ? Mark Lanegan c'est notre Papa Sucre à tous, arrêtez deux secondes de vous mentir en jouant les durs, et laissez-vous mijoter, pendant que Papa s'occupe de couper les oignons en fines lamelles et de vous flamber amoureusement en décapsulant le liège de son pouce paternel à l'ongle crasseux si rassurant. Papa a travaillé dur, Papa parle à Jésus, dormez tranquilles petits enfants, Papa apportera le manger à la maison et nous mettra à l'abri du besoin tant qu'il sera vivant - et Papa s'occupera aussi de Maman, parce qu'il est pas comme Charles Ingalls, Papa, il a besoin de vider autre chose que la pile de bûches de sa calèche que temps à autre. Moi, je n'ai aucune honte : je mouille de l'âme sur ce Soulsavers. Y a plus de genre dans la soul, les sexes fondent dans la lumière : nous sommes les agneaux du berger, unis vers le grand Halo. Même quand ce halo jaillit d'un résigné, d'un rescapé. Nick Cave ? Tom Waits ? Il n'y a que les critiques grossiers pour invoquer ces deux-là au sujet de l'artisan Lanegan, du simple homme Lanegan qui ne cherche pas à impressionner quiconque et à faire des grimaces... mmmh... je n'ai pas spécialement l'humeur à faire des concours de blues-level entre gosiers graves, hein, j'ai de la tendresse pour le cow-boy australien comme pour l'ivrogne de foire - mais Lanegan est juste au-dessus de ces considérations sur ce Soulsavers, comme il l'a déjà été en solo auparavant. Oh, vous pouvez soupirer en battant de votre télérama en éventail ! C'est comme ça vient. La puissance du gospel païen, c'est comme ça, c'est une religion de pauvre homme. Elle te soumet et te berce, et puis elle t'écorche quand même un peu - la guitare qui jaillit au tout début, ça me balafre à chaque coup, les crépitements qu'on peut entendre ci et là ne sont pas tant ceux d'un 33 tours que ceux de l'âtre allumé par Papa dans la ferme familiale... c'est un peu plus rugueux que du Massive Attack, pour sûr ; on est plutôt proche de l'autel, quand arrive "No Expectations", sans comprendre le doux miracle. Ou comme Eastwood à la fin de Unforgiven, reprenant ses réflexes au contact du fusil et du verre plein. Quand j'ai mis la première fois cet album, une sorte de lumière a jailli dans ma piaule... elle y est restée, attendant de rejaillir à chaque fois que je le remets. Qui c'est ton Papa, mmmh ? Qui est ton Papa ? Ouvre les petites cuisses de ton âme, inutile de résister : ça va glisser tout seul...

note       Publiée le dimanche 11 mai 2014

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(N°6) › lundi 27 mars 2017 - 18:39  message privé !
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Ca faisait longtemps que je n'avais pas réécouté ça. Ca a bien vieilli comme ça il se doit. Un petit dernier, pour la route. Ca n'avait pas du tomber dans l'oreille d'un sourd nommé Dave Gahan, puisqu'ils ont fait un album ensemble plus tard.

saïmone › dimanche 11 mai 2014 - 17:05  message privé !
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Même longueur d'onde qu'on ressent jusqu'ici

Note donnée au disque :       
Dun23 › dimanche 11 mai 2014 - 12:13  message privé !

Bon, si cette chro donne pas envie... Je connaissais même pas de nom mais je vais checker.