Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesTTemple Of The Dog › Temple Of The Dog

Temple Of The Dog › Temple Of The Dog

  • 1991 - A&M, 75021 5350 2 (1 cd)

cd | 10 titres | 54:59 min

  • 1 Say Hello 2 Heaven
  • 2 Reach Down
  • 3 Hunger Strike
  • 4 Pushin' Forward Back
  • 5 Call Me A Dog
  • 6 Times Of Trouble
  • 7 Wooden Jesus
  • 8 Your Saviour
  • 9 Four Walled World
  • 10 All Night Thing

line up

Jeff Ament (basse), Matt Cameron (batterie), Chris Cornell (voix, banjo, harmonica), Stone Gossard (guitare), Mike Mccready (guitare)

Musiciens additionnels : Eddie Vedder (choeurs)

chronique

Styles
rock alternatif
grunge
blues
Styles personnels
gospel grunge

Ingrate est la tâche de rappeller l'origine de cet album, mais soit : Cornell met entre parenthèses Soundgarden pour rendre hommage à son pote Andrew Wood qui vient de faire une overdose, et pour se faire il prend comme backing band les deux têtes de Mother Love Bone, plus deux autres âmes errantes, soit l'intégralité du line-up de ce qui sera Pearl Jam. Nul ne sait si les deux hommes partagèrent plus que quelques joints et vinyles, mais Cornell avait bobo à son petit cœur, à en juger sa dévotion absolue au micro... Bon, trèves d'encyclopédiques temporisations, inutile de se raconter des héroïnes : j'ai longtemps cru que j'aimais cet album. J'ai eu tort : en fait, je le tolère. Je dois me forcer pour l'écouter. Alors je le mets en fond. C'est triste, mais il m'emmerde. Un disque superbe, tissé d'or fin, gorgé de blues, et tout ce qu'on veut, probablement même le plus bel album grunge esthétiquement parlant, allez - qu'en sais-je après tout, qu'en ai-je réellement à cirer ? Il s'en charge lui-même très bien de se cirer, genre parquet de palace pour ex-junkies, à coup de mélodies et d'arpèges qui se touchent langoureusement. Mais cet album a un côté désespérément poussif que je ne sais m'expliquer, alors qu'il a tout pour être au firmament. Bien intentionné, mais terriblement laborieux. Je goûte déjà assez peu à un morceau comme "Say Hello To Heaven" qui lui sert d'introduction, ce qui est déjà un signe. Chanson harmonieuse, bien foutue et tout, mais incroyablement vaine et poussive. Et Cornell... eh bien Cornell me broute, comme ça c'est dit. Il chante tellement bien le Cornell, tellement classe et puissant le Cornell, mais putain, quel boulet sur cet album, le Cornell ! Comparé aux trois Soundgarden qui suivront, je suis désolé mais ça sent la soul forçée, poussive. Autant je peux succomber plus qu'à mon tour devant les chanteurs rock qui en font des caissasses, autant j'ai toujours senti que le Chri-chri d'amour sonnait bien trop "try too hard" là-dessus. Le reste est à l'avenant, pour un résultat mélodique banal et gloubi-boulga au possible, alors que paradoxalement cet album dégueule de mélodies - mais comment pourrait-il en être autrement vu le casting ? "On met le paquet pour l'hommage les gars, on fait ça bien". Laborieux. Voilà ce que je ressens, à l'image de "Reach Down" qui commence de la façon la plus cool, et puis se saborde finalement toute seule dans une interminable jam de salon. Temple Of The Dog est donc comme cela : sincère, mais relou, tendance hollywoodien. Pas mal de poudre aux yeux en réalité, dans ses arrangements et cet excès lyrique - la raison sans doute pour laquelle cette pantalonnade passe encore pour un chef d'oeuvre. Et je pense à peu près la même chose de tous les titres, exceptés le tube "Hunger Strike", mignonne comme du Springsteen boudiné, et les catchy "Pushin Forward Back" et "Your Savior", qui prouvent que les meilleurs morceaux sur cet album respectueux ne sont pas les ballades mais ceux qui rockent en toute simplicité et en denim. L'ambiance a bien souvent ce quelque chose de magique j'en conviens : tous les protagonistes s'affairent tant à rendre leur deuil lumineux, à faire de ce mausolée d'album un moment inoubliable, McCready n'est pas la moitié d'un branque, et ce subtil bûcheron tabasse comme il faut, et il y a quelque chose de profondément troublant dans la beauté lumineuse et positive qui s'en dégage, à l'image de la mignonette "Wooden Jesus" et ses premières secondes magnifiques qui finissent bien vite par s'évaporer dans l'anodin, ou du final "All Night Thing" qui ne parvient comme "Times Of Trouble" à effleurer la grâce sur le refrain... mais cet album est surrestimé, y a pas à chier. Il n'est pas beau, il est simplement joli. Malgré tous les moyens nobles mis à son service, malgré ce feeling americana / southern qui le cheville... Si je veux ma dose de Cornell : j'ai au moins trois Soundgarden nettement meilleurs. Si je veux du grunge classieux et propre : j'ai le Mad Season - qui souffre aussi d'un certain côté poussif et trop guindé mais qui est indubitablement meilleur, thanx to Layne - et si je veux du Gossard, j'ai Apple et Ten, qui sont deux albums à la beauté incomparablement plus limpide que ce Temple Of The Dog. Alors je le garde, oui, pour en savourer les rayons bienfaisants à travers la dismorphie patente, mais je ne le ressors uniquement quand les cinq-six albums évoqués plus haut viennent à ne pas me suffir. Ce qui est rare, autant l'admettre. Un album qui est excellemment bien réalisé et qui a tout ce qu'il faut pour lui, mais qui me passe au-dessus. Question d'aura et de sensibilité. Certains disques, rares, sont touchés par la grâce. D'autres, plus communs, tentent de se la construire eux-mêmes en y mettant toute leur énergie et leur passion. Cet album est de la seconde trempe.

note       Publiée le samedi 10 mai 2014

Dans le même esprit, Raven vous recommande...

partagez 'Temple Of The Dog' sur les réseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Temple Of The Dog"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Temple Of The Dog".

ajoutez une note sur : "Temple Of The Dog"

Note moyenne :        8 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Temple Of The Dog".

ajoutez un commentaire sur : "Temple Of The Dog"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Temple Of The Dog".

Dun23 › jeudi 18 mai 2017 - 14:01  message privé !

Je suis tristesse! Say Hello To Heaven Chris!

Note donnée au disque :       
TribalCrow › dimanche 18 mai 2014 - 11:54  message privé !

"...mais cet album est surestimé, y a pas à chier. Il n'est pas beau, il est simplement joli. Malgré tous les moyens nobles mis à son service, malgré ce feeling americana / southern qui le cheville..." Croâ d'accord à 100 % avec la chro ! Le côté over the top passe parfois très mal et certaines compos ne sont pas trop inspirées. Cornel est beaucoup mieux quand il nous fait son SonduJardin !

Note donnée au disque :       
The Gloth › lundi 12 mai 2014 - 15:42  message privé !

Un bien beau disque, où tous les morceaux sont bons. Un classique, quoi. Je ne ressens rien de laborieux là-dedans, je dirais plutôt "lumineux".

Note donnée au disque :       
Raven › samedi 10 mai 2014 - 22:17  message privé !
avatar

Je peux pas me mentir les gars, désolé. Mais Dariev le vengera, ne vous inquiétez pas (par contre ce tag "sous-estimé" là, mouhahahah, n'importe quoi ! Ce skeud est aussi sous-estimé que In Utero ou Dirt).

Dun23 › samedi 10 mai 2014 - 13:43  message privé !

Rah putain, le corbak écrit bien, y'a pas à chier mais merde, quoi! Moi, c'est à Mad Season que j'aurais collé cette chro. Comme quoi! Enfin, ça a le mérite de faire enfin apparaitre ce putain de chef d’œuvre ici. (oui, je suis d'humeur à dire putain, aujourd'hui)

Note donnée au disque :