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Mother Love Bone › Apple

cd | 11 titres | 57:59 min

  • 1 This Is Shangrila
  • 2 Stardog Champion
  • 3 Holy Roller
  • 4 Bone China
  • 5 Come Bite The Apple
  • 6 Heartshine
  • 7 Stargazer
  • 8 Captain Hi Top
  • 9 Man Of Golden Words
  • 10 Capricorn Sister
  • 11 Crown Of Thorns

line up

Jeff Ament (basse, chant), Stone Gossard (guitare), Andrew Wood (chant, piano), Bruce Fairweather (guitare), Greg Dilmore (batterie)

chronique

Styles
rock
hard rock
grunge
Styles personnels
sleaze grunge

Que faut-il retenir de ce one-shot éternellement fruité ? Qu'il me donne l'illusion de me taper la Drew Barrymore qui avait la fraîche et grunge vingtaine sur un lit de pétales ? Qu'il est pur fruit de hard rock, sous son nom de fruit ? Qu'il reste le seul lien sublimement oxymoresque entre ces deux genres opposés par nature : grunge et glam 80's ? Qu'en le découvrant avec "This Is Shangrila" j'ai fermement caressé la cuisse de l'envie de jeter tous mes Guns 'n' Roses ? Que la six-cordes de Gossard groove avec une paire de cerises à chaque phalange, et que celle de Fairweather crache des soli aussi doux que le jus d'une pêche mûre coulant le long des joues d'une fille repue de sexe par un moite et doux matin de juillet ? Les fruits, encore... Tout ça est bien trop bon et juteux, comme un Use Your Illusion et un Nothing's Shocking entrelaçés et illuminés par la même lumière qui illuminera un Superjudge. Tout ça est mené aux cieux par un apollon aveuglant et qui ne pouvait être que voué à crever dans son extase juvénile. Dans toute la vague de Seattle, Mother Love Bone, plus encore que Soundgarden, étaient ceux qui captèrent l'essence de Led Zep', cette aura païenne, cette mystique d'éphèbe érectile et ailé... cette beauté qu'on appelle rock ou hard rock, dans toute son insolente et désarmante jeunesse. S'il fallait être objectif, je dirais juste pour chipoter que ces jeunes libres et fougueux ne tiennent pas totalement cette puissance de feu tout du long, s'évanouissant un peu sur la seconde moitié dans des morceaux plus composés qui sentent plus basiquement le "grunge", style auquel cet album n'est justement aparenté que pour raisons géographiques... Sauf que les morceaux en question s'intitulent "Man Of Golden Words" et "Crown Of Thorns", voyez-vous... et ils vous fendent le cœur à leur façon, tendre et secrète. Si la première peut être considérée comme le cliché de la ballade obligée au premier abord, elle ne vous en étreint pas moins cruellement le palpitant ; en quelque sorte leur "Don't Cry", avec un Andrew qui semble déjà au paradis derrière son petit piano. Quant à la seconde, elle est aussi radieuse que cruelle, sous son aspect quelque peu anodin, et son final m'emporte systématiquement comme une pucelle ivre. Ce Mother Love Bone c'est la liberté rock, c'tout... Cette liberté qu'ont connue les jouvencelles aux abords des Maisons du Sacré, blondines, pâles et imberbes comme l'éternellement blondin, pâle et imberbe Andrew Wood. Libres comme lui, gambadant insouçiantes jusqu'à cette colline de Mort. Liberté, fruits, cigarettes au petit matin après le sexe, toits des panthéons païens investis par les hirondelles des milles plaisirs... voilà ; ce genre d'albums n'appellent pas vraiment de décorticage appliqué. C'est le rock dans sa jaillissante beauté et sa puissance sexuelle. Les soupirs lascifs du doux Drewy sur "Stardog Champion" et les chorus de mômes qu'elle a en commun avec le titre épo... la lumineuse nigauderie toute glam-metal de "Holy Roller" ou "Heartshine", sublimée par ce pouls funky... les arpèges célestes de "Stargazer" dignes des plus choucardes ballades du Led Zep III... les attaques pearl-jamiennes avant l'heure de Gossard sur "Captain Hi-Top"... la parade amoureuse de "Gentle Groove"... l'introduction crépusculaire incroyablement crémeuse de "Mr. Danny Boy"... tout ça est trop bon, trop beau, liquoreux, orgasmique quand ça n'en est pas à la lisière. Cet album ne méritait pas vraiment de rester dans l'ombre de Ten dont il porte déjà l'émotion rose-noire déchirante, et encore moins dans celle de l'endeuillé Temple Of The Dog ; il constitue en lui-même un hommage suffisant au blondin Andrew et est à mon sens plus attachant, car il n'y avait aucun calcul ici, quoiqu'aurait pu en penser un Mark Arm... juste la jeunesse cruelle des adolescents drogués de Seattle qui s'exprimait dans la lumière exaltée, les embruns fruités et les arc-en-ciels. Je jouis, je ne peux pas dire mieux, amoureusement enturbanné par cette couvée d'anges et d'amazones au sommet du Temple. Aux corps minces l'ivresse.

note       Publiée le samedi 10 mai 2014

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Dane › dimanche 21 mai 2017 - 19:34  message privé !

Sacrée entrée en matière quand même ce "This Is Shangrila".

TribalCrow › dimanche 18 mai 2014 - 11:49  message privé !

Celui-là il ne me touche pas ou alors seulement sur quelques moments ! Du Hard Mélodique et sentimental pas mauvais mais bof. Des GUNS N' ROSES en modeste et poétique mais hélas moins exaltant, tant pis !

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Dun23 › samedi 10 mai 2014 - 13:37  message privé !

Surestimons, surestimons, ne boudons pas notre plaisir, come bite the apple.

Note donnée au disque :       
Seijitsu › samedi 10 mai 2014 - 13:10  message privé !

Mouais, c'est plutôt ce disque là qui est surestimé. Il a même problème que le premier Alice in Chains: il y a des grands moments (Crown of Thorns !) mais c'est inégal et la prod est odieusement datée.

Note donnée au disque :       
born to gulo › samedi 10 mai 2014 - 11:09  message privé !

racolage sur la voie publique !