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Ministry › With sympathy

cd • 9 titres • 37:53 min

  • 1Effigy
  • 2Revenge
  • 3I Wanted To Tell Her
  • 4Work For Love
  • 5Here We Go
  • 6What He Say
  • 7Say You're Sorry
  • 8Should Have Known Better
  • 9She's Got A Cause

line up

Al Jourgensen, ou plutôt Alejandro Ramirez Casas (chant, guitare, claviers, batteries), Stephen George (percussions)

Musiciens additionnels : Robert Roberts (claviers, basse), Marybeth O'Hara (chant), Shay Jones (chœurs), John Davis (claviers), Walter Turbitt (guitare), Martin Sorenson - (basse), Vince Ely (claviers, percussions), Antonia de Portago (chant), Brad Hallen (basse), Ministry of Horns (cor), Ziv Gidron (chant), Doreen Chanter (chant), Bob Suber (saxophone)

remarques

Cet album est resté 29 ans sans réédité. Il avait pourtant connu bien plus qu'un simple succès d'estime à sa sortie, menant Ministry à ouvrir pour The Police à l'époque de "Every Breath You Take".

chronique

Styles
new wave
ebm
Styles personnels
nouveau romantique

Qui a dit que cet album était craignos ? Je vous fracasse tous sans lâcher mon mojito bande d'enfoirés, montrez-vous ! Qui ? Où ? Retenez-moi les filles, empêchez-moi de tuer, de planter le parapluie à cocktail dans des yeux ! Ah, *ouf*, autant pour moi, c'était une blague... de toute façon quel ficus inamovible oserait prétendre que la new wave devrait être forcément plus mauvaise musique que le rock ou le métal "indus" ? Et forcément moins gutsienne ? Pourtant c'est vrai qu'il serait facile de le saquer en toute objectivité émasculée, ce premier Ministry. En disant par exemple qu'il agglomère tout ce que la new romantic - à l'instant même de son climax esthétique - avait de putassier (notez que jamais un amateur digne de ce nom n'emploie cet adjectif ingrat qui ressemble à 'kirsch'), en disant qu'il n'est pas digne de la suite en termes de violence et d'originalité, qu'il est le simple produit commercial insipide de son temps, et autres prudes et bureaucrates précautions devant la puissance aveuglante des néons et de la cocaïne. Sauf que With Sympathy est précisément ce terme employé plus avant : un climax. Le climax jaillissant de l'underground d'une musique chimiquement nocturne, dans son essence-même. Du néo-romantique érectile et chromé. With Sympathy pour moi n'est rien de moins que l'un des quatre voire trois meilleurs Ministry, après fraise réflexion. Quelle révélation dès "(I'm not an) Effigy" : Jourgensen savait faire de la new wave, et pas à moitié, l'enfoiré ! De la new wave totale voire dictatrice, sans limites de goût. Mais surtout tenue par d'outrageuses puissances mélancolique, mélodique, synthétique, et rythmique : quatre éléments aussi indispensables que le rhum, le sucre, la menthe et le citron vert. Et pour ceux qui chercheraient comment Ministry a pu commencer ainsi, ces rythmiques-pylônes sont de toute façon gaulées à l'EBM naissante école D.A.F. (la pose du duo Ministry dans le feuillet est assez explicite) et si elles préfigurent surtout un bon pan de la scène electro-dark, elles sont déjà sans pousser du Revolting Cocks : dans cette obstinée et butée volonté de soumettre l'auditeur ad orgasmum par linéarité et répétition, d'en faire sa petite salope docile dans la transe du club jusqu'à ce qu'il ne soit devenu qu'un pelvis... Jourgensen était déjà ce monojunkie du beat, flippé et jouissif, même s'il était manipulé par les producteurs pour faire la midinette pop selon ses dires, on sent déjà l'halluciné qui contrôle. Ce premier Ministry si ça doit être quelque chose, encore plus qu'un groupe qui se nommerait Panther Boys (les animaleries c'est pas sexy), c'est du Psyche stéroïdé, voire encore mieux : un groupe qui pourrait s'appeler Simple Minds But Proud Cocks. Jourgensen devrait juste avoir honte d'avoir honte de cet album, car à l'époque il aurait pu quant à lui s'appeler Simon L'Excellent, ne masquant pas encore sa voix dont il a honte aussi sous les distorsions, mais sous un faux accent anglais aussi crémeux que canaille. Et puis on se souvient de ses sons funky qui ressortent souvent de With Sympathy et que ce mec - qui a voulu oublier ses origines en s'effaçant sous sa cascade de pseudos multiples comme sous sa cascade d'effets déformants - a des racines latines et partage le même diminutif que Pacino. Sacré Alejandro ! "Revenge", my G.O.D.ness ! "Revenge" est un tube qui retient une table au Dorsia à l'heure qu'il veut... je le passe au moins 4-5 fois à chaque fois, aussi premier degré que Tony bloqué sur Many après œillade sur la sœurette. Après je ne vais pas toutes les citer : la basse funky slappée de "I wanted to tell her" qui fesse et enfièvre sous un barnum de néons soudant Yello et Simple Minds aux beats les plus odieusement bladerunneriens de Michael Jackson, évoque "Hypnotize" de Notorious BIG. "Say You're So Sorry" a ce clavier SUBLIME, et cette attaque de saxo à rendre honteux Men At Work. Elle vous serre le cœur comme le flash d'une vie antérieure ratée, mais en même temps vous dansez ! Car With Sympathy offre surtout de quoi serrer de la cougar tout en restant sombre et expé - parce que pensez-donc : serrer sur du Ministry y en a pas beaucoup qui penseraient que c'est possible ! Le vrai new waver se prendra à se contorsionner et se trémousser tout seul dans des poses ultra-outrancières, à faire de l'aérobic en ayant des visions obscènes genre Dave Gahan en tenue Adidas façon Run DMC, ou Deborah Harry avec un corps de culturiste dominatrice au Tech Noir. Empêchez-moi de me tuer à coups de cocktails tant ce disque invite au stupre new wave ! Juste dommage que la fin me laisse toujours sur ma faim (seulement neuf titres, merde !), même si la pas du tout gutsienne "She's Got A Cause" est super attachante avec ce petit côté smart-matinal à la New Musik et même si la réédition pousse avec une poignée de remix, prolongeant le plaisir de quelques pailles de coke à défaut de rajouter quoi que ce soit aux originales. Mais With Sympathy est un excellent album de grosse, grosse synth pop, pas si artificielle et surtout terriblement obsédante, et c'est un devoir de le mettre en exergue. Alors petite dédicace à tous ceux qui ont dit ou qui disent encore du mal de cet album : je vous fait un gros finger depuis les 80's, la nuit m'appartient. Allez vous faire mettre. Aussi sûr que cela n'a aucune foutue importance vu sa teneur chimique, With Sympathy n'est pas indus. C'est plutôt vous, qui lui êtes indus.

note       Publiée le dimanche 4 mai 2014

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Note moyenne        11 votes

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Raven › mercredi 7 mai 2014 - 10:16  message privé !
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Mon plaisir, cher Talies' ! On va les convertir, tous ces méchants hétéros dark-indus !

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taliesin › mercredi 7 mai 2014 - 07:33  message privé !

1000x merci le corbac ;-) J'adore cet album souvent décrié, que je trouve aussi bon que 'The Mind...' et 'Psalm 69', dans un autre registre !

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Raven › mardi 6 mai 2014 - 04:21  message privé !
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Sublime, le clip de Same Old Madness. Une merveille ! Merci, Rocky ! Jourgensen était infiniment plus classe et efficace quand il se faisait enculer, que depuis qu'il encule les fans de Ministry.

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Rocky Turquoise › lundi 5 mai 2014 - 23:09  message privé !

Tiens ça me fait penser que j'avais choppé le single "The Nature of Love" (1985) au détour d'une brocante y'a trèèèèsss longtemps. Il assez marrant, face A t'as ce morceau de new wave fondante bien dégueu (si je me souviens bien), et face t'as un remix super pilonnant et complètement habité. Faudrait que je le ressorte pendant qu'on parle de Ministry période rouge à lèvres, il était assez efficace entre deux mondes, celui-là.

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torquemada › lundi 5 mai 2014 - 23:01  message privé !

Vous allez filer la trique à Raven pour 3 jours avec des clips pareils !