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Yoko Kanno › Macross Plus - Original Soundtrack

cd • 11 titres • 52:27 min

  • 1National Anthem of Macross02:56
  • 2Fly Up in the Air ~ Tension06:17
  • 3After, in the Dark ~ Torch Song09:00
  • 4Myung Theme05:01
  • 5Bees and Honey01:41
  • 6In Captivity02:46
  • 7More Than 3 cm04:28
  • 8Voices03:54
  • 9Break Out ~ Cantabile06:11
  • 10Very Little Wishes02:29
  • 11SANTI-U07:13

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré à Fredric R. Mann Auditorium, Tel Aviv, Israel et aux Yamaha AV Studio, Crescente Studio & Victor Aoyama, Tokyo. Composé, produit et arrangé par Yoko Kanno.

line up

Yoko Kanno (piano, claviers, celesta, chant (sous le pseudo de Gabriela Robin 3, 11)), Hajime Mizoguchi (supervision orchestre), Yoichi Okabe (percussions), Hitoshi Watanabe (basse), Israel Philarmonic Orchestra dirigé par Anthony Inglis, Akino Arai (chant, choeurs 8, 11), Mai Yamane (chant 3), Masayoshi Furukawa (guitare acoustique), Masaharu Sato (percussions corporelles), Samply Red (programmation), Shigeyo Miyata (batterie), Hisaaki Hokari (guitare électrique), Shunsuke Sakamoto (synthétiseur)

remarques

chronique

Styles
musique de film
musique classique
contemporain
electro
techno
chanson
pop
ambient
Styles personnels
ohhhh !! ahhhh !! vraiment c'est beau !!

Evoquer des bandes-originales de dessins animés japonais, bonjour la gageure. J'ai bien dit dessins animés, pas films d'animation, ce qui fait beaucoup plus chic. J'ai pas dit anime non plus, néologisme francisé geek-chic qui fait passer la pilule même si il désigne strictement la même chose. Evidemment, parler de Joe Hisaishi et de ses compositions pour les chefs-d'oeuvres d'Hayao Miyazaki c'est simple. Même les Inrocks ou Télérama font des articles dessus. Il passerait sur France Musique sans problème. Mais là faut redescendre d'un cran en terme de culture-cred. Et attention, on ne parle même pas des très respectés films de Mamoru Oshii qui ont largement contribué à désenclaver le genre auprès de l'intelligentsia. On parle bande originale d'OAV. Me demandez pas la signification du l'acronyme, j'en ai aucune idée. Un peu élevé aux trucs nippons, je n'ai jamais plongé dedans au point de me retrouver planté en admiration devant la moindre parcelle de sa sous-culture, en bon parrain de la génération NoLife, celle qui se bouscule à la Japan Expo mais qui n'a aucune idée de qui est Akira Kurosawa (véridique). Je suis même passé à travers Akira, qui ne m'a laissé strictement aucun souvenir. Voilà une introduction aussi problématique qu'inutile, mais pas beaucoup moins que l'embarrassant bafouillage qui fera office de chronique à venir. Macross Plus, OAV tiré d'une série des années 80 à base de conquête spatiale et de triangle amoureux. Pas de quoi faire la nez fin, c'est quand même un peu le haut du panier en terme de réalisation. Oh certe, on est loin des réflexions métaphysiques et politiques (un peu lourdaudes parfois convenons-en) d'un Patlabor 2 ou d'un Ghost in the Shell du susdit Oshii, même si il contient son lot de références directes à 2001 et qu'il traite un peu aussi de "l'âme dans la machine", comme son glorieux contemporain. Après tout, il y est question d'une pop star virtuelle holographique, ce qui n'est aujourd'hui plus du domaine de la science fiction, nourris par les sentiments d'une ex-chanteuse un peu revenue de tout. Et de deux rivaux qui complètent ce trio au passé chargé et abîmé, pour une histoire somme toute assez classique mais plutôt chiadé à tout égard, y compris dans des séquences d'action de dogfights qui n'ont toujours pas à rougir près de vingts ans plus tard. Et qui a une BO qui pète. Et c'est bien là où je voulais en venir. Parce que la BO, c'est Yoko Kanno. Et Yoko Kanno, c'est Cowboy Beebop. Et tout le monde s'accorde à dire que la BO de Cowboy Beebop, c'est une tuerie. Et bien la BO de Macross Plus, une des toutes premières à l'actif de cette jeune compositrice d'à peine trente ans, c'est pareil. Ou presque. Evidemment, comme c'est une BO de série animée japonaise, elle est divisée en plusieurs albums. Parce que les Japonais sont des gros maquereaux du marketing. Faut s'y faire. Au moins accordons une certaine cohérence dans la division de la BO en deux albums, le premier étant surtout constitué des morceaux les plus opératiques, co-écrits et interprétés avec l'Orchestre Philarmonique d'Israël et arrangés sous la houlette de Hajime Mizoguchi, violoncelliste et accessoirement alors époux de Kanno. Emphatique comme il faut pour faire sonner un hymne national extra-terrestre ou illustrer les prouesses en vol de deux pilotes dont la rivalité professionnelle et amoureuse va dépasser les bornes de la compétition virile. Les compositions de Kanno, autant le dire de suite, peuvent s'aligner avec n'importe lequel des grands habitués d'Hollywood. Rien de moins efficace, rien de moins spectaculaire, rien de moins dramatique. Le diptyque "Fly Up in the Air ~ Tension" montre toute l'étendue de sa gamme de façon frappante, du plus grandiose au plus dissonant et inquiétant. Ses grandes envolées orchestrales en rappelleront bien entendu d'autres. Pas si loin les magnifiques partitions de Hisaishi pour Miyazaki finalement. Et c'est bien là qu'il faut poser carte sur table et conceptualiser un peu le bordel : au Japon, l'originalité n'est pas une fin en soi. Pire, elle est mal vu. En terme d'art, les Japonais vouent plus de respect à celui qui tendra à reproduire les grandes figures classiques jusqu'à arriver à une parfaite maitrise. Copier, faire comme, c'est profondément respectable. Yoko Kanno, c'est ça, c'est une artiste qui ne se trouve pas dans une invention de forme qui n'a de sens que dans la manifestation d'un égo (la vulgarité occidentale) mais qui se plaît à trouver les formes exactes pour illustrer le plus justement des histoires animées. Yoko Kanno peut tout faire, elle le prouvera bien assez vite, et surtout elle peut tout faire à la perfection. Telle une moine copiste aux mille savoirs-faire, elle sélectionne dans sa gamme outrageusement étendue de talents celui qui s'accordera le mieux à sa commande. Oui, Yoko Kanno, ça ressemble à ce qui a déjà été fait. Oui, chez Yoko Kanno, on entend toujours autre chose. Mais toujours à son meilleurs. Par exemple le thème de "More Than 3 cm" qui serre le coeur dès les premières notes : il est impossible de ne pas y entendre l'influence de Satie rejoint ensuite encore une fois par celle de Hisashi (avec qui elle a travaillé sur Porco-Rosso, et qui lui-même a pillé Satie avec génie). Mais quand la beauté absolue se déroule langoureusement dans vos oreille, on se tait et on se délecte. Le thème de Myung, encore plus bouleversant, une des plus belles mélodies qui m'ait été donné d'entendre, d'une telle évidence, elle semble avoir été cueillie quelque part dans un ciel déjà chargé de créations de ce genre. Oui, mais celle-ci est extraordinairement belle. Et quand elle est reprise en version vocale, c'est par Akino Arai (sorte de David Sylvian du générique de série animées, c'est pas pour rien qu'il a lui-même signé le générique de fin de la fantastique série Monster) et c'est stupéfiant de pureté tout en étant dénué de toute joliesse. C'est pas kawaii, mais c'est pas loin de Kawai, celui qui signe les musique des films de Oshii. En plus beau encore peut-être, et que les esprits fâcheux ne viennent pas grommeler sur des paroles en anglais peut-être un peu faciles, c'est une épiphanie de mélancolie lumineuse. Bon, c'est pas tout ça mais il y a un deuxième volume, très différent et sur lesquels auraient pu figurer entre autre les titres ci-présents échus à Sharon Apple, la pop-star informatique dérangée du programme, entre techno-pop de stade et trance ambient pour hypnose collective. Parce qu'elle est comme ça Yoko, c'est elle qui l'a fait, et mieux que les autres.

note       Publiée le lundi 19 mai 2014

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dariev stands › jeudi 4 juin 2015 - 22:38  message privé !
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Yoichi Okabe est donc en fait le batteur de Bondage Fruit et de Rovo... pas rien.

Potters field › mardi 20 mai 2014 - 14:00  message privé !

c'est dingue ce que je me reconnais dans le debut de la chronique. et c'est vrai que macross c'etait une bonne tuerie à base de robots geants qui se transforment, gage de qualité s'il en est.

absinthe_frelatée › lundi 19 mai 2014 - 18:44  message privé !

Ha l'intro de la chronique est on ne peut plus juste, inutile d'en rajouter. Après je ne connais pas plus que ça les Macross Plus, mais tu fais bien par ailleurs de mentionner Akino Arai qui mériterait tout à fait d'avoir son Furu Platinum (par exemple) chroniqué en ces pages.