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Dale Cooper Quartet & The Dictaphones › Quatorze Pièces de Menace

cd • 11 titres • 74:00 min

  • 1Brosme En Dos-vert
  • 2Nourrain Quinquet
  • 3Calbombe Camoufle Fretin
  • 4Oribus Sustente Lingue
  • 5L'escolier Serpent Éolipile
  • 6La Ventrée Rat de Cave
  • 7Il Bamboche Empereurs
  • 8Céladon Bafre
  • 9Ignescence Black-bass Recule
  • 10Mange Tanche
  • 11Lampyre Bonne Chère

extraits audio

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line up

Christophe Mevel, Gael Loison, Yannick Martin

Musiciens additionnels : Alicia Merz (BIRDS OF PASSAGE), Zalie Bellacicco, Ronan Mac Erlaine, Gaëlle Kerrien (YANN TIERSEN)

remarques

chronique

Dale Cooper Quartet & The Dictaphones fait partie de ces groupes qui réécrivent inlassablement la BO de Twin Peaks, excepté qu'eux sont des spécialistes, des fans invétérés, exhibitionnistes, du genre qui bavent devant Sherilyn Fenn et qui dissertent sur les propos incohérents de la cruchasse qui anime les débuts d'épisode... Ils vont jusqu'à reprendre le blase du special agent dans leur nomination, et pourtant on est loin du semi-copycat relou un album sur deux des potos de l'autre côté du Rhin - je parle de Bohren bien sûr. Nos français sont plus... dépouillés ? c'est possible, ben ouais ! Ils sont même plus dépouillés qu'eux-mêmes sur ce skeud (Métamanoir était beaucoup plus chargé), plus dépouillés que jamais, c'est vous dire... Et pourtant, on a bien le droit à un petit bouillon des genres, mine de rien... Et puis, faut pas croire qu'y se passe rien pour autant, au contraire ! Ca part du jazz, prenez "Giant Steps", divisez le tempo par pi², abstrayez le piano, ne gardez qu'une moitié du batteur et remplacez ses cymbales par de la vieille ferraille difforme et rouillée, ramassée en déchetterie, qui résonne bien... on y est, ça servira à battre une mesure métallique une fois toutes les 10 minutes. Fracassez un peu le saxophone, faites-le rouiller sous la pluie, ne l'autorisez à jouer que dans les grands vides ; transloquez ce qu'il reste dans le hall du Great Northern Hotel, toutes fenêtres ouvertes, vous aurez une idée dans l'ambiance qui règne... On entend le drone de la cascade en contrebas, le frisson continu des arbres, les courses des écureuils sur les tapis de feuilles, et des fracas d'ailes de hibou... il fait nuit noire, évidemment. Les ombres se déplacent, mais pas de bol, on ne les voit pas, et d'ailleurs, on ne les entend que rarement, si on prête l'oreille... Ce sont des ombres qui appartiennent à des voix, tour à tour masculine et féminine, dont les échos viennent hanter les pièces... Ce sont des chants d'une mollesse extrême, pas loin du murmure, qui s'ensommeillent tout au fond de leur reverbération ; ou des murmures vicieux qui raconte des choses moches, cachés sous de la bruyance électrique - je parle de "La ventrée rat de cave". Sacré titre n'est-ce pas ? S'il y a un mystère plus profond que l'identité de BOB, c'est assurément le processus qui consiste à nommer les morceaux chez DCQ&TD... Sur le premier disque, on était à un article + un nom commun; sur Métamanoir, un article + deux noms communs; sur cui-là, on rajoute encore un nom commun (en moyenne); fulgurante ascension ! Si ça continue, ça devrait faire du Celeste dans deux ou trois disques... sauf que nos amis sont plus inspirés par la Cantatrice à calvitie intégrale. Passée cette parenthèse, je voudrais faire un rapide listing conclusif des pièces hantées à visiter absolument : l'incontournable et monolithique (20 min) "Brosme en Dos-vert", qui recoiffe au blizzard dark ambient sur le départ et qui embraye sans prévenir sur le Dark Jazz tout nu du type duquel t'auras le droit sur le reste... sauf sur "L'escolier Serpent Eolipile" ! complètement inattendue, qui riffe à côté de la plaque et claque son électricité en plein pif (ça m'fait furieusement penser à un titre de la BO Twin Peaks, d'ailleurs... je sais plus lequel... pas "Pink Room" mais dans le genre!). Y a aussi "Ignescence Black-bass recule" (percutant! j'aime ce titre... pas vous?) qui après t'avoir possédé avec trois accords post-rock, te balance pleine poire un beat tout frais sorti de chez "Dummy" de la tête à Portis... guitare qui grince, contrebasse rampante, frictions 220 volts, tout y est... Et pour finir, bien sûr "Lampyre Bonne Chère", à s'empiffrer sans modération, avec son ptit tremolo gratté badalamentesque, son orchestre onirique et son apaisant chant de femelle...mmmmmh! Le pire, c'est que ça se bonifie au fil des écoutes, du repérage de détails, d'indices... Je ne peux que recommander! Bonne visite!

note       Publiée le mardi 29 avril 2014

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Note moyenne        6 votes

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Melas_Khole › jeudi 11 décembre 2014 - 03:03  message privé !

"Parole de Navarre" ne m'avait pas plus enchanté que ça. Je trouvais, comme beaucoup que ce groupe était trop bohrenien. J'adhère pour sa singularité plus affirmée, mais surtout pour son côté nettement plus viscéral et moins facile que le dernier disque des Allemands.

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Khyber › mercredi 10 décembre 2014 - 22:12  message privé !

Hmm le savoureux 'Lampyre bonne chère' offre une transition parfaite pour enchaîner avec le 'Gamma Knife' de Kayo Dot!

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Ntnmrn › mardi 29 avril 2014 - 17:29  message privé !
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Ouaip, je crois bien qu'ils étaient partis sur l'idée de s'inspirer de Bohren + Badalamenti, ils le disent en interview : http://welcometotwinpeaks.com/music/dale-cooper-quartet-the-dictaphones-interview/ . "Paroles de Navarre" avait tendance à trop ressembler à ses inspirations... là on est vraiment loin. C'est plus "expé" que Bohren, et différent, notamment à causes des guitares, des cliquetis de ferraille, des drones électriques et des voix. En tout cas, ce disque détrône facile le dernier Bohren (enfin, si on l'avait entrôné, ce qui semble être le cas sur d'autres webzines)

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A.Z.O.T › mardi 29 avril 2014 - 17:21  message privé !

Je leur aie toujours trouver un air de bohren und club of gore du pauvre à ce cher quartet sur leur premier "Parole de Navarre" (référence clairement cité par les dits sieurs). La chro me donne envie de voir ou ils en sont 7 ans plus tard