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Giant Drag › Hearts & Unicorns

cd | 14 titres | 53:22 min

  • 1 Kevin Is Gay [03:02]
  • 2 Cordial Invitation [02:59]
  • 3 This Isn't It [03:03]
  • 4 YFLMD [02:50]
  • 5 Pretty Little Neighbor [03:20]
  • 6 Blunt Picket Fence [02:50]
  • 7 High Friends in Places [03:10]
  • 8 You're Full of S*** (Check Out My Sweet Riffs) [02:46]
  • 9 Everythings Worse [02:59]
  • 10 My D*** S*** [03:48]
  • 11 Smashing [04:11]
  • 12 Slayer [05:00]
  • 13 Wicked Games [reprise de Chris Isaak] [04:16]
  • 14 untitled(hidden track) [09:03]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré à Dirty Little Studios, Los Angeles, CA et Paramount Studios, Hollywood, CA. Produit par Giant Drag, James Bairian & Louis Castle

line up

Annie Hardy (guitare, chant, basse), Micah Calabrese (batterie, synthétiseurs, guitare)

Musiciens additionnels : Joe Cardamone (chant, guitare), Joe Cardamone (chant, guitare), James Bairian (basse), Louis Castle (guitare, trompette, orgue), Gabe Garnica (guitare, slide bass, lap steel guitar), Alvin DeGuzman (guitare), Danny Holden (basse), Don Devore (basse)

chronique

Styles
indie rock
noise rock
rock alternatif
shoegaze
Styles personnels
sale et salace

Annie imite le shoryuken de Street Fighter 2. Annie a un petit côté geek. D'ailleurs Annie est entourée de pédales. De pédales d'effets, rien à voir avec le titre du premier morceau, "Kevin is Gay", qui n'a lui même rien à voir avec les paroles. Faut se recentrer, ça part déjà an vrille. Faut dire que la fille Annie n'est pas un exemple de stabilité. Pour le dire vite en dans sa propre langue : she doesn't give a fuck. Donc la chanson s'intitulera "Kevin is Gay" et vous l'aurez dans le crâne dès ce premier riff. Mais d'où ça sort d'abord ? Pas du millésime de ces imbitables années 2000. Annie Hardy est juste arrivée dix ans trop tard mais elle ne fait pas "comme dans le bon vieux temps" où l'indie noisy et auto-dépréciateur déferlait en vague irrésistible de fuzz et d'humour noir. Annie fait du bruit parce qu'elle ne sait faire que ça et du coup ressuscite de vieux démons qu'on croyaient chassés par un "retour de guitares" bien petit-bourgeois. Les spirales embrumées du shoegazing, l'agression sonique d'une jeunesse éponyme devenue depuis maitresse-étalon du noise-rock et un langage de fille mal élevée, un peu allumeuse, un peu salope mais aussi et surtout trop à fleur de peau, littéralement. La girl-next-door qu'on fantasme un peu cochonne mais qui après un verre ou deux dans le nez se lâche à sortir des phrases bien vilaines dans la bouche d'une fille. Un peu borderline la Annie, elle dessinait des coeurs et des licornes sur ses cahiers d'école mais s'amusait ensuite à transformer le tout en truc salace et pas ragoutant. Une fois elle aurait claqué la gueule d'un mec, à ce qu'il parait. Quand elle se met à genou, faites-bien gaffe à ce qu'elle ne sorte pas un couteau de sa poche, dès fois qu'elle soit prise d'un accès de rage, ou juste pour esquisser un geste qui tournerait mal, une sale histoire de fille un peu maso, un peu hystéro sur les bords. Mais qu'elle prenne ses médocs !!! La pharmacie. Et si c'était ça les mystérieux 7.50 évoqués dans les trois minutes tubesques abrasives de "Kevin is Gay" ? 365 jours par an, elle n'a besoin que de 7.50. C'est clair non ? Ben non, car Annie n'est pas claire. Elle prend des trucs, c'est évident. Peut-être bien qu'elle est obligée pour oublier la douleur. Peut-être aussi c'est pour ça qu'elle se noie dans ces textures qu'on n'avait plus entendu depuis qu'un certain gang d'Irlandais avaient mis la clef sous la porte. Quelques guitares, quelques pédales et Annie se love dans une brumasse mélodieuse qui vient lécher les tympans comme autant de reflux de ces années passées à enquiller des vrilles soniques. Une nana pas de son époque. A peine un batteur bien remonté pour l'accompagner dans une formation en duo, seul véritable rattachement aux modèles en cours durant sa propre décennie. Mais bon sang, ce son qui resurgit derrière la rythmique acoustique de "Cordial Invitation", c'est le volcan shoegazing qui dégueule une dernière fois ses plus belles fumées étourdissantes. Sexy Annie ? Ouais, mais pas comme vous croyez, oubliez-les toutes ces nanas éthérées et intellos venues de Grande-Bretagne, le regard absent et détaché. Annie est une petite américaine à problème qui n'a pas peur du trash, elle t'en promets même un peu trop à toi qui, sans aucun doute, finira par lui faire du mal. Comme toutes les filles qui en rajoute dans la provoc, elle dresse une sexualité frontale tel un rempart contre les connards. Ah, tu veux du cul ? Ecoute un peu mon garçon, quand tu l'embrasses tu lui rappelles son papa. Quoi, oh, t'es choqué ? Petite bite va. Pauvre mec. Bon, Annie serait un peu désabusée malgré son jeune âge que ça ne m'étonnerait pas : "Love love love, this isn't it.". Annie foule ses pédales de disto avec des ballerines qu'elle te foutra dans la gueule après une mauvaise nuit de baise. Les mecs, n'approchez pas trop près. Cette fille n'est pas équilibrée, y a bien que la frappe carré en arrière qui lui donne un semblant d'allure, mais elle se convulse d'un coup, arquée sur son instrument, elle mâchouille ses mots comme du chewing gum, avec l'arrogance d'une petite conne ou d'une nana qu'à déjà pris cher et qu'à plus l'intention de se laisser prendre au jeu. Sans jamais lâcher le côté intrinsèquement pop, presque kawaii, de la jeune fille amoureuse. Mais du kawaii trempé dans le détergent. Ca pique, ça brûle, ça attaque la peau ! Les points de suspension dans le titre, c'est pour cacher "My Dick Sucks", car suggérer c'est toujours pire. Suggérer le vulgarité, en donner juste assez pour espérer tomber sur une vraie salope, et puis tomber sur une vraie, mais alors au sens dangereuse du terme. On en a déjà croisé quelques unes dans les parages. Dix ans plus tôt, sans les grosses guitares, mais tout aussi fragile sous une carapace de sexualité passive-agressive. Liz Phair elle s'appelait. Une sorte de grande soeur qu'on croirait presque retrouver dans les couplets de "Everythings Worse" (euh, un peu désabusée la fille on disait ?). Ou dans les arrangements plus délicats et mélancoliques de "Blunt Picket Fence" et ses cuivres qui transportent un instant aux lisières de Cali vers un horizon mexicain. Ou encore sur ce "Slayer" qui clôt l'album sur une note qui sent plus que jamais l'Amérique, car si de shoegaze il est question, la musique de Giant Drag (au passage, quel nom magnifique de perdant d'avance) reste bien ancrée sur son continent de puritains bons à secouer. Annie Hardy reprend d'ailleurs "Wicked Games" juste pour son propre plaisir. C'est pas à la fois hyper américain et hyper sexuel "Wicked Games" ? Ben ouais c'est sexuel et avec Annie Hardy ça fout des tâches partout sur les draps. C'est sale et ça sent le danger. Ca peut tourner mal. D'ailleurs ça tourne toujours mal. Pas vrai Annie que ça tourne toujours mal ?

note       Publiée le mardi 22 avril 2014

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(N°6) › mercredi 19 juillet 2017 - 19:45  message privé !
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C'est sûr que son histoire, ça relativise... C'est bien qu'elle ait pu faire cet album solo. (entre temps elle sortait plein de petits bidules sur son bandcamp, y compris un dernier album de Giant Drag il y a quelques années) Une petite soeur de Liz Phair (sans la pop) et Mary Timony (sans le prog).

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Dioneo › mercredi 19 juillet 2017 - 19:23  message privé !
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C'que t'es influençable... Faut croire que moi aussi vu que je suis en train de réécouter cet album et que je suis allé m'enquérir du Annie Hardy Rules dont tu causes... Et tiens, je me rappelais pas vraiment que sur celui-là y'a aussi des trucs posés genre Blunt Picket Fence qui vont bien avec la saison ! (En sus de love love love, this isn't it, évidemment, de Kévin qui est gay, de tout le reste qui passe toujours aussi bien, oui, jusqu'à cette - décidément bien choucarde - reprise du Zazak).

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Klarinetthor › mercredi 19 juillet 2017 - 16:31  message privé !
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Klarinetthor › mercredi 19 juillet 2017 - 16:08  message privé !

C'est vrai que ça a fini par tres mal tourner pour elle. Elle n'a pas arreté pour autant et a sorti un album sous son nom cette année. (quel délice cet album, je ne le ressort meme pas une fois par an, mais c'est toujours aussi frais).

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Dioneo › mardi 22 avril 2014 - 23:05  message privé !
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Ah l'enc... (ornet). Il m'a pris au mot (rien à voir avec le premier titre du disque non-plus, hum - ça s'écrit pas pareil).

Bon, en même temps pour le coup j'aurais dis à peu près la même (avec d'autres mots évidemment). Vous n'aurez donc pas de contre-pavé pour quelques détails sur quoi on différerait. Et la reprise de Wicked Games enlève tout le côté chochotte romantique à mèche de l'originale, au fait. Je préfère de très loin ce vintage nineties attardées là que le vintage fifties de Chrissou La Banane.

(Mais surveille quand-même ton dos, NumberSix, eh eh... Les jours qui viennent quoi, pas plus de dix ans, hein. Suis pas très rancunier, comme gars).

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