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Jean-Louis Murat › Live in Dolorès

  • 2001 - Labels, 8505402 (2 cd)

cd | 10 titres | 53:25 min

  • 1 Perce-Neige [05:31]
  • 2 Au fin fond d'une contrée [reprise de Akhenaton] [06:50]
  • 3 Fort Alamo [07:21]
  • 4 Aimer [05:29]
  • 5 Margot [05:54]
  • 6 Oncle Vania [04:02]
  • 7 La chanson de Dolorès [04:39]
  • 8 Little Valentine [03:45]
  • 9 Benito [04:09]
  • 10 L'excursion au Mont d'Or [05:28]

extraits vidéo

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line up

Jean-louis Murat (chant, guitare, harmonica)Denis Clavaizolle (claviers, programmations)

remarques

Cette édition comprend également "Murat en plein air", EP de 1991.

chronique

Styles
chanson
pop
Styles personnels
chansons de dolores dénudées

Live depuis les champs. Ses seuls spectateurs, les petits oiseaux, dont les sifflements bucoliques se font entendre à chaque silence. Dolores débarrassée de ses atours, nue comme elle se devait d'être : guitare acoustique, quelques volutes de synthés nuageux, parfois un harmonica déchirant l'air frais des ubacs. Un dépouillement qui sied à "Perce-Neige", encore plus pénétrante et dramatique, enracinée profondément en ces terres pentues. Murat chez lui prend son temps, laisse les mots rouler aux fond des torrents, parfois se cognant contre les pierres tranchantes. Il ne cherche plus à faire de la pop, il est dans ses propres sommets, ceux d'un chant grave et sensuel, caressant des phrases qui torturent les coeurs, d'un coup énervant sa guitare par volée de bois vert, comme des sautes d'humeurs, des colères qui se doivent de rugir du fond des vallées. Se soustraire aux rythmes encore trop séduisants de ses arrangements trip-hop originaux, Murat se cale à l'occasion sur une boite à rythme ténue pour imprimer une lenteur nécessaire, pour bien faire peser le poids de chaque mot, de chaque sentence, "Je n'ai plus de visage, je reste caché.", l'assaut de Fort Alamo y gagne en pathétique, en auto-dépréciation mi-satisfaite, mi-résignée. "Malgré les menaces, comme tout me lasse, je m'en fout". N'ayons pas peur des nôtres, de mots, pour dire à quel point le brenoï est ici bouleversant comme jamais, sur toutes ces visites de chansons en ruines, que ce soit la profonde et élégiaque "Aimer" ou une "Margot" en piano solitaire à peine accompagnée d'un triste chant d'harmonica pluvieux. Ce sentiment profond d'abandon, qu'il chantait jadis, il submerge à nouveau sur l'instrumental originel et lancinant de "Perce-Neige" où les lignes de chants sont noyées à jamais par un vocoder maladif, arrivant après un étrange inédit, "Oncle Vania", dont l'écriture cryptique comme jamais ne cache néanmoins pas longtemps son arrière goût de regret et d'amertume. Une bien intriguante excursion au Mont d'Or reprise en final sous un arrangement plus luxuriant qui aurait fait de "Dolores" un album parfait s'il en avait remplacé le seul titre dispensable. Il aurait aussi pu y jeter au passage cet autre exercice de mystification qu'est "Benito", drôle de patronyme accolé à celui de Bakounine, où le groove soyeux du refrain respire le sarcasme. Avant d'en finir sur ces deux touches nettement plus incendiaires, Murat s'est glissé à nouveau dans la peau de celui qui murmure à l'oreille de filles dans la sublime "Chanson de Dolorès", une plume désabusée et d'une sensualité ahurissante d'autant qu'il y chante au féminin, le fourbe. Une chanson pour faire mouiller, désolé de devoir y aller aussi franchement, surtout à propos d'un texte où il sussure "Tout me paraît vulgaire.", mais c'est tellement outrageusement un truc à faire perler la cyprine qu'il n'y a rien de plus parlant à en dire. Et pour ajouter une touche singulière à ce répertoire de faux-concert en plein air, Murat tire une cartouche inattendue, dès le deuxième titre. Une reprise, ce qui n'est pas commun chez l'Auvergnat qui à la même époque ne touchait qu'à Leonard Cohen. Et une reprise d'Akhénaton, rien de moins. Murat fait siennes les contrées désolées du rappeur Marseillais, avec presque rien, mettant si besoin était en évidence la finesse et l'acuité de l'écriture de celui-ci. Troublants échos qui passent à travers cette réinterprétation qui ne dénote pas le moins du monde entre deux des meilleurs textes de Murat. La même mordante nostalgie et difficulté à être au monde entouré de fantômes, le désespérant "Troupeau" qu'il chantait à nouveau sur scène est finalement tout proche. D'un agencement à priori hétéroclite (faux-live, inédits, instrumental et reprises), Murat fait simplement son meilleurs album à ce point, en se tenant plus proche d'une austérité pastorale qui lui va bien à l'âme.

note       Publiée le lundi 14 avril 2014

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(N°6) › dimanche 21 août 2016 - 20:02  message privé !
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Voilà une réclamation qui me plait bien ! Le reste de la disco de Murat va suivre sans faute un de ces quatre. Et oui, même récemment comme tu dis, alors qu'il est un peu pris pour acquis depuis un moment, y a des trucs fantastiques.

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SEN › dimanche 21 août 2016 - 19:56  message privé !

Y'a d'autres très bon albums de MURAT qui brillent par leur absence sur GUTS ! J'avais du mal avec MURAT jusque là, mais y'a plusieurs albums même récent qui m'ont tués ! Tout ça pour dire qu'il faut aller plus loin dans sa discographie, ça vaut le coup !

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Raven › jeudi 4 juin 2015 - 14:36  message privé !
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Comme créer quelque chose de joli et s'en délecter, lentement, très lentement, très soigneusement, pour en faire quelque chose de beau.... y a la branlette et y a l'onanisme, Jean-Louis c'est la deuxième catégorie.

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Raven › lundi 14 avril 2014 - 23:37  message privé !
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Oooh...faut que j'aille rendre visite à ma môman moi, pour lui grappiller un skeud en douce...

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