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Buzzcocks › Singles Going Steady

cd | 24 titres | 47:49 min

  • 1 Orgasm Addict
  • 2 What Do I Get?
  • 3 I Don't Mind
  • 4 Love You More
  • 5 Ever Fallen In Love (With Someone You Shouldn't've)?
  • 6 Promises
  • 7 Everybody's Happy Nowadays
  • 8 Harmony In My Head
  • 9 You Say You Don't Love Me
  • 10 Are Everything
  • 11 Strange Thing
  • 12 Running Free
  • 13 What Ever Happened To?
  • 14 Oh Shit!
  • 15 Autonomy
  • 16 Noise Annoys
  • 17 Just Lust
  • 18 Lipstick
  • 19 Why Can't I Touch It?
  • 20 Something's Gone Wrong Again
  • 21 Raison D'Être
  • 22 Why She's The Girl From The Chainstore
  • 23 Airwaves Dream
  • 24 What Do You Know

enregistrement

de 1977 à 1981

line up

Steve Diggle (guitare, voix), Steve Garvey (basse), John Maher (batterie), Pete Shelley (chant, guitare, claviers)

remarques

La seconde pochette est celle du mini-album d'inédits Parts One, Two, Three, sorti dans la période terminale de Buzzcocks où leur son passait clairement du côté cold de la force. Dans les rééditions innombrables de cette compilation, optez pour la version 2001 avec bonus si vous ne possédez pas déjà Parts One, Two, Three.

chronique

Styles
pop
punk

Buzzcocks sont l'incarnation punk du litchi. Et j'entends par là le litchi ENTIER : écorce comprise. Un truc rose-obscur, et rugueux. Ma façon de rendre hommage à l'ironie amère de Shelley, presque désespérée, toujours sous-jacente dans ce punk sautillant, et parfaitement incarnée par leur tube "Orgasm Addict", qui colle plus que jamais avec l'air du temps : parler de baise et glorifier la baise, comme on glorifie le pognon ; mais baiser de moins en moins, séparés par des écrans et des cases horaires, en ayant de moins en moins de thune. Mais garder le smiley, comme Shelley : garder la face radieuse, en ayant une putain de boule dans la gorge...Magazine ? Devoto, l'exflitré, a assurément une épaisseur goth dans le gosier que Shelley n'a jamais eu, mais Buzzcocks avaient leur côté sombre aussi, plus larvé... et je le répète : Pete Shelley, bordel de sucette en bouche et de lame de rasoir au creux de la pogne ! Shelley il avait pitêtre la tronche et le mojo d'un gérard jugnot avec des cheveux, mais derrière ses airs de gaston lagaffe du punk c'était un tueur. Le malaise est donc là, sous ce côté "emo avant l'heure" et "rose", et c'est logique, car "emo-rose", en compactant un peu, ça devient "morose". Malaise sous la pop. Car Buzzcocks font de la pop - ou du punk. Plus du punk que de la pop, même... Bien qu'en réalité on s'en fiche comme d'une demie-biche : ils vibrent, comme leur petit nom coquin & malin, et rockent frais avec cette pointe d'amertume et de mélancolie au scalpel du jeune Shelley, cette poésie d'un quotidien imparfait, typiquement anglaise dans sa chochotitude contrariée, qui a fait un Ray Davies et donnera plus tard un Morrissey. Buzzcocks sont de sacrés voyous et de faux ingénus, et ils détiennent en '77 la formule punk la plus douce-amère possible. Peut-être la meilleure. Leur popunk est pubère - donc giclé haut et vite, comme leur discographie (trois albums en même pas deux ans, ce best-of juste après) et en même temps, il y a cet adulte en eux serre des poings. Singles Going Steady, c'est beau comme une mue, car ça fait 'patchwork-amalgame' de leur évolution d'un son purement punk vers une ambiance plus post punk. Ces jeunes gens aux joues fraîches ont l'art de pondre des merveilles déguisées en postillons. Qui aurait besoin de s'embêter à écouter des groupes dis/gracieux et biscornus comme Pixies pour trouver son tube punk albino et solaire, alors qu'on peut avoir "Harmony In My Head" avec trois fois moins d'ingrédients et de branlette ? Méditez sur les poussifs excès de la boursouflure hermaphrodite qu'est Francis Black, et comparez donc avec la spontanéité guéparde de ces appolons. Et tiens, une petite spéciale pour Hüsker Dü, tant que nous y sommes distribuons gaiement les coups de dard à ceux qu'on apprécie même si c'est pas élégant : si le college-rock des hardcoreux a pris son essence quelque part, ne serait-ce pas ici, chez ces mini Kinks en carbone ? "Sympathique", me glissez-vous comme un billet sous la nappe pour acheter ma passion comme un vilain mafieux et la transformer en froide objectivité ? Non : séminal. Shelley était un genre de dandy à lame dissimulée, jouant les simplets à l'instinct, pour mieux te sectionner un bout du cœur en douce (grand moment sur "So why can't I touch it?" quand il chouine ses lamentations de débile frustré sur ces échos de guitare-mouette ; grand morceau). Les puristes pourront me hurler qu'il faut d'abord encenser Another Music ou A Different Kind Of Tension (dont on retrouve ici la claque quasi-cold wave "Autonomy") avant de causer faces A, faces B et inédits, mais pour moi cette compilation d'époque a la tenue de ce qui serait leur meilleur album - et je tiens compte de la version avec bonus hein, bien plus garnie que l'originale car contenant le mini-recueil 'Parts 1-2-3' (sorti à l'époque où Pete Shelley se tapait son trip new wave arty-gay à gros synthétiseurs sur Homosapien), et qui est une suite de six tueries : "Strange Thing", "Running Free" et "Why She's the Girl from the Chainstore", sont rigoureusement indispensables - "Are Everything" c'est du Stranglers-Damned en forme, et "Airwaves Dream" n'a rien à envier à Joy Division, qu'elle repompe pourtant. Sentez-vous la désinvolte richesse de ces "pas grand chose" ? L'âpreté des frustrations transformée en rock-ressort ? Éventrez l'écorce rugueuse de Buzzcocks avec vos petits doigts, et croquez ces litchis avec vos oreilles, mes mignons. Croquez, et goûtez à l'âme sous le sucre ! Car en effet, comme vous l'avez toujours su et comme je le sais : les litchis sont bien des petits cerveaux.

note       Publiée le dimanche 13 avril 2014

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Twilight › dimanche 4 septembre 2016 - 20:30  message privé !
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Heu, ben, quand même, 54 morceaux, c'est pas si mal...Je la possède, cette compilation 3CDS qui effectivement conclut sur une interview. Il y a quand même de quoi faire

zugal21 › samedi 3 septembre 2016 - 21:44  message privé !

C'est Complete singles Anthology, avec interview je crois. Donc pas si "very" big que ça...

Dioneo › samedi 3 septembre 2016 - 21:40  message privé !
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Si ta compile est le Product sorti en 1989 puis en 1995, il s'agit en fait d'une intégrale ou quasi, apparemment - de la période avant le split/la reformation en tout cas. Trois CD qui regroupent - en respectant l'ordre des titres et la chronologie des sorties, semble-t-il - les trois albums "historiques" (Another Music in a Different Kitchen/Love Bites/A Different Kinf of Tension) + les morceaux hors-album du disque ci-chroniqué + Many Parts (Live at the Lyceum) + le mini-album Part 1-3, réintitulé lui-même Product sur l'édition de 1995, si j'en crois dicogs, et que Raven mentionne dans les remarques à propos de la deuxième pochette)... Ce qui fait un gros paquet de musique(s) oui, mais vu qu'apparemment ça se trouve à des prix très décents, ça peut sans doute valoir le coup de se procurer les bête, quant on n'a pas encore les disques originaux, tiens.

zugal21 › samedi 3 septembre 2016 - 20:16  message privé !

Les Buzzcocks... J'en ai une very big compile, pas celle-là. Et c'est tout. Je trouve que c'est hyper bien foutu, entraînant, bien pensé, très efficace... Génial en voiture, aussi.

Dioneo › dimanche 13 avril 2014 - 14:13  message privé !
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(Oh merde... J'avais pas percuté la fine astuce !)

Vivement le trio(lisme) Franck + Franck + Lio, alors... (Vocal, hein).