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Violent Femmes › Hallowed Ground

cd • 9 titres • 38:57 min

  • 1Country Death Song5:02
  • 2I Hear The Rain1:32
  • 3Never Tell7:10
  • 4Jesus Walking On The Water3:07
  • 5I Know It’s True But I’m Sorry To Say5:05
  • 6Hallowed Ground4:18
  • 7Sweet Misery Blues2:51
  • 8Black Girls5:41
  • 9It’s Gonna Rain4:11

enregistrement

Secret Sound Studio, NYC, janvier 1984

line up

Victor Delorenzo (tranceaphone, stompatron, percussions, vocaux, installations percusives), Gordon Gano (chant, guitare électrique, guitare acoustique, violon), Brian Ritchie (guitarron basse, basse électrique, slide basse, célesta, marimbaphone, guimbarde, vocaux)

Musiciens additionnels : John Zorn (saxophone alto, clarinette, appeaux), Mark Van Hecke (piano, orgue), Tony Trischka (banjo), Christina Houghton (autoharpe), Peter Balestrieri (vocaux, saxophone, harmonica), Cynthia Gano Lewis (vocaux), Drake Scott (cornet à bouquin, sacqueboute), John Tanner (clarinette)

remarques

chronique

Styles
country
cowpunk
folk
punk
Styles personnels
caisse à savon

Les premiers Violent Femmes, ce sont des disques qui rendent dingues. Y'en a pas beaucoup des comme ça. Surtout avec nos visions étriquées d'Occidentaux pour lesquelles la campagne, c'est l'endroit où on passe les vacances en famille. La datcha de grand-mamie, le mas réembourgeoisé de cousin Aymeric. À la limite la petite ferme cosy de tata Anne-Fleur (elle s'appelle Anne-France normalement, mais elle tient à ce qu'on l'appelle comme ça depuis ses dernières vacances à Reykjavík). Mais rien qui jamais n'évoque de près ou de loin les jeunes péquenauds à salopette et chapeau de paille qui tiennent une distillerie illégale dans le fond de la grange de papa. Ni les valeurs familiales comme indécrottable atavisme, ni la passion amoureuse pour les vaches comme membres de la famille (tout est dans le regard, avec la vache : c'est au fond de son âme que tu vois à quel point papa l'aime autant qu'il aimait maman quand elle était jeune). Bien sûr de temps en temps on a une anecdote locale sur M. Doumengue qui est allé emballer sa fille de trois ans dans un sac poubelle avant d'aller la jeter au fond de l'affluent local de la Garonne, ou le règlement de compte au canon scié entre la famille Goncourt et leurs voisins les Boiseul, quelque part en Lorraine, mais rien qui touche, fondamentalement, au rapport à la nature et aux grands espaces qu'on a aux US, à cette montée d'hormones qui nous vient en touchant son premier banjo. Et y'a donc peu de groupes comme ça, dont on saisit instantanément l'essence rustique d'Amérique profonde. Je parlais de Killdozer tantôt, sur lesquels y'aurait déjà de quoi écrire un bouquin, y'a aussi les Meat Puppets pour sûr, on en parlera plus tard - eux y'a d'ailleurs pas besoin d'écrire quoique ce soit, ils doivent déjà figurer quelque part dans le Vidal - mais les plus forts dans le lot je trouve, c'est quand même les Violent Femmes. Déjà c'est les plus originaux et inimitables, et surtout c'est LE groupe au groove ahuri fédérateur de garçon vacher, LE groupe qui rend dingue. Hallowed Ground, leur deuxième album et sorti un an après l'unanime et inénarrable premier, c'est l'occasion pour les Violent Femmes d'ouvrir encore un peu plus leur cœur aux jouets égarés dans l'étable, d'aller faire une course de carriole pour enfant le long des plaines du Wisconsin (alors qu'ils ont largement passé l'âge), et puis surtout d'aller faire les ados effrontés en allant extorquer du fric à papa après l'avoir surpris avec sa maîtresse - c'est de bonne guerre. Le côté petit con du premier album, c'est vrai, s'est quand même relativement assagi sur Hallowed Ground, c'est d'ailleurs peut-être ce qui fait qu'il a eu moins de succès que le premier. Au mieux il en reste l'humour et le cynisme apparents, au travers cette basse clinquante comme jamais, cette guitare ébouriffée qui donne l'impression de ne jamais avoir été accordée, et puis ces lyrics premier degré chantés au soixante-quinzième (on est facilement saisi d'un sourire en entendant parler de Jésus au milieu de ce joyeux foutoir, mais il se trouve pourtant que Gordon Gano est catholique pratiquant). Mais il a pris du reste un sacré coup de folk dans l'aile, ce côté petit con. Il est ajouté impertinemment de tas d'instrus d'aventure réservés à l'intouchable country-folk du pays (ce violon de pompier au mazout sur le bon-croyant "Jesus Walking on the Water" : inconcevable, et puis cette clinche gratuite sur Sweet Misery Blues), tout en déraillant carrément sur des arrangements cancres éhontés (les riffs de saxo - justement joués par un très discret John Zorn - qui finissent en cacophonie sur je sais plus quel morceau, et puis encore ce roulement de toms de cirque Pinder rhume des foins sur Never Tell, c'est quoi ce plan ?). C'est en fait le mot je crois, cancre, qui résume au mieux le punk débranché des Violent Femmes. Bien au delà de leurs moments les plus sombres - dans tous les sens du terme - y'a toujours chez eux l'espèce de braillement nasillard consanguin de Gordon Gano, qui éructe sa sinusite chronique comme un Seeds bercé trop près du mur, pour venir recadrer l'ébauche de crédibilité qu'on aurait voulu leur accorder (avant de s'aussitôt raviser : pourquoi faire au fait ? hein ? HEIN ?) et qui lui donne ce sublime petit sourire édenté de dernier de la classe. Le grand air dont je parlais plus haut, là-dessus, on se rend d'ailleurs compte à quel point c'est un ami parmi les plus fidèles, pour faire germer des accents à la con en plus de d'envoyer du vide directement dans les neurones. Sans compter sa participation indispensable à un autre super concept pourtant essentiel qu'on a oublié d'inventer à l'époque en réponse à celui de la street-cred naissante : la country-cred. Moins y'a de membres sains d'esprit dans ta famille, plus t'en as.

note       Publiée le mardi 8 avril 2014

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notes

Note moyenne        9 votes

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vigilante › dimanche 7 juin 2020 - 16:52  message privé !

Absolument pas déçu, plante gaiement le décor. Vous m'avez fait flipper en parlant de Louise Attaque, un instant j'ai craint le pire.

microbe666 › mardi 26 mai 2020 - 16:42  message privé !

A noter qu'il y a un coffret original album series avec les 5 albums ici chroniqués pour une bouchée de pain.

Richter › mardi 26 mai 2020 - 15:24  message privé !

Première fois que j'écoute cet album...je sens que je vais faire pareil, le commander vite fait. Comment j'ai fait pour passer à côté aussi longtemps ? Oo

Note donnée au disque :       
Dioneo › mardi 26 mai 2020 - 14:34  message privé !
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Ouip, parfait pour commencer avec eux, plus que le premier, même, je dirais, "à nos âges". Même s'il reste un super disque tout court, hein, le premier. Comme celui-là indépendamment de toute comparaison, d'ailleurs. Bref... Bien de la joie t'attends, je dirais !

Note donnée au disque :       
Alfred le Pingouin › mardi 26 mai 2020 - 14:26  message privé !

'Bien raison. C'est d'la folie faste et furieuse.