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Vîrus › Faire-part

cd • 4 titres • 22:00 min

  • 1Cafarnaüm
  • 2Champion's league
  • 36.35
  • 4Des fins...

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line up

Vîrus (MC), Banane (prod)

remarques

Sortie internet uniquement

chronique

Styles
hip-hop

Vîrus. Avec un accent circonflexe : pour se démarquer. Je commence par ce qui me semble être une porte d'entrée évidente : "Faire part", son dernier EP en date (puisque le gars a choisi de ne sortir que des EP pour l'instant). Lentement monté au perchoir à la pioche et à la corde, tiraillé par la masse médiocre des rappeurs internet, Vîrus s'est brillamment illustré sur la toile avec sa série de 4 EP : une trilogie donc + "Faire part" comme cerise conclusive on the cake. Si les trois premiers adoptaient volontiers un ton parfois léger et se permettaient quelques écarts "chantés", là, le fruit a mûri moisi pourri, et s'est fait bouffer par le tandem asticots-piafs : fini la rigolade. "Faire part" a été annoncé comme ceci : "à écouter dans le noir complet, de préférence seul". Et quand on le lance... "Bouh ! il fait froid d'un coup..." Y a quelque chose d'une métamorphose. Sanglots longs des violons, ton grave et lent, capuche, tête baissée. La pochette fait office de présentatrice météo : "le ciel est gangsta, annonce : dépression, rafales, pertes, fracas". Il n'est plus question ici que d'humour noir, de grincements de dents nocturnes, de virées sous la pluie à maugréer sous cape, de longs dimanches soirs à cogiter. Même plus envie de se palucher sur Tukif.com, même plus envie de serrer des meufs. C'est dire le cafard. Qu'est-ce qu'il a pu manger pour devenir aussi badant, Vîrus ? Pas besoin d'analyse coprologique, ça crève l'oreille : la team de nos sudistes nihilisto-dépressifs, voyez ? Nonstop, Michniak, M. Cloup : ce sont les blazes qui me jaillissent à l'esprit en écoutant "Faire part". En vrai, je suis même pas sûr que Vîrus les ai entendus une fois dans sa vie, mais quand même. Quand on lit "Une arme lourde permet de prendre du recul"; "Les convictions d'un végétarien sapé tout en cuir"; "Advienne que pourrave" : comment ne pas penser au zapping mental des absurdités du 21ème, aux collages maniaques d'expressions trafiquées réalisés par Frédo Roman ? Comment ne pas entendre sur "Champion's league" l'expression franche et frontale du désabusement révolutionnaire en filigrane chez les ex-lurons de Diabologum ? Comment ne pas évoquer Programme sur l'instrumentale de "Des fins", avec ses percus industrielles ? Parlons-en de ce titre ! C'est le tube du disque, celui qu'a fait le tour du web : un long crescendo sur le thème de la mort, bourré de jeux de mots imaginatifs, touchant, intriguant. Mais faudrait pas oublier le reste, parce que tout y est bon ! "6.35", par exemple : longuette mais chiadée si bien que ça vaut le coup d'aller au bout, vraiment : trois couplets-missiles autour du thème de la violence, patchwork de tortionnaire de la langue, chaos d'anecdotes racontées sans morale, mais lourdes de sous-entendus ("la voisine frappe sa fille, elle pourrait au moins fermer la porte / mon pote avait la foi, il fut touché à l'aorte"). Les autres titres sont plus conceptuels, à l'image de "Des fins" même si en fait, tous gardent cet aspect de zapping détraqué autour d'un thème. "Cafarnaüm", l'intro expéditive, navigue entre les flots d'idées noires (cafard...) et la confusion mentale (...capharnaüm), à l'appui d'images frappantes et d'une auto-dérision quasi pathologique ("[...] remets en cause toute amitié / quand j'ouvre un frigidaire où y a que des sauces (soces)") ; c'est mon titre favori. Quant à "Champion's league", vicieusement mise en ligne le soir de la finale Bayern Munich-Borussia Dortmund, elle électrocute les bourges et leurs velléités révolutionnaires de poisson-chat en les reconnectant à la réalité de la pauvreté... "Le soulèvement n'aura pas lieu, y a un match de Champion's league". Derrière tout ce fatras textuel, l'énigmatique Banane envoie des instrus à la mesure du MC, des beats lugubres comme un mois d'automne, du genre qui foutent le moral aux chaussettes et noircissent l'horizon au marqueur ; simples et efficaces ; on n'en demande pas moins, mais on n'en demanderait bien un petit peu plus : de folie créative ; parce qu'on sent que Banane est capable. Cela mis de côté, maintenant que je vous ai briefé sur "Faire part" et que vous êtes peut-être convaincus qu'il s'agit d'un EP prometteur et d'une fraîcheur inédite pour la décennie (malgré les relents de Nonstop/Programme), il faut dire que pour la suite, ça s'annonce moins grisaille que sur la pochette. Vîrus fréquente les hauts cercles de l'underground rapologique : Anfalsh, et notamment Casey, avec qui il a fondé l'Asocial Club (Casey, Vîrus, Prodige, AL). J'ai ouï dire qu'un disque se tramait, chez eux... A défaut d'un skeud solo, ça pourrait être salivant, hein ?

note       Publiée le dimanche 6 avril 2014

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nowyouknow Envoyez un message privé ànowyouknow

https://rayondufond.bandcamp.com/

Nouvel extrait du prochain EP. Pensez-y pour mettre l'ambience en soirée...

Klarinetthor Envoyez un message privé àKlarinetthor

j'arrive meme plus à savoir si tu es méchant ou amer.

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Raven Envoyez un message privé àRaven
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Et oui, ils n'ont aucune rigueur dans leur choix d'instrus et virent au son tuning avec punchlines faibles déblatérées en gros neuneu pataud, ça les rend plus ridicules que leurs cibles tuning justement avec leur posture pseudo-conscient, genre je vise la paille de l'autre sans voir ma poutre, mais le dernier La Rumeur donnait un signe très clair de flétrissement de ce côté là. Ils suivent donc la voix de leurs aînés. (bon c'est pas une immense perte non plus hein, hip-hop français en 2014, faut plus que de la foi à ce niveau.)

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Klarinetthor Envoyez un message privé àKlarinetthor

6.35 est ma préférée perso, bien doom; ça va bien loin cet EP, niveau son on s'écarte des instrus clasiquement hip-hop des précédents, aussi. Belle evolution (meme si les textes ont l'air bien méchants et travaillés sur les autres EP)

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saïmone Envoyez un message privé àsaïmone
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Putain asocial club c'est hyper nul en fait :(

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