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DeVotchKa › Una Volta

cd | 11 titres | 41:47 min

  • 1 C'est Ce La [1:19]
  • 2 The Oblivion [5:00]
  • 3 Death by Blonde [3:34]
  • 4 Queen of the Surface Streets [5:30]
  • 5 One Last Vow [4:56]
  • 6 Vengo! Vengo! [4:54]
  • 7 Miette [0:41]
  • 8 Ocean of Lust [3:35]
  • 9 C'est Ce La, Part II [3:40]
  • 10 Commerce City Sister [3:47]
  • 11 La Llorona [4:51]

line up

Shawn King (batterie, percussions, trompette, vibraphone), Nick Luca (guitare), Jeanie Schroder (tuba, double basse), Tom Hagerman (violon, accordéon, orgue, toy-piano), Nick Urata (chant, guitares, trompette)

chronique

Styles
country
alt-country
folk
musique de film
Styles personnels
repas de famille

La musique de DeVotchKa, malgré toutes les conneries que j'ai déjà pu en dire (c'est pas fini, rassurez-vous), exerce une sorte de répulsion/fascination sur moi. Parmi le reste du groupe y'a le chanteur, là, qui je l'ai dis, m'irrite comme les hurlements d'un petit frère de cinq ans quand moi j'en eusse eu dix, au milieu d'une confortable partie de mini-flipper à piles pour réclamer qu'en plus je partage mon KitKat, c'est situé mon niveau d'amour/pénibilité. Mais le reste aussi au final. Du coup j'ai fait une rapide auto-psychanalyse sur le sujet, et j'ai admis la conclusion que ça doit être un peu œdipien. DeVotchKa, en fait c'est ma mère. Elle fait des trucs qui foncièrement sont sans doute bien, et puis je l'aime moi, ma maman, mais foncièrement je peux pas me retenir de l'envoyer sèchement sur les roses quand elle essaie de m’appâter avec sa mièvrerie maternelle. Faut dire que c'est une cible facile, ma mère. Je peux lui faire croire ce que je veux. Typiquement en poussant un peu, je peux facilement l'impressionner avec mon côté tough inventé à la volée, en tout cas beaucoup plus facilement qu'en allant, par exemple, faire le malin dans un quartier chaud d'arrière-gare. Je peux lui faire croire que son fils est un incontenable séducteur, en inventant des prénoms de filles de toutes origines (Mirza-Lise, Anthelmette-Fida, Paula-Jacqueline etc) et discourir sur leurs fictives passions respectives de réparer des moteurs, faire de la conduite de projet dans l'industrie du produit de vaisselle, ou dompter des lynx dans un zoo collaboratif d'Amiens-nord. Je peux bien lui asséner n'importe quelle connerie, elle me répondra toujours avec le même sourire aimant et maternel, joufflu de tendresse et d'intarissable bienveillance. Et c'est à la fois une chance fabuleuse d'avoir ça, et malheureusement tout à fait également insupportable pour une raison qui m'échappe (essayez-donc, vous verrez). C'est exactement comme la musique de DeVotchKa, sur ce deuxième album. Elle prend des allures attentionnées, maternantes, tendresse et becquée de purée de carottes. Elle se contraint à amorcer son virage vers une route secondaire, celle des parents normaux, en faisant progressivement son deuil de la mère parfaite qu'elle aurait voulu être, deuil d'une période où elle en faisait beaucoup trop. Les inspirations balkaniques de DeVotchKa par exemple, se diluent ici, et contre toute attente, dans un son un peu plus alt-country, derrière ses bouilles familières de folk radiophonique pour tonton. À la limite, des fois ils osent même ce que devrait s'accorder tout parent dont les enfants ne méritent plus la nécessaire attention bas-âge : c'est à dire aller faire quelques écarts klezmer discretos, avec des violons joyeux-pleurnichard (on appelle ça de la mélancolie normalement, mais ce mot craint, j'aime pas sa gueule, je lui refuse l'accès au statut de vocable utilisé par la France qui chronique) qui donnent envie d'aller refaire sa vie avec un cousin orthodoxe d'Europe de l'est dans une famille recomposée et qui a des chevaux (en plus des enfants). Et puis il saisit un peu mieux ce truc qui parle bien aux frustrés de la campagne : cette chaleur des tréfonds de l'âme, un peu, des fois, on la sent. Mais ça ne lui ôte pas non plus tout à fait les défauts du premier, bien qu'ils soient plus timides. Ce notamment l'illumination aux ampoules du chanteur, qui doit avoir les doigts comme des saucisses, à force d'essayer de transformer sa gorge en guirlande de noël, et puis cette volonté de formater ses morceaux pour en faire du tube à l'européenne d'Eurovision-manouche, et qui fait qu'on a toujours envie de revenir à des contines un peu moins ficelées et outrancières avant de leur filer l'obole, quoi. Enfin tout ça pour dire que ce disque, par rapport au premier, est quand même vachement pas mal. Sans hypothéquer son fond de commerce folklorique, ni tout à faire virer dans l'artifice tout dégoulinant, il s'écoute relativement bien. Bon. Normalement là, vous êtes bien renseignés sur ce disque, j'ai fait mon boulot comme il faut, votre problème est réglé. Du coup si vous permettez, je vais m'arroger quelques lignes en cette fin de chronique pour régler le mien, de problème. Alors voilà, maman, je sais pas si tu me lis, mais je voulais te dire que je regrette un peu d'avoir été ce petit con arrogant et mégalo toutes ces années, je voudrais m'excuser d'avoir été incapable d'ouvrir mon cœur et de comprendre tout ce que tu as continuellement voulu me donner. Pardonne-moi. Faut que je te le dise d'une façon ou d'une autre, mais crois-moi : je t'aime maman.

note       Publiée le jeudi 3 avril 2014

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Wotzenknecht › jeudi 3 avril 2014 - 20:06  message privé !

En rassemblant tes chros on va bientôt pouvoir publier une semi-autobiographie à la Amélie Nothomb