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Ars Nova › Android Domina

  • 2001 • Musea FGBG 4347 AR • 1 CD

cd • 6 titres • 51:22 min

  • 1Android Domina10:57
  • 2All Hallows Eve07:54
  • 3Horla Rising09:26
  • 4Mother07:54
  • 5Succubus05:34
  • 6Bizzarro ballo in maschera09:24

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré entre 1999 et 2000 au Studio Triade, Tokyo. Produit par Numero Ueno et Keiko Kumagai

line up

Keiko Kumagai (orgue Hammond, synthétiseurs, programmation), Mika Nakajima (voix, synthétiseurs, piano, orgues), Akiko Takahashi (batterie, percussions)

Musiciens additionnels : Ken Ishita (basse 3), Noboru Nakajima (basse 6), Numero Ueno (voix 4), Reina (voix 4)

remarques

chronique

Styles
prog symphonique
gothique
progressif
Styles personnels
prog lady oscar

C'est la semaine de la déconne sur Guts of Darkness. Chacun y va de sa petite plaisanterie, de sa petite chro rigolote sur un album existant ou fictionnel. Toujours dans le respect des autres, ça va sans dire. Sauf moi. Oui, car moi je suis mal considéré par mes collègues. Si vous saviez comment ils me surnomment. Tant pis, j'assume. Mais alors que je m'apprêtais à poster une formidable chro poisson d'Avril pleine d'humour, de bon esprit et de grande qualité musicale, voilà-t-y pas que l'un d'entre un me lance : "Eh, le pornocrate (sic), t'as pas un petit album un peu cul sous le coude ? Hein ? Avec une couverture bien racoleuse, comme tu sais faire, ah ah ah…" Bonjour la considération. Oui oui, j'en ai plein mes cartons. "Ouais, mais alors avec de la craquette japonaise bien sexy." Pas un souci. "Et attention, tu nous la fais gothique, histoire de faire péter les tags débiles." C'est faisable. "Et puis faut que se soit de la dark-électro". Oh ! Non mais y'a des limites ! Vous vous êtes trompé de numéro ! Déjà que je me tape l'électro-house, faut peut-être pas pousser mémé dans les Orties ! "Ouais, ok. Mais alors tu fais dans la tradition gutsienne alors. Du prog !" "Ouais, du prog symphonique même !!" Oh putain les mecs, vous êtes sérieux ? Mais du prog symphonique, plus personne n'en a parlé depuis le départ de Pro… de Hellman. J'ai checké les archives, ça fait près de trois ans qu'on n'a pas chroniqué sérieusement ce truc. Et puis prog + sexy ça existe pas. "Même pas cap ! Même pas cap !" (on reconnaîtra au passage la grande maturité de notre équipe de musicologues). Ouais. Deux secondes. Et hop. Ah, ça rigole moins hein ? Faut pas me chercher moi. Chui comme Hassan Cehef, avec moi, c'est possible. Vous le kiffez mon groupe de prog symphonique japonais féminin ? Et pas n'importe quel prog. Keiko Kumagai, compositrice et instrumentaliste en chef, vénère, tenez-vous bien, ELP et tout le prog italien des années 70. Une nana qui devait saliver devant des posters de Keith Emerson, John Lord et Rick Wakeman et les pochettes toutes plus progmoches les unes que les autres de Premiata Forneria Marconi. Autant dire, une perverse. Une fille qui fait du prog symphonique avec des synthés, bordel à queue charrette à bras !! Et elle a oublié d'être manchotte, en passant. Bon, ceci dit, y a quand même un souci ou deux. Ou trois. Déjà, pour le côté cul, après la première minute qui me fait me demander si j'ai pas foutu un album de Die Form dans le mange-disque, c'est râpé. Ouais, la pochette est juste bonne pour rameuter la troupe de geeks à 95% masculin qui compose le public du prog symphonique, probablement couplé avec celui de la Japan Expo, c'est dire si c'est pas un auditoire funky. Faut aussi évoquer la batterie en mousse qui fait un peu tâche pour un groupe de prog qui a par ailleurs les prétention de faire des reprises de Tarkus. Franchement, Keiko pourrait se contenter de programmer des boites à rythmes et le rendu cheap et métronomique serait largement plus efficace, d'autant que ses compositions ne manquent pas de tomber régulièrement dans l'épique de jeux de rôle sur SuperNes (ce qui n'est pas une critique en soi, chacun son trip). On ne lui demande pas d'être Carl Palmer, mais enfin là c'est juste pas possible, ça ne suis pas les couches de son exponentielles et emphatiques que les deux (oui oui, j'ai bien dit deux) claviéristes ne cessent d'empiler tout au long de morceaux qui parfois trouvent des idées mélodiques pas dégueulasses. La miss Keiko connaît manifestement son Goblin sur le bout des doigts, qu'elle a par ailleurs fort agiles, ne se gênant pas pour le démontrer. Très vite mise de côté, l'ambiance sado-maso technophile du tout début cède la place à des atmosphères gothico-épico malsaines reprenant parfois les gimmicks les plus attendus mais toujours efficaces du genre (synthés cristallins, chorale élégiaque qui vire au cauchemar, sonorités grotesque cheap d'érotique horrifique). Dans le genre, "All Hallows Eve" et "Mother" pourraient convenir à une adaptation de Suspiria sur 32 bits (ou plus, selon votre appétit) tandis que "Horla Rising" monte une sauce grandiloquente vampirique dont le ton ne ferait pas complètement honte à Maupassant. Après, faut supporter le côté kitschouille qui dans les pires moments montre le bout de son nez voir un peu plus, notamment dans le dernier morceau qui se vautre dans une tambouille classico-prog du plus vilain effet. Mais enfin inutile de détailler plus que ça les tenants et aboutissants, la pochette façon "Lady Oscar est une salope" (pour information, Keiko Kumagai est en dessous) a le mérite de poser clairement le niveau de flon-flon auquel le groupe semble parfois aspirer. C'est dommage, si Keiko s'en tenait aux ambiances de film d'horreur baroque qu'elle affectionne tant mélangées à une frénésie de soli très seventies (et si au passage elle ligotait sa batteuse façon bondage en lui collant ses baguette… euh… entre les dents), Ars Nova tiendrait là un mélange qui tient la route, pour peu qu'on aime le coulis de claviers vintage sur lit de synthés un peu cheap, coloration rouge sang exclusivement. Si vous êtes sage, l'an prochain je vous parle du suivant où Ars Nova réunit en son sein assez d'invités pour passer pour un super-groupe de prog italien, avec concept de science-fiction et pochette à boobs. Je sais, ça fait très envie. En attendant, terminé les conneries, fin de la parenthèse et retour à la normale et à la musique de bon goût, mesdames messieurs.

note       Publiée le jeudi 3 avril 2014

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BroenAudouss › samedi 29 novembre 2014 - 10:09 Envoyez un message privé àBroenAudouss

L'un des meilleurs albums du groupe. 6 boules sans problème ! Qu'on soit hermétique au genre, je veux bien l'admettre, mais dire que cet album est de mauvais goût, je ne suis pas d'accord. D'ailleurs, je me propose de faire une chronique de l'album Seventh Hell, si G.O.D. le veut bien.

Note donnée au disque :