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DeVotchKa › SuperMelodrama

cd • 13 titres • 37:38 min

  • 1Danglin' Feet3:14
  • 2Devotchka!2:24
  • 3Gasoline Serpent2:58
  • 4Head Honcho3:03
  • 5Dark Eyes3:11
  • 6Whiskey Breath2:46
  • 7Sunrise on Ciero3:34
  • 8Cuba Libra2:45
  • 9The Jaws of the World2:49
  • 10Life Is Short3:28
  • 11Tragedy3:31
  • 12Curse Your Little Heart2:55
  • 13In the Tower2:25

line up

Nick Urata (chant, guitares, trompette), Tom Echols (violoncelle, guitares, vocaux), Tom Hagerman (violon), David Rastetter (batterie, percussions), Sweet Johnny V (basse, accordéon), Young Sam Young (batterie), Steve Pang (double basse), Michael Crow (banjo, guimbarde)

remarques

chronique

Styles
alt-country
folk
musique de film
Styles personnels
denver sound balkanisé

DeVotchKa, c'est sans doute le groupe le plus mainstream affilié au Denver Sound. Celui qui dans ses albums, fait quasi-abstraction d'un quelconque bagage country ou americana. Qui d'ailleurs fait abstraction de beaucoup de choses, qu'en bon amoureux non assumé des USA on apprécie d'aventure associer au terme - le chant âpre, l'atavisme hillbilly, le rythme enlevé de saloon après les coups d'un samedi 23h, et puis le lorgnement intéressé vers le lo-fi d'en face - comme étant parmi tous le plus influencé par le folk occidental et la musique d'europe de l'est. Aucun reproche particulier là-dedans me concernant, mais une information toujours bonne à prendre pour qui apprécie en particulier ledit son pour l'image qu'il lui renvoie d'une amérique des campagnes profondes : ils n'y retrouveront rien dans DeVotchKa. Sur SuperMelodrama, les naviguent entre l'inoffensif et l'efficace, selon l'interêt qu'on porte au concept d'export des Balkans passé à la moulinette radiophonique. Efficace parce que tout est relativement bien foutu, sans faute de goût, ni mauvais arrangement ou panne d'inspiration. Inoffensif par contre-coup, parce qu'on ne se pose aucune question en les écoutant, ça passe comme un Calexico, tout seul, et sans même vous laisser ce sentiment de bien-être transi, qu'on attendrait de ces enfants non reconnus de Cédric Klapisch qui ont percé dans le musicbiz plutôt que la comédie romantique. Dans les points noirs : le chant, en particulier, à la fois plat et ampoulé, qui évoque le larmoyant un peu facile d'un jeune Bono, d'un Richard Patrick (Filter) dépossédé de toute modération verbeuse, voire -et j'aurais pourtant préféré ne pas le citer- d'un Matthew Bellamy pour les aspects les plus boursoufflés dans lesquels il s'égare parfois, force de trop vouloir en faire dans le pathos de forain unijambiste. C'est d'ailleurs surtout ça le problème : le chant. Car passé son côté irritable, on accorde dès lors à DeVotchKa, musicalement, des aspects sympathiques. Facile comme les derniers Munly, tout en remuant un tout autre type de légendes et de fantômes, et sans le côté néo-bab arriériste. Le lever de rideau -quoiqu'il y paraisse- plus cinématographique que véritablement dansant (on peut difficilement se tromper là-dessus, puisque le groupe, vu du futur, s'est notamment illustré en composant la BO de Little Miss Sunshine quelques années plus tard). Et puis quelques passages qui malgré tout se font remarquer dans le lot. En fait, ce qu'il manque véritablement à DeVotchKa, c'est d'apprendre à vivre un peu sans Mennen Musk 48 heures, et sans rasoir 4 lames le matin. On aimerait qu'ils lâchent un peu le costard faussement négligé de bar parisien, et qu'ils se remettent aux salopettes qui sentent la clope froide et la soupe renversée, même juste une journée. Qu'ils aillent admirer un peu le spectacle d'une jument qui accouche dans un pré en friche, plutôt que de fantasmer au porno-chic goulu d'une jeune roumaine qui traverse les Carpates nue le dos d'un étalon à la crinière brossée au peigne en corne. À vrai dire y'a autant de côtés irritants que côtés sympathiques dans DeVotchKa, qui fait que moi-même, je suis pas tout à fait sûr d'aimer ou de détester. L'album suivant, à la limite, la balance pencherait du côté positif, tandis que celui là aurait plutôt tendance à me sortir par les trous de nez. Ce qui me manque pour apprécier ce disque, à la réflexion, c'est peut-être d'avoir un rapport à l'amour un peu plus adolescent et fleur bleue, ou à l'inverse celui d'un gros costaud bodybuildé qui fond en larmes lorsque tout juste sorti de prison il croise son premier coquelicot fleuri. Mais je n'ai pas plus l'un que je ne suis l'autre. Malheureusement à cette époque de glorification du métrotough et de l'amour rustre en bikini et en crocs, ce sont des qualités qui se font bien rares.

note       Publiée le jeudi 3 avril 2014

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