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Voivod › Voivod

cd • 13 titres • 62:36 min

  • 1Gasmask Revival04:16
  • 2Facing Up04:48
  • 3Blame Us05:36
  • 4Real Again?04:53
  • 5Rebel Robot04:48
  • 6The Multiverse05:29
  • 7I Don't Wanna Wake Up05:49
  • 8Les Cigares Volants04:07
  • 9Divine Sun05:06
  • 10Reactor03:56
  • 11Invisible Planet04:38
  • 12Strange and Ironic04:31
  • 13We Carry On4:39

line up

Michel Langevin ([Away] batterie), Jason Newsted ([Jasonic] basse), Snake (chant), Piggy (guitares)

remarques

chronique

Styles
metal
heavy metal
metal extrême
thrash metal
punk
Styles personnels
radio du futur

Ça peut sembler facile, pour (ré)introduire le Voivod sur Guts of Darkness, que de le faire avec Voivod. L'album bateau par excellence. Il est beau, il est carré, il est simple à cerner. Même la pochette est facile à digérer, et n'agresse pas les yeux ni les neurones. On nous avait pas habitué à autant de facilités. Mais Voivod, le disque, il n'a pourtant pas été facile à monter. Car Voivod, le groupe, était en état de mort encéphalique depuis Phobos (le disque - ça commence à rentrer), et suite au départ d'Eric Forrest, ledit plus très fringant des suites de son accident de bagnole. Et Voivod le groupe d'être tiré de son coma mortel quasi-in extremis par un Denis "Snake" Bélanger, qui dans un excès de gourmandise commet le pêché d'en resserrer au passage le line-up, au point qu'il ressemble à un carton de pâtes de fruits. Jugez plutôt : Away à la batterie (forcément), Piggy l'inoxydable - jusque là tout va bien -, un Jason Newsted rebaptisé Jasonic pour l'occasion (on a toujours fait dans le gros nickname chez Voivod, moi-même j'aurais tant rêvé m'y joindre : Consultanique... ou alors peut-être consultantouse, faut voir...), et puis surtout un lui-même au chant, et ça ça tombe super bien, parce que le lui-même c'est le meilleur chanteur préféré de tout fan de Voivod qui se respecte (qui est forcément son groupe préféré, tout est simple avec Voivod). Ce lui-même Snake chanteur dont chacun rêvait le retour depuis des années - que dis-je - des siècles, des millénaires, inventons-une mesure de temps, si si. Ne laissez pas, à ce sujet, quelqu'un de votre entourage prétendre qu'il préférait Forrest. C'est pas possible. À moins qu'il n'ait jamais écouté Voivod en réalité. Ce qui veut dire qu'il n'a rien à faire dans votre entourage ce quelqu'un. D'ailleurs ça fait partie des raisons pour lesquelles moi j'adore Voivod : car Voivod c'est le premier groupe qui s'autorise à faire le tri dans vos amis, loin devant Napalm Death (dont on ne peut pas reprocher le non-fanatisme de façon raisonnable, surtout aux filles), ou au hasard Killing Joke, qui a à l'inverse ce défaut de ratisser un tout petit peu trop large, et puis d'avoir commis d'irréparables égarements, que l'on ne saurait constamment soi-même assumer. Cette longue mise en bouche n'a pour but que de vous faire goûter un peu le fanatisme, voire le culte qui est voué à Voivod par le tout-un qui a eu le malheur d'y prendre goût un jour. Cette vision du fanatisme est d'ailleurs tout aussi nécessaire pour comprendre un peu ce qu'on peut reprocher à ce Voivod (le disque), si boulonneux et usiné qu'il est. Voivod, le groupe, ça faisait quinze ans qu'ils enchaînaient des albums qui donnaient l'impression d'être compliqués. Du faussement faussement rentre-dedans Negatron au vrai vrai intello Outer Limits (mais qui passe quand même sous la douche), et sans oublier la coolitude SF des vieux borborygmes technomongolos chaosmöngeriens, on se retrouve très vite envers Voivod avec les exigences d'un techno-proggiste extrêmiste devant son omelette tabasco-ciboulette, à savoir l'aspirance d'un bon compromis piquant-baveux, et de préférence des petits bouts de coquille dedans qui se brisent sous les dents, histoire que tout soit pas donné, qu'on ait un peu l'impression de mériter la saveur. Et voilà ce qu'on reproche à Voivod, le disque : il se sauce avec du pain de mie. Du vrai pain de chez mamie, bien blanc, sans défis, limite sans croûte, sait-on jamais. Mais c'est aussi ce qu'on aime chez lui justement. Il n'y a strictement rien d'intello sur ce droïdique retour en fanfare - peut-être tous juste les lyrics si déjà j'avais eu l'égarement de les lire, je m'en dédouane - qui enchaîne une collection de tubes radiophoniques heavy-metal-punk-thrash à peu prêt aussi crétins et évidents qu'une cartouchière sur la pochette d'un Impaled Nazarene. Voivod, le disque, c'est bon comme un œuf cassé dans le fond de casserole d'une fondue savoyarde, ça donne envie de s'empiffrer machinalement des aliments rouillés, et de lâcher le rôt repu d'un alien à la Bradbury qui digère sa dernière bouchée de dinde au plutonium. VLD (Voivod le disque) c'est une usine à riffs baraminés, l'incarnation d'un extrême-metal-MTV comme travail à la chaîne et cadencé par le tir d'un pisto-laser sur vos anciens amis (ils font la queue devant l'usine, condamnés à mort depuis qu'ils vous ont avoué préférer Forrest à Snake). VLD c'est l'irréprochabilité de songwriting d'un Amorphis période Far from the Sun qui essaierait de faire du Killing Joke période U2, mais s'il-vous-plait trempé des pluies acides qui vous tombent dessus chaque fois que vous adressez la parole à un Québecois. Vous entendrez peut-être qu'il est possible de ne pas aimer VLD, parce que cette volonté de faire du cadré radiophonique et de profiter un peu de feu des projecteurs pendant qu'il en était temps est quelque part condamnable (dans un monde inconnu). Personnellement j'ai jamais entendu ça. Chez mes amis, je veux dire.

note       Publiée le mercredi 2 avril 2014

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Note moyenne        6 votes

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boumbastik › vendredi 8 juillet 2016 - 23:23  message privé !

C'est loin dans le futur mais bon : en concert le 10/11 à Albi (ça tombe bien, j'ai toujours rêvé de revoir la cathédrale Ste-Cécile pour la 2ème fois de ma vie la veille d'une fête nationale) et à Paris le 12/11. Ce sont les 2 seules dates franchouillardes de leur tournée européenne.

Melas_Khole › vendredi 1 mai 2015 - 03:32  message privé !

Quatre boules car c'est pas aussi percutant que les grands classiques du groupe lors de mes premières écoutes (et encore aujourd'hui...), mais c'est quand même bourré de sacrés riffs, de bonnes ambiances et d'un je ne sais quoi de direct pas du tout déplaisant. Et puis, "Divine Sun" quoi !

Note donnée au disque :       
Bernard › lundi 7 avril 2014 - 13:05  message privé !

La période la plus "bateau" du groupe. Fait pâle figure à côté des 'Angel Rat' ou 'Outer Limits', pour rester dans un style vaguement similaire. Sinon, c'est vrai que je suis beaucoup plus client de leurs délires Si-Fi sur structures musicales complexes.

Note donnée au disque :       
Seijitsu › jeudi 3 avril 2014 - 13:15  message privé !

Chro très juste en effet. Ça augure du bon pour les autres albums si le Consultant se sent le courage de les réécrire.

pyosisified › mercredi 2 avril 2014 - 21:57  message privé !

Joli la recommandation fantôme. Voivod lives !