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The Denver Gentlemen › Introducing... the Denver Gentlemen

cd | 12 titres | 52:17 min

  • 1 The Lord, He Speaks to Me [5:22]
  • 2 The Blue Parrot [5:03]
  • 3 Mid-Day-Merry-Go-Round [2:59]
  • 4 Little Darlin' [4:08]
  • 5 W [3:02]
  • 6 The Denver Grab [7:07]
  • 7 The Potter's Field Special [3:42]
  • 8 Vulture Girl [3:06]
  • 9 The Legs of Polka [4:03]
  • 10 That Certain Kind of Song [3:06]
  • 11 Holiday [4:04]
  • 12 All My Lady's Women [6:35]

enregistrement

1995

line up

Jeffrey-Paul Norlander (chant, piano, glockenspiel), Jon Stubbs (trombone), Mark McCoin (batterie), Valerie Ferry (contrebasse, chant), David Wiley (accordéon)

chronique

Styles
country
alt-country
folk
gothique
jazz
Styles personnels
denver sound

Groupe maudit, groupe culte, groupe tout ce qu'on veut, mais ce dont on n'est sûr, c'est que sans les Denver Gentlemen (les Gents pour les intimes), pas de 16 Horsepower, pas de Slim Cessna's Autoclub, pas de Munly & cie, et aucun de ces joyeux drilles d'American Goth - ou peu importe comme on se plaira à les désigner. Les incriminés n'ont d'ailleurs de cesse de le rappeler, avec toute la nostalgie qu'on peut accorder à cette formation : plus encore que par sa descendance, les Gents c'est l'époque d'une grande famille qui n'a été réellement vivante que sur scène. Facile dès lors, d'évoquer ça avec une telle passion. Quand vous êtes le seul à pouvoir témoigner d'une époque révolue, il faut vous croire sur parole. Quand en guise de confirmation, malheureusement, les Gents d'origine, comme pour appuyer le mythe, n'ont jamais réussi à enregistrer un disque digne de ce nom tout en s'en tirant en un seul morceau. À croire que leur créativité fut trop vive pour être contenue sans éclater aussitôt dans la multitude de side-projects qui l'ont vidé de sa substance propre. La seule véritable tentative d'enregistrement, par la formation la plus proche de celle d'origine (le groupe s'est reformé bon an mal an début 2000, mais sans ses hérauts, et dont une bonne partie n'était par ailleurs déjà plus présente ici), la seule tentative d'écrire un témoignage de cette ô combien enviable époque, ça s'est passé en une après-midi à peine, et on l'a jeté sur bandes dans la précipitation, depuis une salle obscure de Denver. Des bandes qui sont ensuite allées dormir une demie-douzaine d'années, laissant tout loisir au groupe d'éclater définitivement, avant d'être exhumées enfin par Absalom puis Smooch Records début 2000. Ça a au moins le mérite, pour nous pauvres occidentaux, d'avoir laissé fermenter tout ça, et de nous laisser l'aborder fort du bagage Denver Sound qu'on s'est constitué depuis, de pouvoir jeter une oreille pas tout à fait objective, mais presque, sur l'objet du culte. Et bien nous en prend, car on va vite, à l'écoute de ces bandes, abonder dans le sens du culte qu'on accorde aux Gents. On y retrouve pêle-mêle tout ce qu'on peut apprécier autant chez 16HP que chez SCAC, que chez Munly, mais avec une passion si condensée que sortis de l'expérience, on se prendrait à reconsidérer les descendants d'épiphénomènes. Il faut dire que chez les Gents, tout est à la puissance mille. Le cabaret noir, avec son accordéon boîte-à-malices, les basses et pianos de jazz-bar des bas-fonds, le honky-tonk nasillard d'écorché-vif de Jeffrey-Paul Norlander, et puis les compos lugubres, qui se font tour à tour dansantes et enlevées, ou théâtrales et mélancoliques, portées par toute la finesse dont sont capables une bande de cowboys dandys qui voudraient jouer du folk des balkans mais sans accepter d'enlever leur Stetson, ou appuyées par la patte féline d'un tenancier de saloon qui se mettrait à concocter des cocktails à olives la Winchester sur le comptoir. Oui qu'ils étaient bons ces croques-morts en santiags, pour en rajouter dans le pathos jusqu'à vous donner envie de proposer à votre femme d'abandonner le chat pour adopter à la place une famille d'araignées sauvages. Goths qui s'ignorent et qui viennent vous chatouiller les narines au cours d'une polka expressionniste repeinte au noir que vous allez passer à vouloir éternuer. Ils savaient faire danser, il savaient faire pleurer, ils savaient vous donner goût aux alcools fort et à l'Amérique profonde. Alors quand vient l'heure de fermer les portes, on est bien forcé d'admettre le traumatisme post-familial qu'évoquent les musiciens ci-dessus par dix fois cités : les Gents, par bien des aspects, font posthumément honneur à leur légendaire, et on ne peut à notre tour qu'émettre le regret de ne pas avoir connu ces fantômes gentlemen de leur véritable vivant.

note       Publiée le mardi 1 avril 2014

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my_friend_goo › vendredi 4 juillet 2014 - 09:16  message privé !

Dans le genre, je pensais pas trouver un jour un truc qui égale le sixteen...

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Warsaw › jeudi 3 avril 2014 - 11:04  message privé !

Album tout à fait génial.....totalement barré avec un petit côté festif et balkanique. ça donne envie de se frapper la tête contre un comptoir de saloon :)

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Twilight › mardi 1 avril 2014 - 20:10  message privé !
avatar

ooooh, fabuleux, voilà trois ans que je cherche les mots pour le chroniquer et tu l'as fait...En mieux ! Bravo !!!

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