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The Geraldine Fibbers › Butch

cd • 14 titres • 50:49 min

  • 1California Tuffy3:17
  • 2Toybox3:11
  • 3I Killed the Cuckoo2:10
  • 4Trashman in Furs3:43
  • 5Swim Back to Me3:25
  • 6Seven or in 102:26
  • 7Claudine2:19
  • 8Folks Like Me3:30
  • 9Pet Angel3:39
  • 10Butch6:09
  • 11Arrow to My Drunken Eye6:32
  • 12You Doo Right5:20
  • 13The Dwarf Song5:12
  • 14Heliotrope6:11

enregistrement

Decembre 1996, Sound Factory studios.

line up

Carla Bozulich (chant, guitares, piano, boîte à musique, glockenspiel, boucles), Nels Cline (guitares, guitare 12 cordes, basse, orgues), Kevin Fitzgerald (batterie, percussion, glockenspiel, vocaux), Jessy Greene (viole, violon, vocaux), William Tutton (basses, violoncelle, piano)

Musiciens additionnels : Steve Fisk (célesta, optigan)

remarques

Yo Doo Right est une reprise de Can

chronique

Il s'est passé quelque chose en 1996 dans les Geraldine Fibbers, quand Nels Cline s'y est faufilé avec sa guitare, et du sympathique groupe de country pour filles de fermier en a fait un laboratoire hillbilly, qui capable de distiller à tous les alambics clandestins avec l’œil d'un expert continental en solutions complémentaires à l'alcoolisme. N'allez pas mal interpréter, la musique des Geraldine Fibbers se détache avec une hauteur, peut-être pas sophistiquée non plus mais quand même au moins théâtrale, de ces pourtant respectables centres d'intérêts, trop adultes pour leur propos sans doute (on en reparle). En palliatif d'éthylisme, ils sont allé fouiner dans la grange de grand-papa, à la recherche de toute la collection d'instruments d'avant-guerre qui leur permettrait de draper leur -on va dire ça comme ça - grunge en sabots trop grands et robes déchirées d'une collection d'arrangements d'orfèvrerie dignes d'un Yann Tiersen comme personnage des contes de la rue Broca. Et leur country de dentiste de campagne de prendre tour à tour des allures de comptines pour enfant estropié, d'orage sur l'ouest-américain, ou même à détours de bande originale pour un Maurice Sendak. Rien que tout ça de rustique et d'onirique. Et quand Carla Bozulich, au milieu de cette jolie messe apocryphe, n'est pas encore à son niveau futur de démente prêtresse athée fumeuse de gitanes, elle n'en est plus très loin non plus. Les lignes de chant qu'elle place tout au long de Butch avec une louable -voire appréciable- régularité, sans excès caractéristique, ont là-dessus déjà un peu de ces allures d'élucubrations égarées de poseuse transgressive qui se prend pour une Lydia Lunch traumatisée par l'exode rural (et du coup urbain). Une voix costaude, affirmée, peut-être un poil féministe sur les bords, et au service d'un joyeux mess pour rappeler que malgré tout, si les coudes sur la table sont autorisés, on est tout de même prié d'utiliser au minimum sa fourchette et de s'essuyer sur son bavoir plutôt que sur la manche de son t-shirt manches longues. Du reste, parce que je ne voudrais pas non plus être accusé d'en peindre un tableau excessif : Butch, même s'il se fait tour à tour râteau, bêche, fourche, houe ou serfouette, ne va jamais s'aventurer tout à fait en dehors de la cabane de jardin. La musique des Geraldine Fibbers est transpirante, elle touche un peu à tout, et jette des ponts de corde et de planches entre des styles qu'on croit trop éloignés pour oser traverser, mais elle garde une cohérence formidable du fait de sa constante odeur d'aisselles (épilées), et de son songrwiting borné de clôtures aux barbelés. Butch n'est pas un disque qui donne envie d'aller promener son chat en laisse dans les rues de New York avec un tshirt Sonic Youth, bien au contraire, Butch est plutôt un disque qui donne envie d'aller jouer avec son chien au milieu d'un champ de céréales, et puis de rentrer chez soi avaler un bol de soupe paysanne devant les infos avec ses parents. En cela, il a un côté adolescent très marqué, 90s, grunge et noisy, et jamais véritablement subversif tout au plus que de donner l'envie d'allumer sa première clope. C'est d'ailleurs un peu de ce génie qu'on retrouve dans la pochette, toute fantastique et essentielle qu'elle est : Butch n'est pas un disque qui donne envie d'ouvrir une bière, Butch est juste un disque qui donne envie de se cramer une blonde. C'est un disque qui sent le foin et le tabac. C'est un disque d'adolescent qui n'a pas encore tout à fait pris goût à la bière ou au whisky.

note       Publiée le lundi 31 mars 2014

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Note moyenne        2 votes

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Alfred le Pingouin › mardi 10 février 2015 - 15:43  message privé !

C'était moins immédiat que pour le premier, mais petit à petit ça fait son chemin, et là je trouve ce disque juste incroyable. Wow.

Note donnée au disque :       
Khyber › samedi 7 février 2015 - 21:54  message privé !

Tiens mais il est carrément chouette ce disque!

Raven › lundi 31 mars 2014 - 21:11  message privé !
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Yeah, merci au Sultan... dans le genre pochette qui s'est imprimée dans ma rétine au fil des années sans que je franchisse le pas.....

dariev stands › lundi 31 mars 2014 - 12:50  message privé !
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ce groupe déboite