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Sole › Selling Live Water

  • 2003 • Anticon abr0026 • 1 CD

cd • 15 titres • 54:46 min

  • 1Da Baddest Poet
  • 2Shoot The Messenger
  • 3Salt On Everything
  • 4I Hope You Like My Stupid Painting
  • 5Respect Pt. 3
  • 6Tokyo
  • 7Plutonium
  • 8Sebago
  • 9Slow, Cold Drops
  • 10Pawn In The Game Pt 1
  • 11Pawn In The Game Pt 2
  • 12The Priziest Horse
  • 13Teepee On A Highway Blues
  • 14Selling Live Water
  • 15Ode To The War On Terrorism

line up

Sole (MC)

Musiciens additionnels : Alias, Telephone Jim Jesus (productions), Why? (claviers), Odd Nosdam, Jel (productions, scratches)

remarques

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
alternatif > emo

Tout ce que je retiens à chaque fois comme empreinte musicale de cet album de Tim Holland, c'est que sur un des morceaux il rappe sur la musique qui sert de générique à Faites entrer l'accusé (période Hondelatte - précisément ; désolé mais je devais citer Christophe fuckin' Hondelatte dans une de mes chros). Et rapper sur Faites entrer l'accusé - en l'occurence pour être plus juste, sur du Michel Legrand et "Le Messager" de Losey - c'est gutsien. Bien qu'à la réécoute il semble que cette fixation sur l'excellente prod d'Alias soit une réduction mentale injuste pour un album réellement flippé, tendu par ses instrus darkwave-indie, autant que par son MC qui semble souvent tenter le tout pour le tout pour sa survie au couteau à beurre et à la torche de cellulaire. Selling Live Water mérite mieux qu'un seul souvenir, ouais. Sole met le paquet, il y croit à fond, ce petit gars, il est le rappeur le plus fébrile de chez Anticon. Touchant, voire plus, par exemple quand il s'égosille sur "Teepee On A Highway Blues", je retiens toujours une larmiche. Sole reste Sole, avec ses capacités, et sa façon de se monter le bourrichon qui est certainement pathétique (c'est une tradition chez les rappeurs blancs souvent illustrée depuis les Beasties, à travers MC 900 Ft Jesus et jusqu'à Eminem : pour faire aussi bien que les renois et transcender les préjugés raciaux inversés du milieu, ils poussent au maximum de leurs capacités et mettent en danger leur santé au mic, quitte à flower plus haut que leur cul, et celui de Sole reste positionné près du sol...euh...allez ok, je la garde). Sole n'est pas Sage Francis, c'est un fait sur lequel on s'entendra tous - mais ça ne l'empêche pas d'avoir son monde, genre rabougri-spleenesque-grommelant, et de flanquer un malaise des plus singuliers. Enfant-rappeur à cerveau qui bout de trop de mots, et que ses camarades de classe enferment dans les chiottes à la récré après lui avoir taggé "sale rouquin ki pu" sur le front. Sur Selling Live Water, Sole n'a bobo à ses petits ventricules gauche et droit... et Sole est armé de producteurs qui savent dérouler du sample bien morose et bad tripant : il y a en effet quelques-unes des instrus hip-hop les plus sombres que je connaisse, sur cet album. Sole fait du rap émo riquiqui mais qui te colle au bulbe... le rap émo, ça m'a toujours causé, tant que c'est à peu près bien fabriqué...m'en veuillez pas, mais étant geek, pas de banlieue et sur ma trentaine au moment où j'écris ces lignes, il est certaines choses qui me touchent chez ce sous-MC, même si ce qui nous ressemble trop peut nous foutre la gerbe. Sole me fout aussi la gerbe : une petite gerbe en forme de petite étoile filante dans une nuit solitaire... De quoi se sentir rat parmi les hommes. Alors avec tout ce baratin, réponse à la question qui tenaille l'indécis qui lit ces lignes : Selling Live Water, meilleur album de Sole ? Peut-être... Le plus torturé à côté de celui qu'il a livré avec le Skyrider Band, certainement, voire devant. Dur de rester agrippé dans l'ambiance tout le long de l'album sans défaillir, car c'est du vomi de goudron dans un gobelet, et dur de ne pas avoir une indigestion de flow chétif-blablablablagnagna, car c'est du Sole... mais Selling Live Water a un cafard de gabarit rongeur dans l'citron, dans le genre crade. Pas envie de plus m'étaler sur le sujet en décrivant la texture de chaque morceau... de toute façon je suis quasiment sûr que personne n'ira vérifier après ces lignes. Sole, c'est un peu cette chronique : tu sais que ça servira à rien, parce que t'as la lose, que t'es trop petit ou trop maigre pour ça, mais tu vas quand même au charbon, et tu fais c'que tu dois faire, à fond. Pour l'honneur des faibles.

note       Publiée le dimanche 30 mars 2014

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Cathedrale › dimanche 30 mars 2014 - 14:10  message privé !

Pooow, cette chronique...