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Crust › Crust + Sacred Heart E.P.

cd • 18 titres • 68:41 min

  • Crust
  • 1Head Lice2:46
  • 2Nothing2:09
  • 3They’ll Love You For It4:17
  • 4Diet Tray2:54
  • 5Rebong3:50
  • 6Charlie5:34
  • 7Mosquito Beach3:44
  • 8Dog’s Prayer Day2:30
  • 9Hard Stool2:58
  • 10Good Friday2:34
  • 11Feelings5:18
  • 12Sack Lunch5:08
  • Sacred Heart E.P.
  • 13Sacred Heart4:24
  • 14Tiny Shoes3:10
  • 15Mudhoney4:27
  • 16Chemical Patty5:42
  • 17Black Tuesday4:12
  • 18Glad Handing3:04

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enregistrement

Enregistré au Loma Ranch, sauf 6, enregistrée sur un magnétophone quatre pistes, « sous un couloir aérien » (« under a Southwest Airlines flight path »). 1-12 mixés au studio Cedar Creek. 13-18 mixés au Loma Ranch. Album et E.P. produits par Spot.

line up

Jerry Page, Richard Smith, John Hawking. Les instruments listés – collectivement pour ces trois là – sont : graveur, feedback, ressort de porte électrique, guitare, basse, batterie, sampler, harmonica, boîte à outil, voix, Grundig, « The Hoover or was it Eureka » (aspirateur ?), bong, pianos, bouteille d’eau, métal, amortisseurs, bandes et boucles.

Musiciens additionnels : Harold Schvinkel (clarinette), Spot (banjo sur 14, guitare acoustique sur 11, mandoline sur 3), Tommy Mansfield (Corvair sur 6)

remarques

La version CD du disque – ici chroniquée – regroupe l’album Crust (1991) et le E.P. Sacred Heart (sorti en 1990). Les deux disques réunis là sont également disponibles individuellement en versions vinyles, tous deux au format 12".

chronique

"La vie c’est pas que la merde"… Non. C’est aussi parasites, morpions, acariens sous-cutanés ; c’est aussi la nausée, la gerbe amère au bout du douzième flot, quand la vésicule essaye de remonter au sternum pour cracher ses trois gouttes de fond de cuve avec un cri de chat qui crève ; c’est la sueur âcre des viandes ordinaires à poil dans la pièce ; c’est le pus, les infections de la cornée, la fin de l’hygiène corporelle et le début de la gueule de bois sempiternelle qui prend le relais dès la troisième cuite, passés les treize ans dans le bled en forme de dépotoir à coté de la centrale ou de l’usine de recyclage ou dans le quartier adjacent de la raffinerie – ce sera pratique, bientôt, pour aller au tapin ; c’est le foutre qui sèche ou pourrit à même le mec ou dans le kleenex en boule jeté sur la vaisselle du mois. Alors trois Texans décident d’appeler leur groupe Croûte. Et puis envoient la sauce : corporelle, corrompue, dégueulasse franchement, travaillée sournoisement. En ce début des mil-neuf-cent-quatre-vingt-dix, Crust embrasse tout ce que la décennie aura de plus sale, de plus efficacement, ordinairement déviant. La musique comme purge permanente et grand rire malade – mais en se tenant debout toujours quand les plus délicats se seront depuis longtemps effondré. Le groupe pousse tout d’un cran – mais on reconnaît tout, et ça vieillit bien mieux tellement ça touche sans se forcer à l’extrême de tout ça. La fascination, le goût de jeter en pleine face leurs dérèglements de viscères, chiasse ou constipation, débordement de jus de tripe verdâtre – Hard Stool, oui ; mais peut-être bien "Touch Me I’m Sick, les scènes coupées" tout court, tellement ça fleure la chtouille qui se confond aux aigreurs du énième lendemain, avant de remettre la pogne sur une autre cruche de mauvais spiritueux. (Et puis est-ce vraiment un hasard si un titre s’appelle Mudhoney tiens, d’abord ; ou bien seulement un goût commun pour ce gros plouc libidineux et sarcastique de Russ Meyer avec ses obsessions mammaires et de nez-dans-les-orifices ?). Cette manie du sample en intro ou en texture, aussi – dont tout le "métalindus" (bordel, quelle appellation foireuse, quand même ; chaque fois en retour j'ai envie de gueuler "TUNING-JANTES-ALLU-MOUMOUTE-MOISIE-SUR-LE-VOLANT"…) abusait déjà jusqu’aux tréfonds, sauf qu’on vous le dit : le cran de plus fait que ça passe, dans l’application des couches de crasse. Ce tic du prêche dégénéré, aussi, est bien là – comme chez Gibby Haynes, oui (des Butthole Surfers), mais encore plus pétage-de-câble-à-la-cafétéria (l’intro de Chemical Patty, nom d’un banjoïste consanguin…). Et puis ce vice des structures alambiquées, tordues, pour drainer toute cette matière immonde, malsaine. Avec ici ce batteur particulièrement retors, bête à groove en roulements méchants et cymbales salement bien placées, décalées, colonne scoliosée mais foutument solide sur quoi les deux autres suppurent et crachent leurs démences et évacuations – ne lui laissez pas le micro, tout de même, si ça vous défrise qu’il vous massacre Feelings à vous faire crever de rire ou vous frapper de stupeur. Parce que oui, Crust, c’est drôle – pas rigolo, pas xième degré : drôle comme la sale blague au sortir du crash. Et c'est malaise. Et ce n’est même pas une pose, pour autant, ce lyrisme triste quand ça ralenti, qui vous saisit au bide – They’ll Love You For It, ce que ce truc est rampant et bizarre spleen tout chaud, confortable, avec son mauvais fond de porno cheap et sordide ou de dérive en bagnole dans les quartiers pour choper fesses ou autre came. Crust, c’est une décharge, voilà. Ça libère et ça épuise. Ça laisse ce goût de plus jamais dont on sait bien que ce n’est qu’une passe, une passade, une phase ou un répit. Ça braille qu’il n’y a rien mais jamais ça ne s’apitoie. C’est fort et c’est foutu. C’est le machin qui se cabre quand le mot "désespoir" vous saoule, mièvre atermoiement. Ça soulage et ça flanque tout ce qui aggrave le cas. Le truc à ressortir les soirs où le dehors est une source de démangeaison parmi les autres, où toute compagnie appelle coma, invectives, gnons stupides et maladroits ; ou dans la solitude, en possible alternative au dire-bonjour-au-mur-avec-les-os-de-son-crâne. J’en fais un peu des tonnes, allez, faut bien déconner : Crust, c’est la couverture, le plaid infect où s’envelopper, tout simplement, les fois où y’en a marre de tout, de trop, de pas assez, de merdalors-quelle-saloperie-de-foutoir-insensible-et-chichiteux, BASTA ! Ça schlingue un peu à plein nez, c’est sûr – et puis comment et d'où vous êtes rentré, cette fois, avec celle-là, celui-ci, ces eux qui squattent votre pieu ou votre moquette ou votre descente de lit ? Et puis manquerait plus – serait pas un peu bleue, la peau de l’autre, là-bas au fond ? – que dans ce tas il y ait overdose. On verra ça plus tard. Et quand ça pue – disait le fossoyeur – c’est qu’il en reste encore au moins un de pas clamsé pour sentir tous les autres. C'est bien à ce moment là qu'on se souvient de la surface.

note       Publiée le jeudi 27 février 2014

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Klarinetthor › mercredi 4 juin 2014 - 02:06  message privé !

Which is ALL I need to go get my meds. CHEMICAL PATTY!. bon son sur ce live, ça fait très headwar texans ouais

Dioneo › mercredi 4 juin 2014 - 02:02  message privé !
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(Et les femmes des cavernes en 3M adhésifs...).

Non mais c'est malade, c'te perf, quoi.

Klarinetthor › mercredi 4 juin 2014 - 01:53  message privé !

Tu aimes le mbira c'est ça?

Dioneo › mardi 3 juin 2014 - 23:01  message privé !
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eric burden › vendredi 7 mars 2014 - 12:40  message privé !

Et ouais, Sacred heart, c'est le Crust le plus Primus (avec des dents de serial killers)

Note donnée au disque :