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Ladytron › Witching Hour

  • 2005 • Rykodisc RCD 10828 • 1 CD
  • 2006 • Rykodisc RLP-10828-1 • 2 LP 33 tours
  • 2010 • Nettwerk 5 037703 091429 • 1 CD
  • 2012 • Nettwerk 0 6700 30946 1 0 • 1 LP 33 tours

cd • 17 titres • 76:06 min

  • 1High Rise4:54
  • 2Destroy Everything You Touch4:36
  • 3International Dateline4:17
  • 4Soft Power5:19
  • 5CMYK1:49
  • 6AMTV3:26
  • 7Sugar2:50
  • 8Fighting In Built Up Areas3:59
  • 9The Last One Standing3:12
  • 10Weekend3:57
  • 11Beauty*24:23
  • 12Whitelightgenerator3:59
  • 13All The Way…4:07
  • 14Sugar (Archigram Remix)*6:14
  • 15International Dateline (Simian Mobile Disco Remix)*5:20
  • 16Destroy Everything You Touch (Hot Chip Remix)*6:49
  • 17Soft Power (Vicarious Bliss Gutter Remix*6:45

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enregistrement

Enregistré au studio Elevator, Liverpool. Enregistrements et mixes additionnels faits au studio Sahara Sound, Londres. Produit par Jim Abiss et Ladytron.

line up

Mira Aroyo (claviers, voix), Daniel Hunt (claviers, électronique, batterie, programmation), Helen Marnier (claviers, voix), Reuben Wu (claviers, électronique, batterie, programmation)

remarques

Les titres 14 à 17 sont des remixes, bonus de l’édition CD Nettwerk de 2010.

chronique

Ladytron – deux filles et deux garçons qui tirent à Liverpool des gueules de six pieds de long – affectent la futilité. L’affichent jusque dans cette gravité glamour sur les photos art-pop ou spot-pour-un-parfum. L’agaçante séduction, le spleen comme pose. Le noir uniforme des fringues coupées pour les boutiques faux-luxe et semi-popu, le teint de coureurs de boîtes jamais déridés, plâtrés à l’aube pour cacher les cernes. Et puis les clips sophistiqués dont on se dit que dans dix, cinq, deux ans, ils seront datables au mois près, à la semaine. Et leur musique la joue ritournelles sans poids, jolies sur boîtes à rythmes. Du jetable. Fraîcheur emballée. Sauf que. Sauf qu’High Rise attaque sur une drôle de saturation. Que le synthé semble en surchauffe, sous le son parfaitement tenu, détaché, la production parfaite. Que le malaise semble ramper dans ses circuits, diffus, sous la couche de tristesse cosmétique. Sauf que la plage d’après – et d’autres ensuite suivront, tomberont régulièrement – est une saloperie de juste description. Détruits tout ce que tu touches… L’inconséquence qui rase toute vie. Le rien ressentir de nos foutus jours de maintenant – le disque a neuf ans déjà mais cette paralysie-là semble figée dans nos gènes de gens modernes, générations mêlées, variantes de plus en plus raides. Au vrai, tout est ciselé, bien au delà de la simple logique du tube-et-puis-s’en-vont. Forgé, même. Ladytron, en fait, semble prendre la chose pop comme peu d’autres, et sous un autre angle. Piège au pire, pour l’exposer nu. Pas exutoire parce que ça n’arrange rien, que ça n’est sûrement pas fait pour. Construction lucide et sensibilité cachée parce que c’est elle la vraie force destinée à frapper – à toucher les nerfs sous la plastique faussement frigide. Quelques autres, disais-je : Stereolab ou Lali Puna. Mais en opérant, en quelque sorte, à l’inverse. Là ou ceux-ci s’emparent des dictions atones et des mélodies spleen pour énoncer à l’envers – s’y refuser – la logique d’émotion tue, étouffée, niée, tuée, de nos décennies, Ladytron fait mine de l’épouser entièrement, de la raconter sans marquer la distance. Son détachement presque identique à cette morne indifférence, à tout ce qu’elle ravale. Sa grâce mate, négligence étudiée sous tous les angles exhaustivement – nombril soigneusement crassé – dessine, enserre et rend dans ses plus exacts détails la paresse affective de nos jours, la lucidité de nos foules qui s’acceptent déjà mortes plutôt que dans les tourments des foules d’avant, parentes, finies, usées. C’est une ruse, bien sur. Parce que ces quatre là ne nous feront pas croire qu’ils s’en foutent. Ou simplement qu’ils agissent en blasés. Sous ces airs de dédain sans gaieté on sent comme un dégoût plus profond de l’immobile, du coincé. On sent monter sous le glacis les sources noires et grises où la nausée n’est pas question seulement d’abus : des substances qui étranglent et noient, anesthésient, pintes ou cachetons ou simples enfilades d’insomnies perpétrées sans joie. Sous leurs contours et leurs surfaces d’electropop indolore, ces chansons tournent en fait des proportions qui subtilement, sournoisement – immédiatement pourtant – marquent et entêtent en instillant autre chose que le simple oubli dans le produit soluble. Un regret plus amer d’en être là, comme une sourde envie de chialer ou la nécessité bien vive, soudaine, de se retenir et d’accrocher le regard d’en face pour voir s’il ne s’en passerait pas, aussi, là-dedans, derrière. Les arrangements, en fait, battements, métabolismes des morceaux, sont pris aux nuits des caves d’antan, de toujours, d’à côté. Sous l’étoffe – au kilo – qui déguise en electroclash, on entend mieux que l’écho : la couleur vibratile, profonde et sommaire, le parti pris du moins possible pour pénétrer plus loin de tout ce qui dans ces parages là avait fait souche sur les débris, vers la fin des soixante dix. Post punk, goth sans pacotille vampire, minimal wave, coldwave… Tout ça planqué sous les bouquets et les colifichets tracés aux traits. Le frémissant qui enserre les os. Qui ne se montre pas mais par dessous, par voie gazeuse, par les pores, vous envahit en contagion à peine sentie, retardement, voile pour la nuit à venir. Satanés soirs où l’on s’arrête pour voir. Saleté d’objet qui se livre comme pierre sans poids. Il ne va pas vous plomber, c’est sur. Son vecteur est presque une fragrance. Foutue ombre vitale qui frissonne vos torpeurs et déplace votre ennui au degrés où ça frotte, pour devenir une gêne sur le fil du conscient.

note       Publiée le mercredi 19 février 2014

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Note moyenne        3 votes

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Dioneo › jeudi 24 juillet 2014 - 19:05 Envoyez un message privé àDioneo
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Le côté shoegaze est surtout présent sur celui-là, à vrai dire... Beaucoup moins sur 604 (qui sonne plus brut, aussi) ou Light and Magic. Ah si : c'est encore assez présent sur le suivant, Velocifero mais je sais pas, je ne le trouve quand-même pas aussi bon, perso. Plus "gros", plus produit mais sur la longueur il me fait moins, disons (curieusement j'ai tendance à préférer les morceaux de la fin du disque, en fait, alors qu'avec Witching Hour ça me prend direct).

Seijitsu › jeudi 24 juillet 2014 - 18:59 Envoyez un message privé àSeijitsu

C'est très bon ça... J'ai toujours cru que Ladytron n'était qu'un groupe synthpop revival de plus alors que cet album n'a pas grand chose à voir avec cette fausse idée que je me faisais. C'est très dream pop et même franchement shoegaze. Certaines chansons comme High Rise ressemblent beaucoup à du Curve.

Note donnée au disque :       
Dioneo › mercredi 19 février 2014 - 21:42 Envoyez un message privé àDioneo
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Sauf que j'ai toujours eu du mal avec Garbage et que ça n'a jamais vraiment changé... Mais je pense que je vois où tu peux trouver comparaisons, un peu. (C'est vachement plus fin, en fait, je trouve - sans en avoir l'air d'abord, c'est ça qui est fort aussi - que la bande à Shirley Manson, pour ce dont je m'en souviens).

eric burden › mercredi 19 février 2014 - 14:11 Envoyez un message privé àeric burden

Il y a quelque chose d'etrange dans cet album, meme si a petite dose. perso je prefere les morceaux qui restent moins dans le crane, souvent un peu plus loin dans l'album. Largement superieur a la moyenne et a part de l'etiquette electroclash qui leur a colle au leggin pendant un moment. Ca fait un peu penser a Garbage qui se serait mis a the knife

Dioneo › mercredi 19 février 2014 - 12:11 Envoyez un message privé àDioneo
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Bah en même temps c'est une de celles que j'avais pas spécialement prévu - simplement le disque collait tellement à mon ambiance du soir que je pouvais pas trop laisser passer ça. (La même qu'avec Lydia et 1313 la fois d'avant, en fait... Prolongation dans la pause sur la série reggae et assimilés que je suis loin d'avoir fini).

Et d'acc' avec toi sur le début du disque (sauf que je dirais les quatre premiers, perso, vu que Soft Power me colle assez souvent au crâne sans que je l'ai forcément réécouté juste avant). Pareil pour le côté "qu'on ressort bien plus souvent qu'on aurait cru". Au départ on se dit "ouais, c'est pas mal mais bon...". Et puis on y revient vite fait et ça devient vite un familier. La faute aux détails cachés sous l'accroche immédiate, sûrement, aussi.