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Chloé Mons, Alain Bashung & Rodolphe Burger › La ballade de Calamity Jane

cd | 16 titres | 43:47 min

  • 1 Introduction [00:37]
  • 2 Sadle in the Wind [reprise de Jay Livinsgton & Ray Evans] [01:56]
  • 3 Lecture [02:21]
  • 4 I'll See Your Eyes Again [01:14]
  • 5 Lecture [07:39]
  • 6 Bill and Jane [01:49]
  • 7 Lecture [06:21]
  • 8 See You Later [01:22]
  • 9 Lecture [02:39]
  • 10 Sad and Free [01:55]
  • 11 Lecture [03:41]
  • 12 By the River [02:31]
  • 13 Lecture [02:26]
  • 14 Old and Queer [02:13]
  • 15 Lecture [01:02]
  • 16 To Bill [04:01]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré par Marco de Oliveira & Nicolas Sturmel à Klein Leberau, pour les Ateliers de Création Radiophonique de France Culture.

line up

Alain Bashung (lecture, harmonica, chant), Rodolphe Burger (guitare, chant), Marco De Oliveira (percussion), Chloé Mons (chant, lecture)

chronique

Styles
spoken word / lecture / poésie
blues
country
Styles personnels
country-western crépusculaire

Il était une fois l'histoire de Martha Jane Canary, femme solitaire et indépendante dans le Dakota de la fin du 19 eme siècle, contrainte d'abandonner sa fille au bon capitaine Jim O'Neil pour lui assurer une vie meilleure. Pendant trente ans, celle qu'on nomme Calamity Jane écrit des lettres à sa fille dans un journal, façon de garder un lien avec son enfant qu'elle ne verra plus que par grande intermittence, sans pouvoir lui révéler qu'elle est sa vraie mère. Journal intime aussi, d'une femme hors-norme qui porte des pantalons, chevauche seule dans les Black Hills pullulant de sioux et sauve la vie de Wild Bill Hickock, son amour pour la vie et père de la petite Janey, comme elle l'appelle tendrement sans ses lettres immobiles. J'adore qu'on me raconte des histoires. Comme les enfants. Alors l'histoire de Calamity Jane découverte par Jim O'Neil après sa mort, lue par Alain Bashung, c'est se plonger dans le grand Ouest au son d'un harmonica résonnant dans les espaces immenses, sous les étoiles, près d'un feu de camps, dans les chambres de passage entre deux dilligences. Les mots de Jane sont simples, directs, Bashung/O'Neil semble les découvrir au fil de la lecture, une étrange émotion qui nait de ses récits emprunts d'une grande mélancolie et d'un sentiment de solitude. La grande gueule Calamity Jane était abimée par la vie, par la mort de son compagnon et l'abandon forcé de sa fille. Quelque accords de guitares accompagnent parfois cette voix un peu hésitante qui souffle sur la poussière du passé, faisant resurgir des figures et des lieux aux noms évocateurs : Deadwood, Coulson, Abilene. Les années passent, les photos de la petite Janey se succèdent, par courrier. Des épisodes touchants comme le récit de la visite dans la famille O'Neil, où Jane revoit enfin sa fille et lui parle, indirectement, de son vrai père. Et le désespoir de ne pouvoir rester avec le bon Papa Jim aux cotés de son enfant. L'évocation émue au larmes de la mort de son vieux cheval fidèle, Satan, que la voix de Bashung transmet par ricochet. Entre ces lectures, de courtes chansons minimalistes comme autant de complaintes où on entend Jane elle-même, interprétée par Chloé Mons sur des musiques de Rodolphe Burger, du son bluesy et râpeux qui s'achoppe sur ces instantanés de vie. Depuis ces premiers essais sur scène pas vraiment concluants, Mons a progressé et son chant à mi-chemin entre le maniéré et l'accidenté rend plutôt bien le caractère désespéré et cabossé de Calamity Jane, "I'm desperately free" se lamente-t-elle. Parfois en duo avec Bashung lui-même sur le mode dialogue entre le cowboy et sa cowgirl, "Bill and Jane", parfois avec Burger sur le très beau "By the River" dans un jeu de quasi-voyeurisme dont Jane se satisfait "At least, I'm alive in his eyes". L'indépendance était alors aussi singulière que lourde à porter, même pour une femme capable d'acrobaties sur des chevaux à cru. Ses dernières années seront une longue et douloureuse descente dans la misère et l'alcoolisme. Son dernier plaisir était de regarder les vielles photos de sa petite Jane, mais sa santé déclinante allait bientôt la priver bientôt de l'usage de la vision, la condamnant à un néant insupportable. Chloé Mons fait chevroter sa voix sur "Old and Queer", alors qu'elle a pour dernier amant ce bon vieux Johnny Walker, le seul à pouvoir lui apporter encore quelques visions éthyliques et lointaines de sa fille. Calamity Jane emportera avec elle ses mystères, et seul le mythe survivra, chanté de concert par Alain et Chloé sur "To Bill". Et tant pis si ces lettres sont apocryphes, l'histoire n'en est pas moins belle quand elle est si bien racontée.

note       Publiée le dimanche 16 février 2014

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