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Razor › Shotgun Justice

cd • 14 titres • 39:27 min

  • 1Miami
  • 2United By Hatred
  • 3Violence Condoned
  • 4Electric Torture
  • 5Meaning Of Pain
  • 6Stabbed In The Back
  • 7Shotgun Justice
  • 8Parricide
  • 9American Luck
  • 10Brass Knuckles
  • 11Burning Bridges
  • 12Concussion
  • 13Cranial Stomp
  • 14The Pugilist

enregistrement

1989-1990

line up

Bob Reid (chant), Dave Carlo (guitares), Adam Carlo (basse), Rob Mills (batterie)

remarques

La seconde pochette est celle de la réédition LP de 2009.

chronique

Styles
thrash metal
Styles personnels
street trash !

Sortez vos shorts en jean déchiqueté, décapsulez vos Koenigsbier, séquestrez vos femelles : le thrash-metal old school déboule. Canadien en plus ! Sirop d'érable ? Nan : huile de vidange ! Ce sixième - ou septième ? on s'en branle - album de Razor, sorti en 1990 donc à l'ère où le vrai thrash virait au heavy et aux ballades pour gonzesses, rappelle ce qu'est le thrash pur et dur. C'était totalement ringard en 90 à l'heure où le death s'apprêtait à régner, le son était d'une platitude absolue, les riffs tous entendus en mieux ailleurs, mais ça avait au moins le mérite de rester fidèle à certaines valeurs. Razor se sont pas ramollis avec le temps, à l'inverse de bien d'autres groupes de la même génération : ils ont débuté heavy/speed de biker puis ont petit à petit viré les élément brillants / cuir, pour atteindre sur cet album leur feeling le plus sous-solesque et cru. Shotgun Justice, sous sa pochette aussi aguicheuse qu'une boîte de pâté, contient des décharges de riffs bien pugnaces, leur tout nouveau chanteur à la voix bien crade (moins olé olé que l'ancien, Sheepdog, mais définitivement plus "badass") est aussi menaçant qu'un SDF bourré défendant son carton et sa bouteille contre des punks à chiens avec l'énergie du desespoir, les solos à l'arrache ont autant de variantes que les couleurs des rayures sur des chaussettes de tennis... et je kiffe, parce que c'est ça le bon vieux thrash qui défouraille ! C'est la violence de la crasse ! Razor ne sont pas que de purs suiveurs des vieux Slayer ou Kreator, ils officient depuis 1984, on la leur fait pas. Même si pas mal de leurs albums sont interchangeables, ils savent vraiment balancer la sauce soy les ptits malandrins. Tout ici est de la récupération (un peu comme chez les ferrailleurs manouches) mais total respect à ce groupe, que ce soit pour le mid-tempo burné sur "Brass Knuckles" et "The Pugilist" ou les accélérations à l'ancienne sur "Stabbed in the Back". Razor c'est la raie du maçon que tu ne veux pas voir, c'est une vieille VHS de Terminator oubliée dans un bac d'emmaüs, c'est la violence façon William Lustig que tu veux éviter en te réfugiant dans le confort hollywood de Metallica, le thrash socialement en-dessous de Annihilator, Overkill et Sodom, c'est à dire au plus bas de la rue, dans le caniveau des perdants méchants, comme un vigilante à la carabine de forain et au coupe-boulon qui se finira par une tournante dans les poubelles avec une cousine sans dents. Anecdote pour vous prouver l'efficacité de ce skeud : je l'ai ressorti il y a quatre mois, quand j'étais encore locataire d'un immeuble abandonné des services d'entretien depuis les années 80, rempli de roms dépouillés qui squattaient à côté de chez moi en survivant avec comme carburants vitaux le bruit de leur marmaille, les sarmales de fortune et les meubles récupérés en déchetterie puis retapés. Dans ce climat social pour le moins hostile et contre ces incantations nocturnes interminables en roumain, mes seuls vrais alliés n'étaient pas les services sociaux débordés ou la flicaille, mais l'alcool et le thrash metal. Les murs étant en papier et les hurlements de démence de leur tripotée de gosses causant des pulsions de meurtre dans mon cerveau pourtant bien éduqué, impuissant car smicard et maigre, à chaud je contre-attaquais simplement avec un bon Shotgun Justice, le volume de mon petit ampli poussé au max sur "Miami", et je me marrais grassement, bière à la main et en slip. Ouais...je lui dois bien au moins quatre grosses boules reconnaissantes, à ce Shotgun Justice. Dans la vie le bon vieux thrash est toujours ton allié, comme un fusil à portée de main sous le comptoir, ne l'oublie surtout pas si tu veux survivre.

note       Publiée le jeudi 6 février 2014

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Alfred le Pingouin › samedi 22 février 2014 - 11:43  message privé !

C'est pas le Méta-Baron de L'Incal sur la pochette?

Raven › samedi 22 février 2014 - 11:30  message privé !
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(n.d.a. : rééquilibrage de note - Evil Invaders est meilleur et Open Hostility aussi bon)

Potters field › vendredi 7 février 2014 - 14:32  message privé !

Ok mon corbeau. mais j'avoue que ma remarque c'était surtout pour te prouver que je lis bien tes chros ! car tu le sais bien, et je paraphrase ici une émission enfantine des années 80, pas de pitié pour les croassants...

Horn Abboth › vendredi 7 février 2014 - 13:30  message privé !

Cette chro pue le vécu et m'a fait beaucoup rire. Respect à toi et tes Roumains de voisins

Raven › vendredi 7 février 2014 - 13:14  message privé !
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"car en ce qui me concerne, c'est tout à fait aguichant une boite de pâté." Pour moi aussi Potters, rien de cynique juste l'amour du simple et du bon : j'adore cette pochette et j'adore le pâté, c'est pas plus compliqué que ça !