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DMX › ...And Then There Was X

cd • 18 titres • 72:14 min

  • 1The Kennel (Skit)
  • 2One More Road To Cross
  • 3The Professional
  • 4Fame
  • 5Alot To Learn (Skit)
  • 6Here We Go Again
  • 7Party Up
  • 8Make A Move
  • 9What These Bitches Want
  • 10What's My Name ?
  • 11More 2 A Song
  • 12Don't You Ever
  • 13The Shakedown (Skit)
  • 14D-X-L (Hard White)
  • 15Comin' For Ya
  • 16Prayer III
  • 17Angel
  • 18Good Girls - Bad Guys

line up

DMX (MC)

Musiciens additionnels : Swizz Beatz, Dame Grease, P. Killer Trackz, Irv Gotti, Nokio, DJ Shok, SR. Shakur (productions), The L.O.X. & Drag-On (MC's), Sisqó, Regina Belle, Dyme (chant)

remarques

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
marceloïdo-glockistique

Droit dans ses beats, le Ruff Ryder continue son chemin entre les pneus cramés du ghetto moderne sans se soucier des contenders... Là où on découvre les limites du container DMX en se cognant contre ses parois : ... And Then There Was X, album que j'ai franchement aimé à la découverte et les mois suivants, se révèle, après relecture sérieuse des écritures diemexiennes, comme le moins convaincant de ces trois premiers albums, qui forment une sorte de tryptique religieux ; et, croyez-le ou non, cette baisse de qualité n'est pas principalement imputable à la présence de Sisqó. Pour rappel, le pseudo "DMX" - dont certains farceurs se moquent en le comparant au sigle BMX - provient (comme le savent déjà ceux qui connaissent l'antérieur Davy DMX) d'une boite à rythme à la rigueur légendaire commercialisée par Oberheim dans les années 80 et ayant servi aussi bien au premiers Public Enemy qu'à endosser le rôle de 'Doktor Avalanche' pour le First & Last & Always des Sisters and Mercy. "Un MC qui a choisi un nom de machine pour faire carrière ne peut qu'en être une !!!", me rétorqueront les détracteurs du MC cynophile... "Rétorquer"... mmmh, j'aime ce mot. Il ressemble à "Torquemada", ou à "remorque"... raccord pour l'un avec le caractère fanatique de la rime pauvre et méchante d'un rappeur bas du front autant que mélodramatique ; raccord pour l'autre avec l'aspect cubicomoche et foncièrement fonctionnel de son son. "Rétorquer" contient en outre "Torque", qui est le titre d'un chef d'oeuvre du septième art dédié aux motos de cylindrée mammouthesque dont DMX aurait pu être le second rôle aux côté du gros Ice Cube, j'en conviens... Des histoires de gros cubes, c'est aussi l'affaire de DMX sur And Then There Was X, album qui bombe encore plus le torse, au risque de se faire sauter les mamelons et de laisser entrevoir le vide du pire... Après un Flesh of my Flesh varié et doté d'une mystique singulière, DMX se fige. Les prods, plus briquées au belgom alu et ostentatoires que jamais, ne sont pas forcément en cause. On parlera simplement de redite d'une formule portée à son climax sur le précédent. Ceci dit, l'enchaînement des trois premiers titres a un sacré retour : "One More Road To Cross" et son gimmick aussi pompeux et pathétique que le refrain est touchant ; "The Professional", trip lyrical tout en jeu d'ombres entre humour noir et pure menace, qui est peut-être son titre le plus classieux, instru ample et impétueuse sur des paroles brillantes, DMX endossant les multiples identités hypothétiques du hitman au fil du récit et évoluant sur cette boucle de synthétiseur avec l'aisance d'un squale dans une eau coupée à l'hémoglobine fraîche ; "Fame", encore plus urbaine et pompière, qui envoie du crochet en fausse patte... La suite de l'album va voir le cardio qualitatif dessiner des tipis, même si les refrains sont toujours centrés comme des tirs de Cruijff... métaphore footbalistique pitoyable j'en conviens (en plus je déteste le foot) mais plutôt appropriée : les sifflets d'arbitrage (ou de supporter) viennent en effet parasiter les beats dans la suite immédiate sur l'insupportable "Party Up" (le travers clubber pouilleux de DMX)... il faut dire que le reste de l'album est très inégal, au point d'en réaliser que quasiment la moitié des morceaux est à jeter ! Trois autres tueries cepdendant : "Make A Move" (pompière à mort, cliché du gangsta motivé par le flouze, mais imparable), "What's My Name" (dans le genre lobotomie urbaine maniaque) et la nauséeuse "Don't You Ever" (qui sonne bien 'bande-originale de vigilante'). A côté, y a essentiellement du gadget et du déchet : "D-X-L" fait très Rocky Balboa. "Comin' For Ya" est pénible. "Angel" tente un petit moment neo soul mais est insipide... "Good Girls, Bad Guys" (bonus) du g-funk de contrefaçon assez sympathique mais déplacé... et je préfère ne pas parler de "What These Bitches Want" plus en raport avec les étrons r'n'b du millenium. En réalité DMX a achevé de se construire sa propre cage, dont les barreaux sont les échos de ses propres onomatopées en reverb ("WHAT?" et les "HEY" ou "POP POP")... et de ce piège froid il ne ressortira jamais, incapable de transcender sa nature d'antéchrist sportswear, de rappeur-crooner emo ...And Then There Was X a décidément les signes de la pré-retraite, est peut être trop stéroïdé, certainement trop long de vingt minutes, mais il garde encore de cette odeur d'asphalte glaçé et de ce flow de tough guy portant juste le combo marcel-froc et un glock à l'heure du petit dèj'. Un charme typique... Le troisième DMX à posséder, le premier à écouter dans un camion.

note       Publiée le mercredi 5 février 2014

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nowyouknow › vendredi 6 juin 2014 - 13:03  message privé !

Si j’apprécie toujours les deux premiers albums celui ci me déçoit à la réécoute, quelques gros sons à piocher dans le lot quand même, comme sur les suivants. ... En fait c'est surtout vers la fin que l'album s'écroule, dommage.

Potters field › jeudi 6 février 2014 - 17:20  message privé !

bon, parce que c'est toi et que j'ai une foi inébranlable en ton jugement, je vais reécouter flesh. j'ai pas du le remettre depuis l'année dernière donc qui sait si je me rangerai pas à ton avis au final ?

Raven › jeudi 6 février 2014 - 17:02  message privé !
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Me voilà rassuré ! Cette chro passe aussi un peu un message qui est "réécoutes Flesh of my Flesh"... amha il est meilleur, ici y a du remplissage avec du caca, pas sur fomfbomb, même si je comprends que ton vécu avec celui-ci vous aie soudé, aveuglé ne pas être tu dois.

Potters field › jeudi 6 février 2014 - 09:52  message privé !

ah la piètre image que tu as de moi... sache que je me régale de toutes tes chros estampillées hiphop ! mais en bon parent, je regarde d'abord les notes et ensuite les appréciations, c'est vrai.

Raven › mercredi 5 février 2014 - 20:51  message privé !
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Toi vieux brigand, t'as vu directement les trois boules jaunes mais tu n'as pas lu la chro ! ;)