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Albert King › Live Wire/Blues Power

  • 1968 • Stax STS 2003 • 1 LP 33 tours
  • 1968 • Stax SXATS 2002 • 1 LP 33 tours
  • 1968 • Stax BLY 69014 • 1 LP 33 tours
  • 1971 • Stax 263-003 • 1 LP 33 tours
  • 1979 • Stax STX-4128 • 1 LP 33 tours
  • 1989 • Stax 025218412827 • 1 CD
  • 1996 • Stax SCD24 4128-2 • 1 CD
  • 2002 • Stax STX-4128 • 1 LP 33 tours

cd • 6 titres • 38:04 min

  • 1Watermelon Man4:04
  • 2Blues Power10:18
  • 3Night Stomp5:49
  • 4Blues At Sunrise8:44
  • 5Please Love Me4:01
  • 6Look Out5:20

extraits audio

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enregistrement

Enregistré live au Filmore Auditorium, San Francisco. Produit par Al Jackson.

line up

Albert King (guitare, voix), les autres musiciens ne sont pas crédités.

remarques

chronique

Moment ambigu… Albert King au Fillmore East. Devant les hippies. "Tout le monde comprend le blues… Vous m’entendez ? (OUAAAIIIS !)… Tout le monde COMPREND le blues"… Sauf que peut-être, c’est aller un peu vite. Blues Power, dit-il. Comme Black Power ? Voir, encore. Le blues tel qu’en l’ancien temps, avec ses sanglots, sa colère impuissante, son surnaturel comme voie voulue hors l’adversité, ne plaisait guère aux révolutionnaires d’alors. Quelques uns s’étaient emparé de sa matière sombre, épaisse, pour la retourner en protestation véritable, avait sorti son ironie de la cache, infléchissant double-sens et allusions vers un cinglant qui confrontait plutôt que de passer le mot en douce – J.B. Lenoir parmi ceux-là, qui singulièrement en avait asséché la matière, la texture musicale, plutôt : en avait extirpé, à la fin, les débordements amplifiés. D’autres – et King était de ceux-là – en avait subvertit autrement la charge. Attrapé la puissance électrique du jour – celle du blues dit de Chicago, essentiellement, bien que lui n’ait guère quitté Memphis – et basculé la puissante émotion ; de la souffrance qui abat au feu qui tient en veille constante, en lutte où chaque instant debout est un triomphe. Lui s’était mêlé à la soul, au funk – musiques d’une fierté noire nouvelle, appropriées, créées justement pour reprendre ce qui dans les vieux genres se figeait en tics, en flux arrêtés, exposés, acceptés. Dans le même temps, pourtant, des jeunes – jeunes blancs bourgeois le plus souvent, d’extraction ; et il ne s’agit pas là d’une question de race : chaque terme de cette définition, "jeunes blancs bourgeois", vu sous l’angle des activistes d’alors, était pleinement question de classe, de politique, d’économie, d’époque à quoi il fallait mettre fin – s’emparaient de la chose. Du blues. Je ne parle pas, cette fois, des Anglais du blues boom. Mais de jeunes Américains – les sources à portée de main, les écrits Beat en poche et les acides en carburant. Une génération qui devait faire pont ; car dans les premiers temps les Black Panthers même – il faut lire Soul On Ice d’Eldridge Cleaver, par exemple, pour mesurer l’écart d’avec les théories de la Nation de l’Islam et de ses visées séparatistes – prônaient le rapprochement avec ceux-là. Contre l’ennemi commun. Et il faut bien admettre que si pour tous ces chevelus, l’ennemi était un peut trop simplement – souvent un peu vaguement – "le vieux monde", quelque chose incubait. Que certains des passeurs, dans un sens ou dans l’autre – Hendrix et sa version hallucinée du truc, Janis et la bande de déboîtés qui s’appelait Big Brother And The Holding Company – ne manquaient pas de substance, quel qu'ait été le gouffre entre les origines. Que tous n’étaient pas faussaires. Que les greffes à vif ne finissaient pas toutes en dilutions, dissolutions. Ce sont ceux-là, sans doute, entre autres agents et circonstances, qui ont permis que King – et pas seulement lui – finisse par se produire devant les foules bigarrées. Dans les festivals où se brassaient tout et tous. Comme ici, donc, au Fillmore côté Atlantique. "Tout le monde, un jour, a déjà eu le blues (OUAAAIIIISSS !!!)". Peut-être pas. Peut-être pas comme ça. C’est peut-être une façon commode d’amorcer le jeu, d’établir le contact. De lancer le show – que l’un ou les autres soient dupes, de lui et des milliers… Et en effet, Albert King l'assure, le spectacle. Mieux : le prend à bras le corps pour l’empêcher de tourner fraude. Ces jeunes là veulent de l’électrique ? Soit. Mais alors on les privera de toute joliesse, de toute concession. Pas de parures soul, ici – les cuivres ne sont pas cette fois pas de la partie. Est-ce une question de budget, de lieu, d’optique temporaire ? On n’en saura rien… Toujours est-il que ça resserre l’espace de jeu, que ça envoie de fait plus compact, serré. King joue électrique, oui – et à certains larsens frisés, on entend bien que ça devait balancer à des volumes sans charité. Et le guitariste, lui, durcit la charge. Rien de psychédélique pour le coup. Cette électricité là n’est pas faite pour qu’on plane. C’est un assaut physique – jovial mais sans mollesse ni relâche. Direct au bide et dans les dents. Un retour, cette fois, au style de Chicago plus haut cité : jeu agile mais rude, puissant, confrontation. Ça file, même quand ils s’étendent. Pas de ballade, cette fois – ou alors à peine, et quelque peu à l'écorchée, à la cagneuse. C’est un moment ambigu parce qu’on n’a pas l’image, quarante-six ans plus tard, on n’est pas dans les têtes de ceux qui en étaient. On ne peut s’empêcher de dire – "Vous m’entendez ? (OUAIIIIIIIS !!)" – que c’était peut-être un peu vain de prêcher devant ces cohortes. Ou de se demander, au moins, ce qu’il en est resté, chacun rentré à ses quartiers. On n'en sait rien. On n’en est jamais sûr, de toute manière. Ce qu’ils en ont laissé c’est un objet bref, dense – trente huit minutes à peine – un peu sourd, peut-être, un peu mat, pas le disque de King où ça flambe le plus haut. Ça reste un de ses plus rêches, dans sa nudité – si bien qu'on en oublie les questions subsidiaires. Et ça demeure peu commun parmi la foultitude de ce qu’alors et en ce lieu on a posé sur bandes.

note       Publiée le jeudi 23 janvier 2014

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notes

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mangetout › mercredi 16 août 2017 - 11:47  message privé !

Je raccroche mon wagon aux précédents commentaires mais si Clapton peut avoir des moments horripilants, il a quand même fait de belles choses, sans parler de Cream/Blind Faith, son album sous faux groupe Derek & The Dominos et celui du retour après sa cure de desintox "461 ocean boulevard" contiennent de belles compositions ou reprises comme ce I can't hold out perso je trouve en plus qu'il chante plutôt bien.

Pour revenir à la chronique de Albert, à l'époque, à la fin des années 60 et parmi les hippies, il y avait CANNED HEAT, un peu oublié maintenant (hormis "On the road again" bien sur), qui pratiquait un blues assez proche des origines tout en instillant de petites touches psyché discrètes par moment. Petit exemple de 1968 : Evil woman

'vais m'écouter ce Albert King par contre, la chronique m'y invitant assez bien...

CeluiDuDehors › lundi 27 janvier 2014 - 22:46  message privé !

@Gloth: au temps pour moi, j avais pas capte! Mes zexcuses cher ami! Clapton c est du blues de "blanc" je vois pas comment le decrire autrement, c est techniquement enorme et bien plus clean et precis que la plupart des guitaristes dans le genre a l epoque mais ca manque mechament de "soul". C est un style a lui tout seul, qui peut rebuter les amateurs de blues roots.

Note donnée au disque :       
Dioneo › lundi 27 janvier 2014 - 20:40  message privé !
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@Nicola : Ah mais je ne dis pas, hein ! Live Wire, The Jack, tout ça (même Little Lover)... Simplement un autre genre de, quoi. (Et de toute façon tous les débuts de la bande - avec Bon Scott ouep... j'ai vraiment plus de mal avec la loooongue période Brian Johnson - sont marqués par ça. Même un truc comme Night Prowler, sur Highway to Hell... Tellement plus rampant et puissant que le morceau-titre/tube international sur le même... C'en est incompréhensible, ou quoi ?)

zugal21 › lundi 27 janvier 2014 - 20:35  message privé !

Moi aussi je vais me le réécouter, le AC/DC^^. Par contre rien à dire sur celui-ci ...

nicola › lundi 27 janvier 2014 - 20:34  message privé !

Écoute High voltage en version australienne, c’est du blues.